🔍 Décryptage : Le Royaume-Uni va-t-il disparaître ?
Les faits
🇬🇧 Le Royaume-Uni regroupe 4 nations : l'Angleterre, l'Écosse, le Pays de Galles et l'Irlande du Nord. Depuis 1999, les 3 dernières disposent de parlements et de gouvernements autonomes, notamment compétents sur la santé, l'éducation ou le logement. Mais des domaines comme la défense, la diplomatie et les questions constitutionnelles restent gérés au niveau britannique.
🗳 En Écosse et au Pays de Galles, les parlements locaux ne peuvent pas décider seuls d'organiser un référendum d'indépendance. En Irlande du Nord, la situation est différente : les accords de paix de 1998 prévoient qu'un référendum sur la réunification avec la République d'Irlande peut être organisé si le gouvernement britannique estime qu'une majorité de la population y est favorable. C'est notamment ce droit à décider de leur avenir que les 3 nations veulent faire évoluer. Leurs dirigeants se sont réunis ce lundi à Cardiff, au Pays de Galles, et ont signé un texte commun affirmant leur droit à l'autodétermination et qu'aucun gouvernement britannique ne devrait pouvoir "faire obstacle à la démocratie". Tous les 3 sont issus de partis indépendantistes ou favorables à une réunification irlandaise.
Que demandent-ils précisément ?
🏴 L'Écosse réclame un nouveau référendum sur l'indépendance, que le Premier ministre écossais John Swinney espère organiser dans les 2 prochaines années. En 2014, un premier vote avait donné 55 % au "non".
🏴 Au Pays de Galles, le Premier ministre Rhun ap Iorwerth défend surtout une autonomie beaucoup plus importante.
☘️ Et en Irlande du Nord, la Première ministre Michelle O'Neill réclame un référendum sur la réunification avec la République d'Irlande, qu'elle estime envisageable d'ici 2030.
Les 3 nations ont cependant un point commun : leurs dirigeants estiment que leur avenir est dans l'Union européenne. Dans leur texte commun, ils affirment notamment que le Brexit a "endommagé" leurs économies et réduit certaines opportunités.
🇪🇺 Mais leurs chemins seraient différents : l'Écosse et le Pays de Galles devraient demander à rejoindre l'UE comme nouveaux États indépendants. En cas de réunification, l'Irlande du Nord intégrerait la République d'Irlande, déjà membre de l'UE. De son côté, le gouvernement britannique affirme croire "fermement en l'Union" du Royaume-Uni.
"Les jeunes ne veulent plus bosser", entend-on depuis des années sur tous les plateaux. Sauf que la génération accusée de paresse est aussi celle qu'on décrit, dans les mêmes semaines, en pleine épidémie de burn-out et d'anxiété. Deux accusations qui s'annulent mutuellement, note Antoine Foucher dans son dernier livre Pour que nos enfants vivent mieux que nous , relayé par Lennie Stern dans Oblique : on ne peut pas être à la fois trop mou et trop épuisé. Le vrai tour de passe-passe, selon lui, tient dans un mot qui rassure tout le monde, "le malaise". En quinze ans, le vocabulaire a glissé en trois temps : protection (danger extérieur), vulnérabilité (fragilité déplacée vers l'individu), puis santé mentale (médicalisation complète). À chaque étape, le problème s'est un peu plus éloigné de la société pour se loger chez les jeunes eux-mêmes. Résultat, plutôt que d'interroger ce qu'on leur a réellement proposé comme avenir, on leur ouvre des cellules d'écoute. Pratique pour tout le monde, sauf pour ceux qui cherchent encore un projet à se donner.
Longtemps présenté comme le média de prédilection, la télé cède petit à petit sa place de numéro un au digital , qui récupère au passage les budgets publicitaires. Selon le BUMP, la publicité télé a reculé de 6,2 % en France au premier semestre 2026. En clair, les chaînes ont diffusé 15% de pub en moins et mécaniquement, ça fait moins de recettes. Outre-Manche, Channel 4 vient de supprimer 340 postes sur 1 280, près de 28 % de ses effectifs, alors même que le numérique pèse déjà 40 % de ses revenus, sans que ça suffise à compenser la chute de la pub télé classique. Le marché publicitaire global progresse pourtant de 5,6 % sur un an , porté par la croissance du digital qui capte désormais 34,7 % de tous les investissements pub, lesquels vont quasi exclusivement chez Meta, Google et Amazon. Détail qui en dit long sur la concentration du digital : 3 % des annonceurs réalisent à eux seuls 80 % de ces investissements. La télé s'éteint à petit feu, et pour l'instant, personne n'a trouvé de quoi la rallumer.
Bonne nouvelle pour les salariés : les augmentations devraient être un peu plus généreuses l'année prochaine. Après une progression moyenne d'environ 1,9% en 2026, les salaires devraient augmenter de 2,3% en 2027, selon l'enquête annuelle du groupe de conseil en ressources humaines Alixio. Cela reste évidemment une moyenne. Et selon votre secteur, la fiche de paie ne devrait pas évoluer exactement de la même manière. Sans grande surprise, c'est la technologie qui devrait offrir les hausses les plus importantes, avec environ +3%. L'énergie arrive juste derrière avec +2,8%, suivie de la métallurgie avec +2,6%. Des secteurs qui ont un point commun : ils recherchent des compétences particulièrement demandées, entre intelligence artificielle, cybersécurité, électrification, nucléaire ou encore réindustrialisation. À l'autre bout du classement, les hausses seraient plus modestes dans le commerce et la distribution, autour de +1,8%. Les télécoms et les services financiers tourneraient autour de +2%. Cela ne signifie pas forcément que ces secteurs vont mal. Mais les entreprises y disposent parfois de davantage de candidats ou de moins de difficultés à recruter, ce qui limite la pression sur les rémunérations. Globalement, le marché du travail resterait d'ailleurs relativement solide. Environ 6 entreprises sur 10 prévoient de maintenir leurs recrutements au même niveau que cette année, malgré un léger recul des difficultés d'embauche. Et l'intelligence artificielle commence elle aussi à entrer dans les plans. Près de 63% des entreprises considèrent désormais l'IA comme un levier de productivité. Autrement dit, elles espèrent produire davantage avec les mêmes équipes… ce qui est généralement une phrase que les directions financières aiment beaucoup plus que les syndicats. Car justement, le climat social pourrait devenir l'un des gros sujets de 2027. Près de la moitié des entreprises interrogées anticipent des relations plus tendues avec les organisations syndicales, une proportion en hausse par rapport à fin 2025. La remontée du prix des carburants et la pression persistante sur le pouvoir d'achat pourraient encore alimenter les revendications salariales. Et plusieurs mouvements sociaux donnent déjà le ton. Les sapeurs-pompiers professionnels, ainsi que des salariés d'EDF, Enedis et RTE, sont déjà mobilisés. D'autres grèves sont prévues notamment à Radio France, EasyJet, SFR, dans la fonction publique ou encore à la SNCF d'ici la fin du mois. Les salaires devraient donc accélérer légèrement en 2027. Mais entre inflation, tensions sociales et pénuries de compétences, les négociations risquent d'être sportives.
Pas d'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, mais des "mini-comptes" créés par les parents et dotés de fonctionnalités limitées. Mercredi, Ursula von der Leyen a levé le voile sur les premiers détails du Kids Act européen, qui sera officiellement présenté ce jeudi. L'interdiction ne concernera, elle, que les moins de 13 ans. Pour les 15 à 18 ans, les plateformes devront supprimer les interfaces nocives. "Une réponse graduée et différenciée, justifie la présidente de la Commission européenne. Chaque âge présente ses propres vulnérabilités et bénéficiera donc d'un niveau de protection adapté". L'initiative de Bruxelles s'inscrit dans un mouvement mondial de prise de conscience des effets néfastes des réseaux sociaux sur le bien-être et la santé mentale, en particulier chez les enfants et les adolescents. L'an passé, l'Australie est ainsi devenue le premier pays à en réserver l'accès aux plus de 16 ans. En France, une loi similaire a été adoptée à une large majorité par le Parlement en début d'année, avant d'être censurée cet été par le Conseil constitutionnel, quelques semaines seulement avant son entrée en vigueur. Aux États-Unis, Meta vient pour sa part de conclure un accord à l'amiable prévoyant notamment des changements radicaux sur Instagram et Facebook.
Jamais officiellement lancé, Qwikster n'en constitue pas moins l'un des plus gros fiascos commerciaux de l'histoire de la Silicon Valley. Un fiasco qui a fait vaciller Netflix… mais qui témoigne aussi de l'intuition de Reed Hastings, son fondateur et alors patron, qui avait anticipé avant tout le monde l'immense potentiel du streaming vidéo, quitte à sacrifier son cœur de métier historique, la location de DVD par courrier. Quinze ans plus tard, l'histoire lui donne raison. Netflix compte désormais plus de 300 millions d'abonnés dans le monde, bien davantage que les plateformes concurrentes lancées plusieurs années plus tard.
Pas d'introduction en Bourse mais une levée de fonds record ? Selon la presse américaine, OpenAI envisage de mener un nouveau tour de table, probablement le dernier avant de rejoindre Wall Street. Surfant sur une excellente dynamique, à la fois technologique, avec la sortie remarquée de GPT-6, et commerciale, portée par la forte adoption de son outil de code Codex, le créateur de ChatGPT vise une valorisation de 1.200 milliards de dollars, contre 730 milliards en mars. Ce montant dépasserait également la valorisation de 900 milliards d'Anthropic, son grand rival, qui devrait rejoindre les marchés boursiers avant lui.
Le 8 septembre, OpenAI a annoncé avoir résolu l'un des plus célèbres problèmes de mathématiques, un casse-tête sur l'écoulement des fluides, les "équations de Navier-Stokes". Il a été classé comme l'un des sept problèmes du millénaire, avec un prix d'un million de dollars pour celui qui le percera. Il a fallu 10.000 agents IA, 88 heures et, selon OpenAI, plusieurs millions de dollars de calcul pour obtenir une preuve vérifiée par ordinateur. Même s'il faut attendre la vérification de mathématiciens, ce n'est probablement pas du vent. Le problème date de la veille au soir. Le mathématicien Tristan Buckmaster publiait alors, avec son coauteur Levent Alpöge, un an de travail sur une équation cousine, se trouvant une petite étape avant la résolution de Navier-Stokes. Dans un texte glacial, il raconte qu'OpenAI l'a contacté et lui a proposé de publier un article sur son équation, puis un second article présentant le travail d'OpenAI sur Navier-Stokes. À une condition: son confrère d'Anthropic ne doit pas être mentionné.. Buckmaster menace alors de parler, et Sébastien Bubeck, d'OpenAI, lui répond : " Pourquoi ruineriez-vous votre carrière ? " Bubeck s'est depuis excusé de la formule, et conteste avoir voulu écarter Alpöge. Mais Buckmaster a une autre question. Comme le mathématicien a utilisé ChatGPT pour son travail, OpenAI a-t-il lu ses prompts? Le modèle a-t-il été entraîné dessus? OpenAI s'en défend, mais Buckmaster, de son côté, affirme ne pas avoir obtenu de réponse. Le 8, OpenAI écrivait ne pas pouvoir l'exclure, mais affirmait avoir commencé à travailler sur le projet le 1er septembre sur la foi de rumeurs Twitter. De plus, les preuves diffèrent, se justifie l'entreprise. Deux jours plus tard, OpenAI est cette fois catégorique: après une enquête interne , elle affirme que les messages de Buckmaster n'ont pas servi à entraîner son IA. Reste à les croire sur parole.
" Ils parient avec nos vies " : le message sur X de l'ex-employé d'Anthropic Jacob Coxon a fait boule de neige comme aucun autre avertissement sur l'IA. Le chercheur a démissionné après un été où les alertes rouges n'ont pas cessé sur les dangers des LLM, comme on vous le disait dans notre numéro de rentrée. Et son tweet qui s'en prend aussi bien à Anthropic qu'à son ancien employeur OpenAI ( "Aucune des deux ent