Ce qui m'inquiĂšte plus, c'est un rĂ©cent travail co-signĂ© par le prix Nobel d'Ă©conomie Daron Acemoglu et ses collĂšgues A. Arda Gitmez et Mehdi Shadmehr . TitrĂ© « Automatisation et RĂ©pression », ce working paper ouvert Ă la relecture par les pairs consiste Ă Ă©tudier dans quelle mesure l'accĂ©lĂ©ration de l'automatisation conduit au recours Ă la rĂ©pression Ă©tatique . Pour construire leur analyse, les trois hommes modĂ©lisent un systĂšme dans lequel des capitalistes (dĂ©tenteurs de capital) interagissent avec des travailleurs, qui vivent des revenus de leur travail. Les capitalistes, « cherchant Ă maximiser leurs profits choisissent le degrĂ© d'automatisation ». Or, plus d'automatisation = plus de profit. Les travailleurs, eux, peuvent se coordonner pour se rĂ©volter. Le risque de soulĂšvement s'accroĂźt avec l'augmentation des inĂ©galitĂ©s de rĂ©partition du capital. « Dans un Ă©quilibre concurrentiel dĂ©centralisĂ©, les capitalistes, soucieux de maximiser leurs profits, ne tiennent pas compte de l'impact de leurs dĂ©cisions en matiĂšre d'automatisation sur le risque de rĂ©volte, ce qui se traduit par un niveau d'automatisation excessif par rapport Ă ce que les capitalistes, en tant que groupe, prĂ©fĂ©reraient », Ă©crivent les universitaires. Difficile de ne pas faire le lien avec la captation irrationnelle de capital d'une poignĂ©e d'hommes, gĂ©nĂ©ralement issus de la Silicon Valley. DĂ©but 2026, Oxfam calculait qu'ensemble, dix Ătats-Uniens (dont neuf de l'industrie technologique), un Français et un Espagnol possĂ©daient plus de richesses que 4,1 milliards de personnes . Mais le cĆur de l'article concerne les rĂ©actions de l'Ătat. Dans les expĂ©rime
Au YĂ©men, les rebelles houthis progressent ces derniers jours vers le dĂ©troit de Bab-el-Mandeb, un passage stratĂ©gique pour l'Ă©conomie mondiale. En rĂ©ponse, l'armĂ©e yĂ©mĂ©nite, soutenue par l'Arabie saoudite, bombarde les Houthis. âĄïž Pour le contexte : le YĂ©men est situĂ© au sud de la pĂ©ninsule arabique, avec l'Arabie saoudite au nord. En 2014, un conflit a Ă©clatĂ© entre les rebelles houthis et les forces gouvernementales, sur fond de tensions sociales, Ă©conomiques et politiques. En 2015, une coalition menĂ©e par l'Arabie saoudite est intervenue pour soutenir le gouvernement, tandis que les Houthis sont soutenus par l'Iran, comme l'expliquait Le Monde. Les deux camps sont largement accusĂ©s d'avoir provoquĂ© de nombreuses victimes civiles. Le conflit a aussi dĂ©vastĂ© l'Ă©conomie et plongĂ© le pays dans une crise humanitaire majeure. Selon l'ONU, plus de 22 millions de personnes dĂ©pendent de l'aide humanitaire au YĂ©men, tandis qu'environ 400 000 personnes auraient perdu la vie depuis le dĂ©but du conflit. Aujourd'hui, les Houthis contrĂŽlent environ un tiers du pays, principalement au nord.
OĂč sont passĂ©s les 800 millions de barils de pĂ©trole chinois ? La guerre en Iran a verrouillĂ© un axe commercial majeur pour le pĂ©trole du Golfe. Le cours du baril a grimpĂ©, mais pas autant que prĂ©vu. Pourquoi ? C'est principalement parce que la Chine a cessĂ© d'importer. âą Premier importateur mondial. Avant guerre, la Chine importait 350 millions de barils par mois. Stocker le grain partout. PĂ©kin a profitĂ© des cours bas d'avant guerre pour remplir ses stocks, accumulant plus d'un milliard de barils, selon The Economist. âą Comment on le sait ? Les images satellites permettent de lire l'ombre des toits flottants sur les cuves, et d'en dĂ©duire le niveau de remplissage (ces toits descendent pour Ă©viter de stocker de l'air avec le combustible). Depuis la guerre, PĂ©kin a rĂ©duit ses importations de plus de moitiĂ©. Si la Chine ne puisait pas dans ses stocks, on estime que le baril coĂ»terait 30 dollars de plus. "Ce qu'on voit en Chine, c'est le plus grand ajustement jamais rĂ©alisĂ© par un pays sur sa consommation de pĂ©trole, et sans consĂ©quence visible", rĂ©sume Rory Johnston, analyste. Boost Ă©lectrique. L'Ă©conomie chinoise devient moins dĂ©pendante au pĂ©trole, notamment grĂące Ă la voiture Ă©lectrique. âą Pendant la fĂȘte du travail en mai dernier, les bornes d'autoroute ont dĂ©bitĂ© 55% d'Ă©lectricitĂ© de plus qu'un an plus tĂŽt. Hautement inflammable. Avec 4,3% de croissance au deuxiĂšme trimestre, la Chine semble avoir tenu le choc. Mais les cuves se vident. Emma Li, analyste chez Vortexa, estime que PĂ©kin pourrait tenir jusqu'Ă fin novembre. Les AmĂ©ricains votent pour le CongrĂšs le 3 novembre. Si la Chine se remet Ă acheter d'ici lĂ , le baril pourrait flamber au pire moment pour Trump.
GTA 6 - Le plus gros lancement de l'histoire du divertissement Est-ce que GTA 6 pourrait ĂȘtre le dernier jeu vidĂ©o de cette ampleur ? Netflix aurait dĂ©boursĂ© 100 millions de dollars pour diffuser une demi heure de pub pour le nouveau jeu de Rockstar Games. Le nouveau volet de la sĂ©rie est trĂšs attendu, et pas seulement par les fans. âą 3 Ă 5 milliards de dollars. C'est ce que GTA 6 pourrait gĂ©nĂ©rer en une semaine, selon Newzoo, un cabinet d'Ă©tudes (plus que deux ans de la tournĂ©e Eras de Taylor Swift). Rockstar joue gros. 13 ans d'attente depuis GTA 5, 6 ans de dĂ©veloppement et des coĂ»ts estimĂ©s entre 1 et 3 milliards de dollars. La sortie du jeu a dĂ©jĂ Ă©tĂ© repoussĂ©e deux fois. Le risque dĂ©passe le studio. Toute l'industrie du jeu vidĂ©o a les yeux rivĂ©s sur la sortie, le 19 novembre. âą Les jeux vidĂ©o mobiles, moins chers Ă produire et plus rentables, bouleversent le modĂšle Ă©conomique des consoles. âą Les investisseurs prĂ©fĂšrent miser sur l'IA, qui promet de faire baisser les coĂ»ts de dĂ©veloppement. Rester pertinent. Pour Ă©largir sa cible, GTA 6 proposera pour la premiĂšre fois une protagoniste fĂ©minine. Un tournant pour un jeu globalement misogyne (non sans clash de la manosphĂšre). Le modĂšle va changer. Rockstar veut supprimer le disque, le jeu sera uniquement tĂ©lĂ©chargeable (ici aussi, non sans polĂ©mique). Et il faudra payer 80 dollars pour jouer. Si l'augmentation du prix passe, les autres Ă©diteurs de jeux suivront. Mais si le jeu déçoit, plus aucun studio n'osera dĂ©velopper un jeu aussi cher.
La ferveur suscitĂ©e par l'AfD et son candidat Ulrich Siegmund a conduit Ă un score sans pareil pour un parti d'extrĂȘme-droite lors d'une Ă©lection rĂ©gionale. Jamais durant la derniĂšre dĂ©cennie, un mouvement politique allemand n'a atteint un tel score. Cette vague bleue (la couleur du parti) a permis Ă l'AfD d'atteindre 43,8% des suffrages exprimĂ©s. L'intĂ©rĂȘt de la campagne, son enjeu ont dĂ©bouchĂ© sur une participation historique depuis la rĂ©unification en Saxe-Anhalt avec environ 78% d'Ă©lecteurs qui se sont rendus aux urnes. L'extrĂȘme-droite, comme dans d'autres scrutins rĂ©gionaux, a mobilisĂ© de nombreux abstentionnistes qui dans le passĂ© considĂ©raient qu'aucune offre politique ne rĂ©pondait Ă leurs attentes. L'AfD a tablĂ© sur une campagne "feel god" en positivant. Des Ă©lecteurs mĂ©contents voulaient donner leur chance Ă un parti qui n'a jamais exercĂ© les responsabilitĂ©s. L'AfD a offert une plateforme Ă ceux qui ne sont pas forcĂ©ment dĂ©classĂ©s Ă©conomiquement mais qui craignent pour leur avenir ou on le sentiment qu'on ne les Ă©coute pas. 73% des personnes dans cette rĂ©gion se considĂšrent comme des Allemands de seconde zone. L'AfD a su avec brio utiliser ce sentiment pour donner Ă ces Ă©lecteurs le sentiment de disposer d'un porte-voix qui faisait d'eux l'avant-garde d'une nouvelle Allemagne. L'AfD a plus que doublĂ© son score de 2021 (20,8%) ce qui est exceptionnel aussi rapidement. Cela n'a toutefois pas suffit pour obtenir l'objectif fixĂ© avant les Ă©lections Ă savoir atteindre une majoritĂ© absolue en siĂšges au parlement rĂ©gional de Saxe-Anhalt. Il manque trois dĂ©putĂ©s Ă l'AfD. Son candidat, Ulrich Siegmund, a dĂ©jĂ remisĂ© sa promesse de campagne de gouverner seul fort d'une majoritĂ© absolue. Le parti refuse tout compromis ce qui est contraire Ă la logique parlementaire allemande traditionnelle. Deux options se prĂ©sentent Ă lui. Il peut tenter de dĂ©baucher quelques dĂ©putĂ©s chrĂ©tiens-dĂ©mocrates qui dĂ©noncent le "pare-feu" (traduisez le cordon sanitaire) anti-AfD dĂ©fendu par la CDU. Les conservateurs sur place jurent leurs grands dieux que cela ne fonctionnera pas. L'autre option consisterait Ă obtenir le soutien du parti BSW qui contrairement aux pronostics a franchi la barre des 5% et dĂ©croche cinq siĂšges. Si ce parti populiste Ă gauche sur les questions sociales rejoint l'AfD sur les questions migratoires ou des positions pro-russes, les derniers jours montrent qu'un tel soutien est loin d'ĂȘtre acquis. Si l'AfD accĂšde au pouvoir en Saxe-Anhalt, elle promet une politique migratoire trĂšs stricte. Beaucoup de mesures ne sont pas rĂ©alistes car la lĂ©gislation est entre les mains de l'Etat fĂ©dĂ©ral. Mais son application sur le terrain est en revanche l'affaire des rĂ©gions et des collectivitĂ©s locales. Le concept de "remigration" continue de susciter des interrogations entre les dĂ©clarations "rassurantes" qui insistent sur le renvoi des seules personnes en situation irrĂ©guliĂšre et d'autres voulant aller plus loin, y compris en expulsant des personnes intĂ©grĂ©es voire disposant de la nationalitĂ© allemande. L'AfD veut une politique dĂ©fendant les valeurs nationales pour l'Ă©ducation, l'histoire et la culture, autant de sujets pour lesquels les rĂ©gions disposent de compĂ©tences importantes. Si l'AfD ne parvenait pas Ă ses fins -veut-elle d'ailleurs vraiment gouverner au risque de dĂ©cevoir et d'amoindrir ses chances au niveau national en 2029?- les autres partis devraient trouver une alternative qui ressemble Ă la quadrature du cercle. La CDU qui subit une dĂ©route historique est bien mal en point.
đïž Retraites françaises : le vrai trou que personne n'affiche đ Contexte La France a bĂąti son systĂšme de retraite sur la rĂ©partition : les actifs paient les pensions des retraitĂ©s d'aujourd'hui, contre la promesse d'ĂȘtre payĂ©s demain par la gĂ©nĂ©ration suivante. Ce contrat a fait ses preuves : en 1970, prĂšs d'1/3 retraitĂ© vivait sous le seuil de pauvretĂ©, contre 1/10 aujourd'hui, l'un des meilleurs scores d'Europe. Mais le "tuyau" (et non une rĂ©serve, car le paiement des cotisations paie immĂ©diatement les retraitĂ©s actuels) qui alimente le systĂšme s'est resserrĂ©. En 1960, la France comptait 4,7 cotisants pour un retraitĂ©. Aujourd'hui, 1,79. En 2070, ce sera 1,4. Un homme parti Ă la retraite en 1950 vivait encore 12 ans en moyenne ; aujourd'hui, un retraitĂ© vit 20 Ă 25 ans de plus. RĂ©sultat officiel selon le rapport du COR, le Conseil D'orientation des Retraites, publiĂ© en juin 2026 : un dĂ©ficit de 5 Mds ⏠sur les environ 427 Mds⏠de budget pour la retraite, soit 0,3 % des 1710 milliards de dĂ©penses publiques françaises en 2025. Cependant, le chiffre semble est 17x plus important que 5 MdsâŹ. âïž Faits Le droit français distingue deux familles de prĂ©lĂšvements : Les cotisations : prĂ©levĂ©es sur le travail (sur la fiche de paie et celle de l'employeur). C'est l'argent "classique" du systĂšme pour payer la protection sociale (chĂŽmage, retraite) et ouvre un droit. L'impĂŽt : ImpĂŽt sur le revenu, TVA , etc. Ă l'origine, ce n'Ă©tait pas fait pour financer la sĂ©cu, mais pour financer l'Ătat en gĂ©nĂ©ral (Ă©coles, routes...). En 1967, la sĂ©curitĂ© sociale ne recevait aucun financement issu de l'impĂŽt, uniquement des cotisations. Depuis, l'Ătat a créé et fait grimper plusieurs impĂŽts affectĂ©s Ă la sĂ©cu (la CSG surtout, nĂ©e en 1990). RĂ©sultat, aujourd'hui, ces impĂŽts rapportent 292 milliards d'euros par an Ă la sĂ©cu. Cette somme est devenue tellement importante que les cotisations ne reprĂ©sentent plus que la moitiĂ© du financement total de la sĂ©cu. L'autre moitiĂ© vient de l'impĂŽt. En clair : la sĂ©cu, censĂ©e ĂȘtre financĂ©e par le travail (cotisations), est aujourd'hui financĂ©e Ă moitiĂ© par l'impĂŽt. C'est ce mĂ©lange qui rend le systĂšme illisible, et qui permet, selon comment on classe chaque flux, de faire varier le dĂ©ficit affichĂ©. Autre distorsion : quand l'Ătat emploie un fonctionnaire, il cotise Ă 82 %, contre 16,58 % pour un employeur privĂ© (126 % pour un militaire). La raison est purement comptable : le compte qui paie les pensions des fonctionnaires n'a pas le droit d'ĂȘtre en dĂ©ficit, donc le taux de cotisation de l'Ătat absorbe automatiquement l'Ă©cart chaque annĂ©e. En reconsolidant ces comptes comme le ferait n'importe quelle entreprise, l'ancien directeur gĂ©nĂ©ral des finances publiques Jean-Pascal Beaufret a recalculĂ© le dĂ©ficit rĂ©el des retraites pour 2025 : 427 milliards de dĂ©penses, financĂ©es Ă hauteur de 330 milliards par des cotisations et impĂŽts affectĂ©s. Il manque 87 milliards, comblĂ©s par de l'emprunt. Soit 17 fois le chiffre officiel. La Cour des comptes a elle-mĂȘme reconnu en avril 2026 que ces contributions relĂšvent d'une convention comptable, les pensions Ă©tant en partie financĂ©es, de fait, par l'emprunt. đŻ Impacts đ BudgĂ©taire : cette dette silencieuse contamine d'autres budgets. Sur les 90 milliards affichĂ©s pour l'Ăducation nationale, 25 milliards financent en rĂ©alitĂ© les pensions des enseignants retraitĂ©s. Sur les 60 milliards du budget de la DĂ©fense, 9,5 milliards partent au mĂȘme endroit, obligeant l'armĂ©e Ă raisonner hors pension pour connaĂźtre ses moyens rĂ©els. đ¶ Dette publique : la dette française atteint 118 % du PIB dĂ©but 2026, contre 60 % thĂ©oriquement fixĂ© par les traitĂ©s europĂ©ens. Son coĂ»t explose avec la remontĂ©e des taux : les intĂ©rĂȘts payĂ©s passeraient de 50 milliards en 2024 Ă environ 100 milliards vers 2030, au point de devenir le premier poste de dĂ©pense de l'Ătat, devant l'Ăducation. đ Confiance des marchĂ©s : trois dĂ©gradations de la note française entre 2024 et 2025 ont rapprochĂ© Paris de l'Espagne. Fin 2024, la France a empruntĂ© Ă 10 ans au mĂȘme taux que la GrĂšce. Plus de la moitiĂ© de la dette française est dĂ©tenue par des investisseurs Ă©trangers, qui n'ont aucune obligation de continuer Ă financer ce dĂ©ficit Ă bas coĂ»t. đ„ Social : la France reste le troisiĂšme pays le plus taxĂ© de l'OCDE.
Les BRICS n'ont toujours pas créé la grande monnaie commune capable de concurrencer le dollar. Mais ils avancent peut-ĂȘtre par un autre chemin : les paiements. Au cours des 18 derniers mois, les systĂšmes de paiement instantanĂ© utilisĂ©s dans les 11 pays du groupe ont traitĂ© plus de 10 000 milliards de dollars de transactions. Et deux plateformes dominent particuliĂšrement : UPI en Inde et Pix au BrĂ©sil. Le principe est assez simple. PlutĂŽt que de passer par une carte bancaire Visa ou Mastercard, l'utilisateur transfĂšre directement de l'argent depuis son compte bancaire, souvent grĂące Ă un QR code ou Ă un identifiant, avec une transaction exĂ©cutĂ©e presque instantanĂ©ment. En Inde, UPI compte dĂ©jĂ plus de 550 millions d'utilisateurs. Au BrĂ©sil, Pix en rassemble plus de 170 millions. Les volumes donnent surtout une idĂ©e de la taille du phĂ©nomĂšne. Pix a traitĂ© plus de 6 800 milliards de dollars de paiements en 2025, tandis qu'UPI en a gĂ©rĂ© environ 3 400 milliards sur son dernier exercice. Mais pour l'instant, presque toutes ces transactions restent nationales. Et c'est prĂ©cisĂ©ment ce que les BRICS veulent commencer Ă changer. L'Inde cherche Ă connecter UPI Ă d'autres systĂšmes Ă©trangers. Singapour l'utilise dĂ©jĂ depuis 2023, tandis que les Ămirats arabes unis ou le Sri Lanka s'y intĂ©ressent. MĂȘme la Banque centrale europĂ©enne travaille sur un projet visant Ă connecter son infrastructure europĂ©enne TIPS Ă UPI, avec un pilote envisagĂ© en 2027. Des discussions prĂ©liminaires existent Ă©galement autour de Pix. Sur le papier, cela pourrait permettre Ă un Indien voyageant en Europe, par exemple, de payer directement depuis son compte avec son application habituelle. Mais il reste un problĂšme lĂ©gĂšrement important : les monnaies. Le real brĂ©silien, la roupie indienne, le yuan chinois ou le rouble russe ne fonctionnent pas tous de la mĂȘme maniĂšre et leurs marchĂ©s ne sont pas aussi liquides. Aujourd'hui, pour convertir rapidement deux devises, le plus simple reste souvent de passer temporairement⊠par le dollar. Ce qui est un peu gĂȘnant lorsqu'on cherche prĂ©cisĂ©ment Ă moins dĂ©pendre du dollar. Les BRICS rĂ©flĂ©chissent donc Ă des mĂ©canismes permettant de rĂ©gler directement davantage d'Ă©changes dans leurs monnaies nationales, voire Ă utiliser un actif commun de rĂ©fĂ©rence basĂ© sur plusieurs devises ou sur l'or. Mais le projet reste encore trĂšs embryonnaire. Les dĂ©sĂ©quilibres commerciaux compliquent notamment les choses : l'Inde peut payer du pĂ©trole russe en roupies, mais si la Russie n'achĂšte presque rien en Inde, elle finit simplement avec une montagne de roupies dont elle ne sait pas forcĂ©ment quoi faire. Les BRICS sont donc encore trĂšs loin d'avoir construit un nouveau systĂšme monĂ©taire mondial. Mais ils disposent dĂ©jĂ de centaines de millions d'utilisateurs et de systĂšmes de paiement extrĂȘmement efficaces. Ils n'ont peut-ĂȘtre pas encore trouvĂ© comment remplacer le dollar. En revanche, ils commencent sĂ©rieusement Ă chercher comment contourner la carte Visa et Mastercard. L'objectif derriĂšre tout ça est surtout de rĂ©duire la dĂ©pendance au dollar amĂ©ricain. Aujourd'hui, une grande partie du commerce mondial, des rĂ©serves de change et des paiements internationaux passent encore par le dollar et par des infrastructures financiĂšres trĂšs liĂ©es aux Ătats-Unis. Sur le marchĂ© des changes, le dollar est encore prĂ©sent dans 89,2% des transactions mondiales en 2025. C'est Ă©norme : presque 9 Ă©changes de devises sur 10 impliquent encore le billet vert. Pour les BRICS, dĂ©velopper des paiements directs entre leurs monnaies permettrait donc de rĂ©duire les frais de conversion, limiter leur exposition aux dĂ©cisions de la Fed et surtout diminuer le risque de sanctions ou de blocage de transactions dĂ©cidĂ©s par Washington. En clair, ce n'est pas seulement une question de coĂ»t : c'est aussi une question de souverainetĂ© financiĂšre.
En juin, Tim Cook avait prĂ©venu: une hausse des prix Ă©tait "inĂ©vitable". Mercredi, Apple est passĂ© aux actes, en augmentant les prix de ses iPhone, aussi bien les nouveaux modĂšles que les gĂ©nĂ©rations prĂ©cĂ©dentes encore commercialisĂ©es. Le groupe Ă la pomme avait dĂ©jĂ relevĂ© les tarifs de ses Mac et de ses iPad. Il est loin d'ĂȘtre le seul concernĂ©. Quasiment tous les produits Ă©lectroniques grand public sont touchĂ©s. En cause: l'envolĂ©e du prix des puces mĂ©moire, qui a plus que quadruplĂ© en un an sous l'effet de la demande liĂ©e Ă l'intelligence artificielle gĂ©nĂ©rative. Explications.
Que sont les DRAM, NAND et HBM ? Le marchĂ© de la mĂ©moire s'articule principalement autour de deux grandes familles de puces: les DRAM â dont font partie les HBM â et les NAND. Les DRAM, ou mĂ©moires vives dynamiques, fournissent un stockage temporaire des donnĂ©es utilisĂ©es par le processeur lors de l'exĂ©cution d'un logiciel ou d'une application. Elles se dĂ©clinent en plusieurs types (GDDR, DDR et LPDDR), qui rĂ©pondent Ă diffĂ©rents besoins en matiĂšre de vitesse, de bande passante et de consommation d'Ă©nergie. Elles jouent un rĂŽle crucial dans l'amĂ©lioration des performances des smartphones et des ordinateurs. Depuis une dizaine d'annĂ©es, une nouvelle catĂ©gorie de DRAM s'est dĂ©veloppĂ©e: les HBM. GrĂące Ă une architecture reposant sur l'empilement de plusieurs couches de mĂ©moire, elles offrent une bande passante nettement supĂ©rieure. Elles permettent ainsi de transfĂ©rer beaucoup plus rapidement de grandes quantitĂ©s de donnĂ©es vers les unitĂ©s de calcul, tout en amĂ©liorant l'efficacitĂ© Ă©nergĂ©tique. Deux atouts cruciaux pour l'entraĂźnement et l'infĂ©rence des modĂšles d'IA. Les NAND, de leur cĂŽtĂ©, sont des mĂ©moires flash non volatiles: elles conservent les donnĂ©es mĂȘme lorsque l'appareil est Ă©teint. On les retrouve notamment dans les smartphones, les clĂ©s USB, les cartes mĂ©moire et les SSD, qui ont progressivement remplacĂ© les disques durs traditionnels dans de nombreux produits grand public.
Qui produit ces puces ? Le marchĂ© des DRAM est dominĂ© par un oligopole composĂ© des sud-corĂ©ens SK Hynix et Samsung, et de l'amĂ©ricain Micron. Ă eux trois, ils reprĂ©sentent prĂšs de 90% des ventes, selon les estimations du cabinet Counterpoint. Seul le chinois CXMT affiche Ă©galement des volumes significatifs, mais sa production reste principalement destinĂ©e Ă son marchĂ© domestique. Les trois gĂ©ants de la mĂ©moire sont par ailleurs les seuls Ă produire Ă l'Ă©chelle commerciale des mĂ©moires HBM, le segment du marchĂ© le plus dynamique. Le secteur des NAND est plus concurrentiel. Si SK Hynix, Samsung et Micron captent 60% du marchĂ©, trois autres acteurs â l'amĂ©ricain SanDisk, le japonais Kioxia et le chinois YMTC â se partagent les 40% restants. Ă noter que la production de mĂ©moire repose sur un modĂšle intĂ©grĂ©, et non fabless. Les fabricants disposent de leurs propres usines, contrairement Ă Nvidia, AMD ou Qualcomm, qui confient la production de leurs GPU, processeurs ou puces 5G Ă des fondeurs, comme le gĂ©ant taĂŻwanais TSMC, Samsung ou encore le chinois SMIC.
Pourquoi les prix s'envolent ? Le marchĂ© des puces mĂ©moire est coutumier des fortes fluctuations de prix. Il alterne rĂ©guliĂšrement entre pĂ©riodes de pĂ©nurie et phases de surproduction. Par le jeu de l'offre et de la demande, les tarifs s'envolent dans le premier cas et plongent dans le second. Ă partir de fin 2022, les prix de la DRAM ont, par exemple, Ă©tĂ© divisĂ©s par deux en seulement neuf mois. Avec l'essor de l'IA, la demande pour les puces HBM s'envole, portĂ©e par l'explosion des besoins en puissance de calcul et par l'augmentation du nombre de puces mĂ©moire intĂ©grĂ©es dans chaque systĂšme d'IA. Pour y rĂ©pondre, les fabricants ont rĂ©orientĂ© une partie de leurs capacitĂ©s de production vers ces mĂ©moires Ă forte valeur ajoutĂ©e. Dans le mĂȘme temps, une part croissante de la production de DRAM et de NAND est aussi absorbĂ©e par les infrastructures d'IA. Le cabinet TrendForce estime ainsi que 70% de la production mondiale de mĂ©moires est dĂ©diĂ©e Ă l'IA. Cette allocation des ressources s'effectue au dĂ©triment des DRAM et NAND utilisĂ©es dans les smartphones, les ordinateurs ou encore les consoles de jeux vidĂ©o. Leur production Ă©tant dĂ©sormais insuffisante, les carnets de commandes sont dĂ©jĂ remplis pour 2027. En position de force face Ă leurs clients, les fabricants peuvent donc fortement augmenter leurs tarifs, sans craindre de voir la demande ralentir. Cette situation a Ă©tĂ© accentuĂ©e par la prĂ©cĂ©dente crise de surproduction qui a frappĂ© le secteur et fait plonger les profits des trois principaux fabricants. En consĂ©quence, ils n'ont pas cherchĂ© Ă augmenter leurs capacitĂ©s de production, dans l'attente de jours meilleurs. D'autant qu'ils n'avaient pas anticipĂ© une demande aussi massive de la part du secteur de l'IA.
à qui la faute ? Pour Tim Cook, l'état du marché est la faute des "gars de la mémoire". En juin, celui qui était encore le directeur général d'Apple leur reprochait implicitement d'avoir réaffecté une partie de leurs capacités de production vers l'IA, au détriment des appareils électroniques grand public, et d'avoir imposé leurs conditions tarifaires. "Nous avons clairement besoin que les prix et l'approvisionnement en mémoire reviennent à des niveaux raisonnables", expliquait-il, interrogé par le Wall Street Journal. Sans citer le géant de Cupertino, un dirigeant de Micron blùmait, lui, ses clients, coupables d'avoir imposé en 2023 des baisses de prix trop importantes, qui ont limité les capacités d'investissement du secteur en comprimant les marges, voire en les faisant passer dans le rouge. Un déficit qui se traduit désormais par une offre insuffisante. "Nous avions dit à certains clients qui se montraient alors trÚs agressifs sur les prix que cette stratégie n'était pas constructive", assurait-il. Si la vérité se situe probablement entre les deux positions, la crise actuelle témoigne d'un basculement majeur: le centre de gravité de l'industrie s'est déplacé. Ce ne sont plus les mémoires DRAM et NAND pour smartphones et ordinateurs qui dictent le tempo des fabricants, mais celles dédiées aux data centers. Longtemps en position de force, Apple se retrouve désormais en situation de faiblesse.
Combien de temps la crise va-t-elle encore continuer ? En partant du principe que la demande de mémoires dédiées à l'IA ne va pas faiblir, au moins l'année prochaine, compte tenu des investissements déjà annoncés pour construire de nouveaux data centers, une seule solution peut permettre de résoudre cette crise: augmenter la production. SK Hynix, Samsung et Micron prévoient bien d'investir davantage afin d'accroßtre leurs capacités de production.
Et aussi: L'assistant IA de Meta â Nvidia rachĂšte Hugging Face â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â
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| GRAND ANGLE |
Avec Astra, OpenAI tente de reprendre le leadership de lâIA
âBienvenue dans lâĂšre de lâintelligence artificielle gĂ©nĂ©raleâ. Lâexpression semblait ĂȘtre tombĂ©e en dĂ©suĂ©tude â Sam Altman lui-mĂȘme la qualifiait rĂ©cemment de âterme marketing sans rĂ©elle pertinenceâ. La voilĂ pourtant remise sur le devant de la scĂšne par Greg Brockman, le prĂ©sident dâOpenAI, Ă lâoccasion du lancement de GPT-6 Astra, la nouvelle gĂ©nĂ©ration du grand modĂšle de langage qui alimente ChatGPT. Celle-ci serait, selon lui, ainsi capable dâĂ©galer, voire de surpasser, lâhumain dans nâimporte quelle tĂąche cognitive. Nettement plus prudent, lâentreprise Ă©voque simplement le âmodĂšle le plus intelligent jamais conçuâ.
Peu importe les qualificatifs, le lancement dâAstra doit concrĂ©tiser le retour en grĂące dâOpenAI, aprĂšs des mois de turbulences et de doutes. BousculĂ© par Google et surtout par Anthropic, le pionnier de lâIA gĂ©nĂ©rative a dĂ©clenchĂ©, fin 2025, un âcode rougeâ pour regagner son leadership, tant technologique que commercial. Des efforts qui commencent Ă porter leurs fruits. Au petit jeu des benchmarks, lâĂ©cart de performance avec ses concurrents sâest inversĂ©. Et la croissance de son chiffre dâaffaires rĂ©alisĂ© auprĂšs des entreprises a de nouveau dĂ©passĂ© celle dâAnthropic, selon lâanalyse des transactions effectuĂ©es par Ramp, une banque dĂ©diĂ©e aux professionnels.
ProgrĂšs dans le âcomputer useâ
Le lancement dâAstra intervient un peu plus dâun an aprĂšs la sortie sans fanfare de GPT-5, critiquĂ© pour des gains jugĂ©s peu significatifs. Cette nouvelle version reprĂ©sente, elle, un âsaut gĂ©nĂ©rationnelâ, affirme Greg Brockman. Sur le papier, elle affiche des gains de performances significatifs par rapport Ă ses prĂ©dĂ©cesseurs, en matiĂšre de raisonnement, de programmation ou encore de calcul mathĂ©matique. Elle dĂ©passe Ă©galement les derniĂšres mises Ă jour de Fable 5, le modĂšle le plus avancĂ© dâAnthropic, dont le dĂ©ploiement avait Ă©tĂ© temporairement suspendu par le gouvernement amĂ©ricain en juin, et de Gemini 3, le concurrent dĂ©veloppĂ© par Google.
Dans sa communication, OpenAI insiste en particulier sur les capacitĂ©s de âcomputer useâ: Astra peut prendre le contrĂŽle dâun ordinateur pour accomplir des tĂąches depuis des sites Internet ou un logiciel, comme le ferait un humain. ConsidĂ©rĂ©s comme la prochaine frontiĂšre de lâIA, ces nouveaux agents doivent permettre de reproduire le comportement dâun employĂ©. Ils peuvent naviguer sur le web, cliquer sur des boutons ou saisir du texte. En thĂ©orie, ils peuvent ainsi interagir avec nâimporte quelle application utilisĂ©e dans une entreprise. OpenAI assure que son modĂšle peut dĂ©jĂ Â âexĂ©cuter des processus en plusieurs Ă©tapesâ.
Dépassé par Claude Code
Dans le sillage du lancement spectaculaire de ChatGPT, fin 2022, OpenAI est longtemps restĂ© le leader incontestĂ© de lâIA gĂ©nĂ©rative, aussi bien auprĂšs du grand public que des entreprises. Fort de cette position dominante, son patron Sam Altman multiplie alors les initiatives annexes, comme le navigateur Internet Atlas ou lâapplication de courtes vidĂ©os Sora, parfois au dĂ©triment de ses produits phares. Face Ă lui, ses rivaux restent concentrĂ©s sur un objectif: rattraper leur retard. Petit Ă petit, lâavance technologique des dĂ©buts sâestompe. En novembre dernier, la sortie de Gemini 3 constitue un premier avertissement.
Le pire est encore Ă venir pour OpenAI: le succĂšs fulgurant de Claude Code, lâoutil de programmation dâAnthropic. DistancĂ©e, la sociĂ©tĂ© perd alors lâavantage en matiĂšre dâimage de marque qui lui permettait de rester lâoption privilĂ©giĂ©e des entreprises. Son rival en profite et ses recettes sâenvolent. En aoĂ»t, son chiffre dâaffaires annualisĂ© dĂ©passe la barre des 65 milliards de dollars, contre seulement 9 milliards fin 2025. De son cĂŽtĂ©, OpenAI plafonne Ă 40 milliards, un chiffre qui a âseulementâ doublĂ© depuis le dĂ©but de lâannĂ©e. Au-delĂ de mĂ©thodes comptables diffĂ©rentes, ces trajectoires de croissance illustrent des dynamiques commerciales trĂšs diffĂ©rentes.
Encore de lourdes pertes
Ces derniers mois, OpenAI regagne cependant du terrain. La sociĂ©tĂ© a dâabord recentrĂ© ses prioritĂ©s autour de son outil de code Codex, dont le nombre dâutilisateurs a Ă©tĂ© multipliĂ© par six en seulement quatre mois. Elle a ensuite lancĂ© de
Tous les ans, c'est la mĂȘme petite chanson qui tourne durant le mois de septembre : les pays du monde entier sĂ©lectionnent leur film candidat pour tenter d'atteindre le ticket gagnant des 5 finalistes, voire, de l'Oscar, tout simplement, du meilleur film Ă©tranger. Certains ne se sont pas fait attendre, comme Soudain pour le Japon ou Les Braves de Lukas Dhont pour la Belgique, qui ont Ă©tĂ© annoncĂ©s assez tĂŽt. Et on reviendra de maniĂšre plus exhaustive dĂ©but octobre sur les premiĂšres candidatures, et celles qui ont le plus de chances de faire partie des nommĂ©s qui viendront fouler le tapis rouge du Dolby Theater le 14 mars prochain. Mais la France dans tout ça ? On saura le 16 septembre le film qui a Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ© prĂ©cisĂ©ment, mais on connaĂźt d'ores et dĂ©jĂ les 5 longs prĂ©sĂ©lectionnĂ©s. Et on vous voit venir : pourquoi n'y a-t-il pas ce film ? Pourquoi lui, il est lĂ ? On vous explique tout. Le CNC a donc dĂ©voilĂ© le jeudi 10 septembre au soir qu'Ă©tait retenu : La bataille De Gaulle - L'Ăąge de fer d'Antonin Baudry (PathĂ© Films) Le Corset de Louis Clichy (Eddy CinĂ©ma) La Gradiva de Marine Atlan (Les Films du Poisson) L'inconnue d'Arthur Harari (BathysphĂšre Productions, To Be Continued) Minotaure de AndreĂŻ Zviaguintsev (CG CinĂ©ma, MK Productions) Je me suis permis d'ajouter les boĂźtes de productions parce qu'elles permettent de rĂ©pondre Ă la premiĂšre question â pourquoi diable avons-nous un film russe dans le lot. Vous avez donc la rĂ©ponse : CG CinĂ©ma (boĂźte fondĂ© par Charles Gillibert), et MK Productions sont deux firmes franco-françaises. Cocorico donc, le Zviaguintsev peut reprĂ©senter le drapeau bleu-blanc-rouge. Et ayant dĂ©jĂ un distributeur amĂ©ricain sous l'Ă©gide de Mubi, ce serait pas entiĂšrement dĂ©bile. Pour le reste, le choix des 5 parait cohĂ©rent, ou presque. Le Corset souligne la qualitĂ© de l'animation made in France, et avait Ă©normĂ©ment sĂ©duit Ă Cannes (il avait eu un prix spĂ©cial du jury Un Certain Regard, et un prix du jury Ă Annecy). En somme, on pourrait mĂȘme, Ă la façon d'un Arco mais aussi d'AmĂ©lie et la mĂ©taphysique des tubes, le voir dans la catĂ©gorie des meilleurs films animĂ©s â mĂȘme si la concurrence sera rude cette annĂ©e, avec Hoppers, Toy Story 5, Wildwood, Ray Gunn, Meli-Melo, Super Mario Galaxy, Frakenlda, des Minions et des monstres, Shaun le mouton : la BĂȘĂȘĂȘte d'Halloween, et plus encore⊠La Gradiva a lui aussi fait sensation Ă Cannes, et pas qu'avec les critiques français (au contraire), avant de remporter le Grand Prix de la Semaine de la Critique â et il a lui aussi un distributeur amĂ©ricain, 1-2 Special, ce qui n'est pas rien. L'inconnue, qui est actuellement au festival de Telluride (qui peut ĂȘtre un tremplin amĂ©ricain intĂ©ressant) et bien poussĂ© par un Neon qui, mĂȘme s'il sait le potentiel commercial du film, mise sur une LĂ©a Seydoux star outre-Atlantique et l'etiquette Anatomie d'une chute qui colle au rĂ©alisateur du film Harari, peut s'entendre aussi. Reste alors La Bataille de Gaulle. Un peu plus surprenant, et ce en dehors de toute apprĂ©ciation du film. C'est le premier volet d'un dyptique, donc difficile Ă rĂ©compenser. Un carton au box-office certes, mais qui ne s'est pas Ă©normĂ©ment vendu Ă l'international, et qui parlera moins aux votants. Et en mĂȘme temps, il rentre dans la case du renouveau du film Ă papa que les Oscars aiment â pour rappel, le dernier Oscar français date de 1993 avec Indochine, de RĂ©gis Wargnier. Sauf qu'il y a un couac dans cette liste. En effet, le CNC indique sur son site que dans les critĂšres d'Ă©ligibilitĂ©, il est indispensable, en dehors de critĂšres plus ou moins Ă©vident (ĂȘtre un long-mĂ©trage, avoir plus de 50% des dialogues pas en anglais, etc), que le film soit sorti entre le 1er octobre 2025 et le 30 septembre 2026.