📰 News du 30/06/2026

đŸ—žïž ActualitĂ©

Maxime Blondeau
L'oasis Oum al-Maa en Libye : une image spectaculaire
La newsletter prĂ©sente une photographie de drone de l'oasis Oum al-Maa, situĂ©e dans le dĂ©sert libyen, prise par le photographe nĂ©erlandais Graatje Weber en 2025. Cette image spectaculaire illustre la beautĂ© naturelle de cet Ă©cosystĂšme isolĂ© au cƓur du dĂ©sert. Elle est destinĂ©e Ă  figurer dans le livre Bioconscience de Maxime Blondeau, dont la sortie est prĂ©vue en octobre prochain. Cette photo s'inscrit dans la ligne Ă©ditoriale de la newsletter Cosmorama, qui propose chaque semaine une carte, une image ou une dĂ©couverte pour penser le monde autrement.

Cette vue de drone de l'oasis Oum al-Maa dans le désert lybien a été prise par le photographe néerlandais Graatje Weber en 2025 et figurera dans mon livre Bioconscience que vous pouvez soutenir ici. Sortie prévue en octobre prochain.

Maxime Blondeau
Bioconscience : la campagne de financement franchit les 50 000 euros
La campagne de financement participatif du livre Bioconscience, hébergée sur Ulule, vient de franchir son deuxiÚme palier en dépassant les 50 000 euros grùce aux contributions des lecteurs. Le prochain objectif thématique est consacré à l'explosion cambrienne, poursuivant ainsi le survol de l'évolution biologique proposé dans le livre. Il reste moins de deux semaines pour contribuer, la campagne se terminant le 11 juillet. En parallÚle, Maxime Blondeau a finalisé le manuscrit complet remis à l'éditeur, aprÚs une période d'écriture intensive entrecoupée d'une traversée en voilier vers les ßles Scilly. Il reste encore à finaliser les annexes, les couleurs des chapitres et la couverture. Des événements autour du livre sont également envisagés avec des partenaires si la dynamique se poursuit.

La campagne Bioconscience bat son plein, le palier 2 est franchi et c'est grĂące Ă  vous ! Prochain objectif : L'explosion cambrienne ! On continue notre survol de l'Ă©volution biologique. Plus que deux semaines ! Donc si vous avez fait un tour sur la page mais sans voir eu le temps de contribuer, on n'attend plus que vous 😇 : https://fr.ulule.com/bioconscience/ En coulisses, les deux derniĂšres semaines ont Ă©tĂ© intense. Je suis est parti en voilier vers les Ăźles Scilly, avec un Ă©quipage de vieux loups de mer, entre deux sprints d'Ă©criture. Objectif : le rendu du manuscrit complet Ă  l'Ă©diteur cette semaine. Et j'ai rĂ©ussi, je l'ai fait ! Bon, il reste Ă  fignoler les annexes, choisir les couleurs des chapitres, dĂ©finir la couv et la quatriĂšme, mais le plus gros est fait. Maintenan, on a encore besoin de vous pendant quelques jours. On aimerait organiser des Ă©vĂ©nements de dingue autour du livre avec nos partenaires. Avec de la traction pour le faire. La fin de la campagne, ce sera le 11 juillet.

Money Stack
L'IA fait monter les actions, pas le PIB
Goldman Sachs a revu Ă  la hausse ses perspectives de croissance amĂ©ricaine pour le second semestre, Ă  2 %, portĂ©es notamment par le boom de l'IA et la dĂ©tente sur le dossier iranien. Cependant, la banque reconnaĂźt que les investissements massifs dans l'IA reposent surtout sur des biens importĂ©s d'Asie, comme les semi-conducteurs, qui n'entrent pas dans le calcul du PIB. L'IA profite donc davantage aux portefeuilles boursiers qu'Ă  la croissance Ă©conomique rĂ©elle, tandis que la consommation des mĂ©nages reste modeste, attendue Ă  seulement 1,5 %. Goldman Sachs admet par ailleurs que les valorisations des actions liĂ©es Ă  l'IA sont dĂ©jĂ  trĂšs Ă©levĂ©es, mĂȘme dans ses scĂ©narios les plus optimistes. Le nouveau patron de la Fed, Stephen Warsh, nommĂ© par Trump, refuse pour l'instant de baisser les taux, illustrant la fragilitĂ© persistante de l'Ă©conomie amĂ©ricaine.

Et si la vraie fragilitĂ© de l'Ă©conomie amĂ©ricaine n'Ă©tait plus le pĂ©trole, mais Wall Street ? L'accord entre les États-Unis et l'Iran a rassurĂ© les marchĂ©s. Goldman Sachs rĂ©duit son estimation de risque de rĂ©cession Ă  12 mois Ă  15 %, contre 25 % juste aprĂšs le dĂ©clenchement du conflit. La croissance du PIB amĂ©ricain au second semestre est rĂ©visĂ©e Ă  la hausse, Ă  2 %, portĂ©e en partie par le boom de l'IA, qui dope la richesse financiĂšre des mĂ©nages via la hausse des actions. Sauf que deux paragraphes plus loin, la banque admet qu'il y a des limites Ă  son optimisme. Les investissements massifs dans l'IA consistent surtout en biens importĂ©s d'Asie, en particulier des semi-conducteurs, qui n'apparaissent pas dans le calcul du PIB. L'IA gonfle donc plus les portefeuilles boursiers que la croissance rĂ©elle. La consommation des mĂ©nages, elle, ne devrait progresser que de 1,5 %. Signe de cette fĂ©brilitĂ© : le nouveau patron de la Fed, Stephen Warsh, a pour l'instant refusĂ© de baisser les taux, alors qu'il a Ă©tĂ© nommĂ© par Trump pour cela. Goldman Sachs reconnaĂźt d'ailleurs que les valorisations des actions liĂ©es Ă  l'IA sont dĂ©jĂ  Ă©levĂ©es, mĂȘme en intĂ©grant ses hypothĂšses les plus optimistes sur la valeur que cette technologie crĂ©era dans la dĂ©cennie.

HugoDécrypte
🚹 L’Euro numĂ©rique peut-il tout changer ?
[ { "titre": "L'Euro numĂ©rique peut-il tout changer ?", "resume": "La Banque centrale europĂ©enne (BCE) se prĂ©pare Ă  lancer un euro numĂ©rique, une nouvelle forme de monnaie ayant exactement la mĂȘme valeur que l'euro actuel. Conçu comme un « cash digital », il serait Ă©mis directement par la BCE et utilisable via une application ou une carte, Ă  l'image des billets mais sous forme numĂ©rique. L'objectif premier est d'adapter la monnaie aux nouveaux usages alors que les paiements en liquide diminuent, sans pour autant remplacer les espĂšces. Le second objectif est stratĂ©gique : rĂ©duire la dĂ©pendance de l'Europe aux rĂ©seaux de paiement privĂ©s amĂ©ricains comme Visa et Mastercard, qui traitent aujourd'hui la plupart des transactions en euros. Ce projet s'inscrit dans un contexte gĂ©opolitiq

⏱ On vous rĂ©sume l’actualitĂ© du jour en 5 mn ! ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌

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⏱ On vous rĂ©sume l’actualitĂ© du jour en 5 mn !

âšĄïž Infos en bref

đŸ‡ȘđŸ‡ș UNION EUROPÉENNE : Une nouvelle forme d’argent pourrait bientĂŽt voir le jour en France et en Europe. La Banque centrale europĂ©enne se prĂ©pare Ă  la crĂ©ation d’un euro numĂ©rique. On en parle davantage dans la rubrique “DĂ©cryptage”.

đŸŒĄïžÂ CANICULE : Plus de 1 300 dĂ©cĂšs de plus que la normale sont attribuĂ©s Ă  la vague de chaleur qui frappe l'Europe depuis le 21 juin, selon l’Organisation Mondiale de la SantĂ©. Plus d’infos dans la section “À comprendre”.

đŸ‡»đŸ‡Ș VENEZUELA : Au moins 1 450 personnes sont mortes et plus de 3 200 ont Ă©tĂ© blessĂ©es aprĂšs le double sĂ©isme qui a frappĂ© le VĂ©nĂ©zuela mercredi dernier, d’aprĂšs le dernier bilan officiel. On en parle davantage dans la rubrique “À comprendre”.

đŸ‡źđŸ‡±đŸ‡ŠđŸ‡Č ISRAËL/ARMÉNIE : Le gouvernement israĂ©lien a reconnu Ă  l’unanimitĂ© le gĂ©nocide armĂ©nien commis par l’Empire ottoman pendant la PremiĂšre Guerre mondiale. Les prĂ©cĂ©dents gouvernements israĂ©liens Ă©vitaient cette reconnaissance afin de prĂ©server leurs relations avec la Turquie, hĂ©ritiĂšre de l’empire, qui rejette ce terme. Entre 600 000 et 1,5 million de personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es au cours de ce gĂ©nocide.

🇳🇹 NOUVELLE-CALÉDONIE : Les 1res Ă©lections provinciales depuis 2019 se sont tenues ce dimanche en Nouvelle-CalĂ©donie. Le but : redessiner les rapports de force politiques de ce territoire français d’outre-mer. Aucun camp n’a obtenu la majoritĂ© au CongrĂšs : les non-indĂ©pendantistes ont obtenu 24 siĂšges sur 54, contre 26 pour les listes indĂ©pendantistes, divisĂ©es en 3 groupes.

đŸ‡«đŸ‡·Â FRANCE : Le projet d’autoroute A69 entre Toulouse et Castres a Ă©tĂ© dĂ©finitivement validĂ© ce lundi par le Conseil d’État, la plus haute juridiction administrative. Le chantier, lancĂ© en 2023, va donc se poursuivre. Il doit rĂ©duire de 20 Ă  30 minutes le trajet entre les 2 villes, mais est contestĂ© par des associations Ă©cologistes, qui dĂ©noncent son impact environnemental.

đŸŒŸÂ AGRICULTURE : Le possible retour de l’acĂ©tamipride, un insecticide interdit en France depuis 2018, est examinĂ© par le SĂ©nat depuis ce lundi. Ce pesticide s’attaque aux pucerons, vecteurs de maladies, mais aussi Ă  d’autres ĂȘtres vivants, comme les abeilles. Lors de la prĂ©cĂ©dente loi Duplomb, 2 millions de citoyens avaient signĂ© une pĂ©tition contre sa rĂ©introduction.

đŸ›ïžÂ FAST-FASHION : La loi contre l’ultra fast fashion a Ă©tĂ© dĂ©finitivement adoptĂ©e ce lundi par le Parlement. DĂšs septembre, des entreprises comme Shein, Temu ou AliExpress, devront payer un malus pouvant aller jusqu’à 12 € par article. Par ailleurs, la publicitĂ© pour ces marques sera totalement interdite. Les entreprises concernĂ©es devront aussi afficher sur leur site des messages encourageant “la sobriĂ©tĂ©, le rĂ©emploi et la rĂ©paration”.

đŸŽ„Â CINÉMA : Le film "Michael", qui retrace la vie de Michael Jackson, est devenu le biopic le plus rentable de l'histoire du cinĂ©ma avec 857 millions d'€ de recettes dans le monde. Il dĂ©passe "Oppenheimer", le biopic historique rĂ©alisĂ© par le britannico-amĂ©ricain Christopher Nolan, avec l'Irlandais Cillian Murphy, qui avait rapportĂ© 855 millions d'€.

🔍 DĂ©cryptage : L’Euro numĂ©rique peut-il tout changer ?

Les faits

đŸ’¶Â L’euro numĂ©rique serait une nouvelle forme de notre monnaie, avec exactement la mĂȘme valeur que l’euro actuel : 1 euro numĂ©rique = 1 euro. À l’avenir, on pourrait donc payer de 3 façons : en espĂšces, par carte bancaire ou en euro numĂ©rique.

Pour comprendre ce que cela change, il faut distinguer l’argent sur un compte bancaire et les espĂšces. L’argent dĂ©posĂ© sur un compte bancaire est gĂ©rĂ© par la banque, qui peut notamment le prĂȘter ou l’investir. Les billets, eux, sont Ă©mis directement par la Banque centrale europĂ©enne (BCE) et, une fois dans votre portefeuille, ils vous appartiennent directement.

🌐 L’euro numĂ©rique fonctionnerait donc comme un “cash digital” : une monnaie Ă©mise par la BCE, mais utilisable sous forme numĂ©rique via une application ou une carte. L’objectif : adapter la monnaie aux nouveaux usages, alors que les paiements en liquide diminuent. Officiellement, il ne s’agit pas de remplacer les espĂšces, mais d’offrir une alternative publique.

Le second objectif est stratĂ©gique : rĂ©duire la dĂ©pendance de l’Europe aux rĂ©seaux de paiements Ă©tats-uniens comme Visa et Mastercard. Aujourd’hui, mĂȘme lorsqu’on paie en euros, les transactions passent souvent par ces infrastructures privĂ©es. En cas de tensions gĂ©opolitiques, cela pourrait devenir un point de faiblesse, comme le souligne l’Opinion.

âžĄïžÂ Un exemple rĂ©cent l’illustre : le cas de Nicolas Guillou, un juge français Ă  la Cour pĂ©nale internationale qui a Ă©tĂ©, comme d'autres juges, placĂ© sous sanctions par l’administration Trump, aprĂšs avoir Ă©mis des mandats d’arrĂȘt visant des responsables

🌍 International

Footnotes
Taxer les plus riches : le débat qui revient
Face Ă  une dette publique atteignant 115 points de PIB, un niveau inĂ©dit dĂ©passant le pic du Covid, la question de la fiscalitĂ© sur les plus riches revient au cƓur du dĂ©bat politique et Ă©conomique. L'Ă©conomiste Gabriel Zucman avait proposĂ© un impĂŽt plancher de 2% sur les patrimoines supĂ©rieurs Ă  100 millions d'euros, constatant que les milliardaires paient proportionnellement moins d'impĂŽts que les classes moyennes grĂące Ă  des montages en holdings. Cette proposition, votĂ©e Ă  l'AssemblĂ©e mais rejetĂ©e au SĂ©nat, n'a finalement Ă©tĂ© adoptĂ©e que sous une forme trĂšs restreinte, ne rapportant que 100 millions d'euros au lieu des 20 milliards espĂ©rĂ©s. En rĂ©ponse aux limites de cette approche, les Ă©conomistes de l'OFCE proposent une taxe sur le revenu Ă©conomique et certain (TRÉC), qui viserait Ă  combler les failles fiscales, notamment l'effacement des plus-values lors des transmissions de patrimoine. Ce systĂšme, taxant les plus-values rĂ©alisĂ©es Ă  30% y compris lors des donations et successions, serait Ă  la fois plus solide constitutionnellement et moins pĂ©nalisant pour les entrepreneurs. Le paradoxe demeure : malgrĂ© une concentration croissante des richesses, les impĂŽts sur le patrimoine ne gĂ©nĂšrent pas de recettes substantielles.

NOTA BENE | Taxer les plus riches : Le débat qui revient

C'est la saison des comptes. Chaque été, le parlement vote l'approbation des comptes de l'année précédente, et le gouvernement prépare le budget pour l'année suivante. Cette année, l'exercice est particuliÚrement inconfortable. La Cour des comptes annonce que la dette publique a atteint 115 points de PIB, un niveau inédit qui dépasse le pic du Covid. En parallÚle, les besoins s'accumulent : la canicule remet en lumiÚre les baisses de financement du Fonds vert. L'affaire Lyhanna interroge les moyens du ministÚre de la Justice. Et la charge de la dette dépasse désormais le budget de l'éducation nationale. Une question revient inlassablement : faut-il augmenter encore les impÎts ? Et si oui, lesquels, et sur qui ?

Ce que la taxe Zucman a mis sur la table

L'économiste Gabriel Zucman a proposé un impÎt plancher de 2% sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d'euros. Son constat de départ : en France, le taux effectif d'imposition décroßt à partir du centile le plus riche. Les milliardaires paient proportionnellement moins d'impÎts que les classes moyennes, parce que leurs revenus sont logés dans des holdings qui échappent à l'impÎt sur le revenu. La "taxe Zucman", votée à l'Assemblée mais rejetée au Sénat, a été recyclée sous la forme d'une taxe sur certains actifs de holdings patrimoniales. Beaucoup plus restreinte, cette taxe ne rapporterait que 100 millions d'euros par an, alors que Zucman espérait récolter autour de 20 milliards. Un collectif d'économistes, mené par Philippe Aghion, avait formulé trois objections : Le rendement réel serait 4 fois inférieur une fois pris en compte l'optimisation et l'exil fiscal. Un tel impÎt, sans plafonnement par rapport aux revenus, ne serait pas conforme à la Constitution. Taxer le patrimoine à sa valeur de marché pénaliserait l'entrepreneuriat. Pour les start-ups en croissance, cette valorisation théorique ne correspond pas aux liquidités réellement disponibles pour s'acquitter de l'impÎt.

La proposition de l'OFCE : taxer le revenu plutĂŽt que le stock

Pour rĂ©pondre Ă  ces objections, Guillaume AllĂšgre et Xavier Timbeau, Ă©conomistes Ă  l'Observatoire français des conjonctures Ă©conomiques (OFCE), proposent une taxe sur le revenu Ă©conomique et certain (ils appellent ça le TRÉC). L'idĂ©e est de boucher les trous qui permettent aux plus riches de contourner l'impĂŽt sur le revenu. En France, le principal trou, c'est l'effacement des plus-values Ă  la transmission : quand un patrimoine est hĂ©ritĂ©, les plus-values accumulĂ©es depuis l'acquisition disparaissent fiscalement, et le nouvel hĂ©ritier repart de zĂ©ro. La TRÉC propose de taxer toutes les plus-values rĂ©alisĂ©es, y compris lors des donations et successions, Ă  30%. Elle ne touche pas aux valorisations spĂ©culatives tant que rien n'est vendu ou transmis. Ce systĂšme serait plus solide : Constitutionnellement : on taxe un revenu rĂ©alisĂ©, pas un stock dont la valorisation est incertaine. Économiquement : en taxant les transactions rĂ©elles plutĂŽt que la valorisation thĂ©orique, la TRÉC permet aux entrepreneurs de s'exposer pleinement au marchĂ© sans craindre d'ĂȘtre taxĂ©s sur une valeur virtuelle.

La question reste ouverte

La taxation du patrimoine soulÚve un paradoxe : La concentration des richesses progresse : les 10% les plus riches de l'UE détiennent désormais 60% du patrimoine total, une part en hausse continue depuis 1995. Malgré cette explosion de richesse, les impÎts sur le patrimoine ne génÚrent pas de recettes substantielles.

What's up EU
L'UE parviendra-t-elle à s'accorder sur un budget avant le prochain marathon électoral européen ?
L'Union europĂ©enne a entamĂ© les nĂ©gociations sur son cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034, avec une proposition de la Commission avoisinant 2 000 milliards d'euros. Les tensions sont vives entre contributeurs nets, qui jugent l'enveloppe trop Ă©levĂ©e, et le Parlement europĂ©en, qui rĂ©clame au contraire une hausse de 10 % et bloque les nĂ©gociations sectorielles. Un bras de fer s'engage Ă©galement autour du nouveau Fonds europĂ©en pour la compĂ©titivitĂ©, que 13 États membres du Sud et de l'Est soupçonnent de favoriser les grandes puissances industrielles française et allemande. La question du remboursement de la dette NextGenerationEU, qui reprĂ©sente 25 milliards d'euros par an Ă  partir de 2028, divise aussi profondĂ©ment les États, entre partisans d'un rééchelonnement et tenants de la rigueur budgĂ©taire. Ces multiples lignes de fracture laissent craindre un blocage prolongĂ© des nĂ©gociations, potentiellement jusqu'en 2027, dans un contexte de cycles Ă©lectoraux sensibles dans plusieurs États membres.

BRIEFING | Par Matthieu Benoist L'UE parviendra-t-elle Ă  s'accorder sur un budget avant le prochain marathon Ă©lectoral europĂ©en ? L'Union europĂ©enne a lancĂ© les nĂ©gociations sur son budget de long terme pour 2028-2034. Les divisions sur la taille de l'enveloppe, le remboursement de la dette et les nouvelles taxes menacent de paralyser Bruxelles Ă  l'approche d'un cycle Ă©lectoral pĂ©rilleux fin 2026 et en 2027 dans plusieurs États membres. Le prochain budget de long terme de l'Union europĂ©enne, le cadre financier pluriannuel (CFP), est entrĂ© dans sa phase politique, et les lignes de fracture sont tracĂ©es. Alors que la Commission europĂ©enne propose un paquet de prĂšs de 2 000 milliards d'euros (1 760 milliards d'euros en prix de 2025), le commissaire Valdis Dombrovskis a reconnu cette semaine que parvenir Ă  un accord ne sera pas facile. Une « no-go box » Le CFP fait intervenir : (i) la Commission, qui propose le projet de CFP ; (ii) les États membres rĂ©unis autour de la table du Conseil de l'UE, qui l'adoptent, mais Ă  l'unanimitĂ© seulement ; (iii) et le Parlement, qui doit donner son approbation au prĂ©alable, en approuvant ou en rejetant le CFP dans son ensemble, sans pouvoir l'amender. En pratique, l'ensemble du CFP est nĂ©gociĂ© et validĂ© politiquement au niveau du Conseil europĂ©en (chefs d'État et de gouvernement), compte tenu de son importance. Le traditionnel affrontement budgĂ©taire entre contributeurs nets et bĂ©nĂ©ficiaires nets a repris de plus belle. Chypre, qui assure actuellement la prĂ©sidence tournante du Conseil de l'UE, a tentĂ© un compromis ce mois-ci avec une proposition de « negobox » qui amputerait le budget CFP de 2 %. La tentative n'a pas fait long feu. Le Premier ministre suĂ©dois Ulf Kristersson a dĂ©clarĂ© que l'enveloppe budgĂ©taire proposĂ©e Ă©tait « tout simplement inacceptable », tandis que le ministre nĂ©erlandais des finances Eelco Heinen y a vu une « no-go box » qui finance « les prioritĂ©s d'hier » (trad.). Le chancelier allemand Friedrich Merz reste fermement opposĂ© au niveau de financement proposĂ©, excluant toute nouvelle dette commune ou taxe sur les entreprises. Pendant ce temps, le Parlement europĂ©en tire dans le sens inverse. Les eurodĂ©putĂ©s rĂ©clament une hausse de 10 % et bloquent les nĂ©gociations sur les textes sectoriels tant que les États membres ne se seront pas accordĂ©s sur les grands montants. Cela pourrait repousser les nĂ©gociations formelles jusqu'en 2027. Les eurodĂ©putĂ©s s'opposent aussi aux nouveaux plans de partenariat nationaux, un modĂšle de « financements contre rĂ©formes » qui, selon le Parlement, risque d'entraĂźner une renationalisation du budget europĂ©en et une perte de contrĂŽle dĂ©mocratique. La bataille de la compĂ©titivitĂ© Au cƓur du nouveau CFP se joue une lutte de pouvoir Ă  400 milliards d'euros autour de l'agenda d'innovation de l'UE. La Commission veut fusionner divers instruments dans un nouveau Fonds europĂ©en pour la compĂ©titivitĂ© (FEC), qui fonctionnerait aux cĂŽtĂ©s du programme de recherche Horizon Europe. La proposition de FEC se heurte toutefois Ă  une fronde de 13 États membres du Sud et de l'Est. Ces pays craignent que le fonds ne profite de maniĂšre disproportionnĂ©e aux gĂ©ants industriels français et allemands, et rĂ©clament une « dimension paneuropĂ©enne » pour garantir l'Ă©quitĂ© gĂ©ographique. La France, Ă  l'inverse, voit dans le FEC un outil essentiel pour soutenir des secteurs stratĂ©giques comme le nuclĂ©aire, l'IA et la dĂ©fense — tout en dĂ©fendant bec et ongles son allocation annuelle de 9,5 milliards d'euros au titre de la politique agricole commune (PAC). Reports de dette et menaces fiscales Trouver l'argent s'avĂšre aussi sujet Ă  dĂ©bat que le dĂ©penser. À partir de 2028, l'UE devra commencer Ă  rembourser les 25 milliards d'euros de coĂ»t annuel de sa dette post-Covid NextGenerationEU. Une coalition menĂ©e par la France, l'Italie et l'Espagne, avec le soutien du prĂ©sident du Conseil europĂ©en AntĂłnio Costa, plaide pour un rééchelonnement de la dette afin de dĂ©gager des marges budgĂ©taires pour la dĂ©fense et la compĂ©titivitĂ©. Le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, a mĂȘme Ă©voquĂ© l'idĂ©e d'un TrĂ©sor europĂ©en unique pour concurrencer le dollar amĂ©ricain. Les tenants de la rigueur budgĂ©taire s'opposent, naturellement, Ă  tout report du remboursement.

💰 Économie

Laurent - Cosmos Finance
La France interdit la publicité pour l'ultra fast-fashion
La France vient d'adopter dĂ©finitivement une loi contre l'ultra fast-fashion, ciblant des plateformes comme Shein, Temu ou AliExpress. Ces entreprises, caractĂ©risĂ©es par des volumes massifs de rĂ©fĂ©rences et des prix trĂšs bas, devront dĂ©sormais afficher des messages encourageant la sobriĂ©tĂ© et la rĂ©paration. Le texte prĂ©voit un durcissement financier progressif avec des pĂ©nalitĂ©s par produit allant jusqu'Ă  20 euros d'ici 2030, plafonnĂ©es Ă  50% du prix hors taxe. Les plateformes devront Ă©galement indiquer le lieu de production des vĂȘtements directement sur la page de vente. Enfin, les acteurs de l'ultra fast-fashion perdront le bĂ©nĂ©fice de la rĂ©duction d'impĂŽt de 60% accordĂ©e aux entreprises qui donnent leurs invendus Ă  des associations.

LA FRANCE INTERDIT LA PUBLICITÉ POUR L'ULTRA FAST-FASHION C'est un tournant pour l'industrie textile. AprĂšs plus de deux ans de parcours parlementaire, la loi contre l'ultra fast-fashion vient d'ĂȘtre dĂ©finitivement adoptĂ©e par le Parlement. La France veut s'attaquer au modĂšle Shein, Temu ou AliExpress, fondĂ© sur des prix trĂšs bas, des volumes gigantesques et un renouvellement permanent des collections. Le point clĂ©, c'est la dĂ©finition mĂȘme de cette "mode ultra-express". Le texte vise les entreprises qui mettent sur le marchĂ© un trĂšs grand nombre de rĂ©fĂ©rences neuves, tout en incitant peu Ă  la rĂ©paration ou Ă  la prolongation de la durĂ©e de vie des vĂȘtements. L'industrie textile reste l'un des secteurs les plus critiquĂ©s pour son impact environnemental : production massive, transport international, dĂ©chets, surconsommation, faible durĂ©e d'usage des vĂȘtements et pression sur les prix. La loi oblige d'abord les plateformes concernĂ©es Ă  afficher des messages encourageant la sobriĂ©tĂ©, le rĂ©emploi, la rĂ©paration, la rĂ©utilisation et le recyclage. Elles devront aussi informer les consommateurs sur l'impact social, environnemental et sanitaire des produits. Mais le texte va beaucoup plus loin avec un durcissement financier. Les marques les plus polluantes verront leur Ă©co-contribution augmenter, selon un nouveau critĂšre : l'incitation Ă  rĂ©parer. DĂšs 2026, la pĂ©nalitĂ© par produit pourra aller de 25 centimes Ă  12 euros par article. Puis elle augmentera progressivement jusqu'en 2030, pour atteindre entre 2 et 20 euros par produit, avec un plafond fixĂ© Ă  50% du prix hors taxe. Autre mesure importante : les plateformes devront afficher le lieu de production d'un vĂȘtement directement sur la page de vente, Ă  cĂŽtĂ© du prix. L'objectif est de donner plus de transparence au consommateur. Les acteurs de l'ultra fast-fashion perdront aussi le bĂ©nĂ©fice de la rĂ©duction d'impĂŽt de 60% accordĂ©e aux entreprises qui donnent leurs invendus Ă  des associations.

Laurent - Cosmos Finance
De plus en plus de conducteurs roulent sans assurance en France
En 2025, 5,8% des véhicules impliqués dans des accidents graves en France n'étaient pas assurés, contre 3,5% en 2018, une hausse significative selon le Fonds de garantie des victimes (FGAO). Ce fonds, qui indemnise les victimes de conducteurs non assurés, a versé plus de 132 millions d'euros en 2025, soit 25% de plus qu'en 2018, un coût indirectement supporté par l'ensemble des conducteurs assurés. Les contrÎles se sont renforcés grùce au fichier national des véhicules assurés, entraßnant une hausse de 10% des procÚs-verbaux pour défaut d'assurance. Le FGAO alerte également sur la forte progression des accidents impliquant des trottinettes électriques non assurées, alors que l'assurance est pourtant obligatoire pour ces engins. Dans les faits, les sommes versées aux victimes sont souvent impossibles à récupérer auprÚs des conducteurs responsables.

DE PLUS EN PLUS DE CONDUCTEURS ROULENT SANS ASSURANCE EN FRANCE En 2025, 5,8% des véhicules impliqués dans des accidents graves n'étaient pas assurés. Autrement dit : plus d'un véhicule sur vingt impliqué dans un accident sérieux circulait sans couverture. Le chiffre progresse fortement. En 2018, cette proportion était de 3,5%. La non-assurance routiÚre gagne donc du terrain, selon le Fonds de garantie des victimes. Le Fonds de garantie des victimes (FGAO) indemnise les victimes lorsqu'un conducteur n'est pas assuré ou prend la fuite. Mais cette solidarité a un coût, supporté indirectement par l'ensemble des conducteurs assurés. Quand un conducteur roule sans assurance, ce sont les assurés qui paient une partie de la facture. En 2025, le fonds a versé plus de 132 millions d'euros aux victimes blessées et aux proches de victimes décédées. C'est 7,3% de plus qu'en 2024, et 25% de plus qu'en 2018. La hausse des sanctions s'explique aussi par de meilleurs contrÎles. Les procÚs-verbaux pour défaut d'assurance ont bondi de 10% en un an, à prÚs de 268 000. Les forces de l'ordre disposent désormais d'outils plus efficaces, notamment le fichier national des véhicules assurés. Une fois les victimes indemnisées, le fonds se retourne ensuite contre les conducteurs non assurés pour tenter de récupérer les sommes. Mais dans les faits, ces montants sont souvent impossibles à rembourser pour les responsables. Autre alerte : les trottinettes électriques. Le FGAO observe une forte hausse des accidents impliquant des engins de déplacement personnel motorisés non assurés. Beaucoup d'utilisateurs l'ignorent, mais l'assurance est obligatoire pour une trottinette électrique, comme pour tout véhicule terrestre à moteur. Pourtant, une trottinette sur deux roulerait sans assurance.

Laurent - Cosmos Finance
EDF signe un contrat de 4 milliards de dollars Ă  Oman
EDF a signé un accord de 4 milliards de dollars avec le sultanat d'Oman pour le développement et l'exploitation d'une station de transfert d'énergie par pompage, une infrastructure clé pour stocker de l'électricité à grande échelle. Ce contrat représente un nouveau succÚs commercial majeur pour une entreprise française au Moyen-Orient. La station de pompage-turbinage permet de stocker de l'énergie en pompant de l'eau en hauteur lors des périodes de surplus, puis de la turbiner pour produire de l'électricité lors des pics de demande.

EDF SIGNE UN CONTRAT DE 4 MILLIARDS DE DOLLARS À OMAN Nouveau gros contrat pour une entreprise française au Moyen-Orient. EDF vient de signer un accord de 4 milliards de dollars, soit environ 3,5 milliards d'euros, avec le sultanat d'Oman. Le projet porte sur le dĂ©veloppement et l'exploitation d'une station de transfert d'Ă©nergie par pompage, une infrastructure clĂ© pour stocker de l'Ă©lectricitĂ© Ă  grande Ă©chelle. La signature a eu lieu Ă  l'occasion de la vis

Ludonomics
Dix ans aprÚs le Brexit : résilience sans renouveau
Dix ans aprĂšs le rĂ©fĂ©rendum, le bilan du Brexit est plus nuancĂ© que prĂ©vu, loin des scĂ©narios extrĂȘmes d'effondrement ou de renaissance. Le Royaume-Uni conserve des atouts solides dans les technologies, les services financiers et les Ă©nergies renouvelables, mais le Brexit a laissĂ© des cicatrices Ă©conomiques visibles : un PIB infĂ©rieur de 2 Ă  4% Ă  ce qu'il aurait pu ĂȘtre, des Ă©changes de biens avec l'UE en retrait d'environ 21%, et une prime de risque structurellement plus Ă©levĂ©e sur les actifs britanniques. Les rĂ©gions ayant votĂ© pour la sortie sont celles qui ont le plus dĂ©crochĂ©, et la croissance depuis 2021 repose majoritairement sur la main-d'Ɠuvre Ă©trangĂšre. Au-delĂ  du Brexit, des blocages internes freinent la croissance : urbanisme, logement, Ă©nergie, infrastructures et rĂ©forme du NHS. Des rĂ©formes budgĂ©taires, fiscales et une rĂ©intĂ©gration aux marchĂ©s europĂ©ens de l'Ă©nergie et du carbone sont identifiĂ©es comme leviers prioritaires pour redynamiser l'Ă©conomie britannique.

Dix ans aprĂšs le rĂ©fĂ©rendum, le bilan du Brexit se rĂ©vĂšle plus nuancĂ© que les pronostics, qui oscillaient entre effondrement et renaissance. Alors que le Royaume-Uni cherche son septiĂšme Premier ministre en une dĂ©cennie, les indicateurs dessinent un tableau contrastĂ©, mĂȘlant forces et faiblesses, dont certaines sans lien avec le Brexit. L'Ă©conomie britannique conserve de solides atouts dans l'Ă©conomie de la connaissance, les technologies et les Ă©nergies propres. Les exportations de TIC vers l'Union ont presque doublĂ© depuis le Brexit, et le pays demeure le deuxiĂšme exportateur mondial de services financiers (21% du marchĂ©). Premier pĂŽle europĂ©en de capital-risque, il a levĂ© prĂšs de 164 milliards de dollars entre 2020 et 2026. Londres concentre toujours prĂšs de 50% des dĂ©rivĂ©s de taux de grĂ© Ă  grĂ© et 38% des changes. L'Ă©olien a bondi de 130% depuis 2016, permettant une sortie rĂ©ussie du charbon en 2024. Le Brexit a nĂ©anmoins laissĂ© des cicatrices. Sans lui, le PIB aurait Ă©tĂ© supĂ©rieur de 2 Ă  4%. Les rĂ©gions pro-sortie ont dĂ©crochĂ© : 59% de leurs habitants ont vu l'Ă©cart se creuser face au revenu national moyen. Depuis 2021, la croissance repose surtout sur la main-d'Ɠuvre Ă©trangĂšre, Ă  l'origine de plus de la moitiĂ© de l'expansion. Les Ă©changes de biens avec l'Union, premier partenaire du pays, restent infĂ©rieurs d'environ 21% Ă  leur niveau attendu, sans que les nouveaux accords ne compensent. Les actifs britanniques se nĂ©gocient toujours avec une dĂ©cote. La crise du «mini-budget» de 2022 a rappelĂ© combien la crĂ©dibilitĂ© budgĂ©taire compte. Les investisseurs exigent dĂ©sormais une prime de risque structurellement plus Ă©levĂ©e ; les actions sous-performent leurs homologues amĂ©ricaines et europĂ©ennes. Sur les marchĂ©s privĂ©s, capital-investissement et capital-risque accusaient en 2025 un retard de 12 Ă  18% par rapport Ă  une trajectoire sans Brexit, dĂ©sormais cristallisĂ© en un coĂ»t du capital durablement plus Ă©levĂ©. Le capital-investissement rĂ©siste, mais surtout portĂ© par des capitaux amĂ©ricains, la compression des valorisations transformant les entreprises britanniques en cibles de retrait de la cote. Reste Ă  regarder au-delĂ  du Brexit. Performant en crĂ©ation d'entreprises, flexibilitĂ© du travail, enseignement supĂ©rieur et recherche, le pays voit sa croissance bridĂ©e par des goulets d'Ă©tranglement internes, rĂ©vĂ©lĂ©s mais non causĂ©s par le Brexit. Le gouvernement doit aller plus loin : rĂ©forme de l'urbanisme, investissement dans le logement, l'Ă©nergie et les infrastructures, soutien Ă  l'innovation et aux industries stratĂ©giques, rĂ©forme du NHS Ă©rigĂ©e en prioritĂ© Ă©conomique et diffusion technologique accĂ©lĂ©rĂ©e. Une refonte des rĂšgles budgĂ©taires, avec des rĂ©formes des retraites et de la fiscalitĂ© immobiliĂšre et un Ă©largissement de l'assiette de la TVA, rĂ©orienterait des ressources rares vers la rĂ©duction du dĂ©ficit et l'investissement, sans nĂ©gliger la dĂ©fense. Sur ce terrain, le pays n'a connu aucune vĂ©ritable inflexion de rĂ©armement aprĂšs 2022 : il vise 2,5% du PIB d'ici 2027 et 3,0% d'ici 2030, sans garantie, et ses coopĂ©rations, AUKUS, GCAP, partenariat SAFE, tiennent plus du catalogue d'engagements que des rĂ©alisations. Enfin, une rĂ©intĂ©gration aux marchĂ©s europĂ©ens de l'Ă©nergie et du carbone rĂ©duirait les frictions et stabiliserait des prix qui minent la compĂ©titivitĂ© industrielle.

Ludonomics
EnquĂȘte 2026 sur la rĂ©forme des retraites : tout le monde sait qu'une rĂ©forme est nĂ©cessaire, rares sont ceux qui s'attendent Ă  ce qu'elle advienne
Face au vieillissement accĂ©lĂ©rĂ© des populations et au dĂ©part Ă  la retraite des baby-boomers, une enquĂȘte menĂ©e auprĂšs de plus de 8 000 personnes dans huit pays (Autriche, France, Allemagne, Italie, Pologne, Espagne, Royaume-Uni et États-Unis) Ă©value la disposition des citoyens Ă  soutenir des rĂ©formes des systĂšmes de retraite. Si le consensus sur la nĂ©cessitĂ© de rĂ©former dĂ©passe 80% dans la plupart des pays, la confiance dans la rĂ©alisation effective de ces rĂ©formes est nettement plus faible. Elle varie de 36% en Italie et 42% en Allemagne Ă  63% en Pologne et 66% aux États-Unis. Ces rĂ©sultats sont particuliĂšrement pertinents en Allemagne, oĂč la Commission de rĂ©forme des retraites vient de remettre son rapport.

Avec le dĂ©part Ă  la retraite des baby-boomers et un vieillissement appelĂ© Ă  s'accĂ©lĂ©rer, rĂ©former les systĂšmes de retraite devient de plus en plus pressant. Notre enquĂȘte auprĂšs de plus de 8 000 personnes dans huit pays (Autriche, France, Allemagne, Italie, Pologne, Espagne, Royaume-Uni et États-Unis) examine leur disposition aux rĂ©formes et leur prĂ©paration Ă  une responsabilitĂ© accrue. Ces conclusions rĂ©sonnent particuliĂšrement en Allemagne, oĂč la Commission de rĂ©forme des retraites vient de remettre son rapport. Les citoyens reconnaissent la nĂ©cessitĂ© de rĂ©former, mais doutent que les rĂ©formes aboutissent. Le consensus dĂ©passe 80% dans la plupart des pays, mais la confiance dans leur mise en Ɠuvre est bien plus faible : de 36% en Italie et 42% en Allemagne Ă  63% en Pologne et 66% aux États-Unis.

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JérÎme Marin / Cafétech
La troublante volte-face américaine sur la régulation de l'IA
L'administration Trump, aprĂšs avoir abrogĂ© les rĂšgles de sĂ©curitĂ© imposĂ©es aux entreprises d'IA dĂšs janvier 2025, opĂšre un revirement spectaculaire en s'arrogeant le pouvoir de contrĂŽler l'accĂšs aux modĂšles les plus avancĂ©s. Washington a ainsi interdit aux ressortissants Ă©trangers d'utiliser le modĂšle Mythos 5 d'Anthropic et contraint OpenAI Ă  restreindre le dĂ©ploiement de GPT-5.6 Ă  une vingtaine de 'partenaires de confiance' approuvĂ©s par le gouvernement, au nom de la sĂ©curitĂ© nationale. Ces dĂ©cisions ne reposent sur aucun cadre lĂ©gal Ă©tabli, mais sur des critĂšres opaques et potentiellement arbitraires, ce qui les rend encore plus imprĂ©visibles qu'une rĂ©glementation classique. C'est une ironie du sort pour les acteurs du secteur qui avaient pourtant tout fait pour s'opposer Ă  toute forme d'encadrement, aussi bien en Europe qu'aux États-Unis. La situation illustre comment l'absence de rĂšgles claires peut s'avĂ©rer bien plus dommageable pour les entreprises que la rĂ©glementation elle-mĂȘme, au moins prĂ©visible.

Interdiction d'exportation et dĂ©ploiement restreint: la troublante volte-face amĂ©ricaine sur la rĂ©gulation de l'IA L'idĂ©e semble pour le moins saugrenue. Dans un courrier adressĂ© Ă  Bruxelles, le ministre autrichien du numĂ©rique suggĂšre d'Ă©tudier "l'Ă©tablissement stratĂ©gique" d'Anthropic en Europe, en lui offrant "une sĂ©curitĂ© juridique, un accĂšs au marchĂ©, des capitaux et un ensemble de valeurs qui [lui] correspondent". À dĂ©faut d'ĂȘtre rĂ©aliste, cette proposition illustre un basculement majeur dans la rĂ©gulation de l'intelligence artificielle gĂ©nĂ©rative: longtemps opposĂ© Ă  toute intervention, l'administration Trump s'arroge dĂ©sormais le pouvoir de dĂ©cider qui peut accĂ©der aux modĂšles les plus avancĂ©s. "Partenaires de confiance" Cette nouvelle ligne a commencĂ© Ă  se matĂ©rialiser mi-juin, quand Washington a interdit aux ressortissants Ă©trangers d'utiliser le modĂšle Mythos 5 d'Anthropic et sa dĂ©clinaison grand public Fable 5, tous deux dĂ©sactivĂ©s dans la foulĂ©e par la start-up, qui s'est dite techniquement incapable de se conformer Ă  cette injonction. Elle s'est encore durcie vendredi, lorsqu'OpenAI a Ă©tĂ© contraint de limiter le dĂ©ploiement de son dernier modĂšle, GPT-5.6, Ă  une vingtaine de "partenaires de confiance", trĂšs probablement tous amĂ©ricains, dont la liste a Ă©tĂ© approuvĂ©e par le gouvernement. Dans les deux cas, des raisons de sĂ©curitĂ© sont avancĂ©es: ces modĂšles pourraient ĂȘtre utilisĂ©s par des acteurs malveillants pour dĂ©tecter et exploiter des failles informatiques jusque-lĂ  inconnues dans des logiciels. Des dangers que les deux entreprises minimisent. Anthropic assure avoir mis en place des garde-fous dans la version grand public de Mythos, estimant que les risques sont "comparables" Ă  ceux des autres modĂšles disponibles sur le marchĂ©. OpenAI, de son cĂŽtĂ©, affirme que GPT-5.6 ne peut pas "mener de maniĂšre autonome des attaques complĂštes, de bout en bout". Volte-face Ces deux Ă©pisodes sont l'aboutissement d'une volte-face de Donald Trump. DĂšs son retour au pouvoir en janvier 2025, le prĂ©sident amĂ©ricain a notamment abrogĂ© un dĂ©cret signĂ© deux ans plus tĂŽt, qui imposait aux entreprises du secteur de mener des tests de sĂ©curitĂ© pour les nouveaux modĂšles et de partager les rĂ©sultats avec l'administration. Il a Ă©galement assoupli les contraintes environnementales pour la construction de data centers. Des initiatives saluĂ©es par les dirigeants de la Silicon Valley, qui se pressent alors Ă  la Maison-Blanche pour se prosterner devant son nouveau locataire. Ces derniers mois, le ton a commencĂ© Ă  changer. Peut-ĂȘtre aprĂšs le conflit avec Anthropic sur l'utilisation de ses modĂšles par le Pentagone. Ou alors en raison des inquiĂ©tudes croissantes d'une partie de l'opinion publique, y compris dans le camp rĂ©publicain, face Ă  la montĂ©e en puissance de l'IA. En juin, Donald Trump a ainsi signĂ© un dĂ©cret instaurant un examen de 30 jours par les autoritĂ©s des modĂšles les plus avancĂ©s avant leur lancement, mais seulement sur la base du volontariat. Un texte dont la version finale a Ă©tĂ© Ă©dulcorĂ©e Ă  la suite du lobbying de plusieurs entreprises. Pire que la rĂ©glementation La situation actuelle apparaĂźt plus problĂ©matique que toute rĂ©gulation. Elle montre que le gouvernement peut, au nom de la sĂ©curitĂ© nationale, non seulement interdire l'exportation de certains modĂšles, mais aussi dĂ©cider quelles organisations ou entreprises nationales sont autorisĂ©es Ă  les utiliser. Surtout, ces dĂ©cisions ne reposent sur aucun cadre lĂ©gal clairement Ă©tabli, mais sur des critĂšres opaques, potentiellement arbitraires et susceptibles d'Ă©voluer au grĂ© de l'opinion publique, des humeurs des responsables politiques ou de leurs relations avec les entreprises d'IA et leurs clients. Une ironie du sort pour les principaux acteurs du secteur, qui n'ont cessĂ© depuis trois ans de s'opposer, Ă  l'exception notable d'Anthropic, Ă  tous les projets d'encadrement de l'IA. Aussi bien en Europe, oĂč ils ont fini par obtenir un assouplissement de l'AI Act, qu'aux États-Unis, oĂč ils ont fait Ă©chouer quasiment tous les textes prĂ©sentĂ©s au niveau local. Les incertitudes liĂ©es Ă  la nouvelle doctrine amĂ©ricaine sont en effet bien plus dommageables que la rĂ©glementation elle-mĂȘme, qui, certes, gĂ©nĂšre des procĂ©dures administratives et des coĂ»ts de mise en conformitĂ©, mais reste au moins prĂ©visible.

JérÎme Marin / Cafétech
Pourquoi OpenAI envisage de repousser son introduction en Bourse
OpenAI pencherait pour un report de son introduction en Bourse à 2027, faute de pouvoir atteindre la valorisation de 1.000 milliards de dollars espérée par Sam Altman. Pourtant, le patron d'OpenAI avait cherché à accélérer le calendrier pour devancer Anthropic, qui pourrait entrer à Wall Street dÚs la rentrée. Les banques d'affaires mandatées ont récemment alerté sur un enthousiasme moins marqué qu'attendu de la part des investisseurs particuliers, notamment en raison des contre-performances boursiÚres de SpaceX aprÚs son introduction. La réalité économique de l'entreprise pÚse également dans la balance : des pertes toujours abyssales et une position concurrentielle fragilisée face à Anthropic et aux modÚles open source chinois en pleine montée en puissance. Un éventuel report donnerait à OpenAI davantage de temps pour démontrer la viabilité de son modÚle économique, notamment via les outils de génération de code et les plateformes d'agents d'IA autonomes.

Pourquoi OpenAI envisage de repousser son introduction en Bourse 1.000 milliards de dollars ou rien. Selon le New York Times, OpenAI penche pour un report de son introduction en Bourse Ă  2027, faute de pouvoir obtenir la valorisation espĂ©rĂ©e par Sam Altman. Le patron du concepteur de ChatGPT avait pourtant poussĂ© ces derniers mois pour accĂ©lĂ©rer le calendrier, notamment afin de prendre de vitesse son grand rival Anthropic, qui pourrait faire son entrĂ©e Ă  Wall Street dĂšs la rentrĂ©e. Mais ses ambitions risquent de se heurter Ă  la rĂ©alitĂ© Ă©conomique de l'entreprise: des pertes toujours abyssales et une position concurrentielle fragilisĂ©e. Un Ă©ventuel report offrirait davantage de temps Ă  OpenAI pour dĂ©montrer la viabilitĂ© de son modĂšle Ă©conomique, mis sous pression par des coĂ»ts d'infrastructure colossaux. Mais aussi pour prouver sa capacitĂ© Ă  tirer profit des Ă©volutions du marchĂ©, en particulier des outils de gĂ©nĂ©ration de code et des plateformes d'agents d'IA autonomes, Ă  la fois face aux gains commerciaux d'Anthropic et Ă  la montĂ©e en puissance des modĂšles open source chinois, dont la popularitĂ© progresse Ă  mesure que les usages s'envolent et que la facture s'alourdit pour les entreprises clientes. Faible enthousiasme des investisseurs OpenAI a dĂ©posĂ© confidentiellement son dossier d'introduction auprĂšs des autoritĂ©s boursiĂšres amĂ©ricaines dĂ©but juin, une Ă©tape qui ouvrait la voie Ă  une opĂ©ration dĂšs septembre. Certains dirigeants espĂ©raient alors devancer Anthropic afin de capter en premier l'appĂ©tit des investisseurs de Wall Street pour les groupes d'intelligence artificielle gĂ©nĂ©rative. À l'inverse, la directrice financiĂšre, Sarah Friar, militait pour mener l'opĂ©ration en 2027, rapportait en mai le Wall Street Journal, estimant que le groupe n'Ă©tait pas prĂȘt aprĂšs avoir manquĂ© plusieurs objectifs en dĂ©but d'annĂ©e. Selon le New York Times, les banques d'affaires mandatĂ©es par OpenAI l'ont rĂ©cemment averti d'un enthousiasme moins marquĂ© qu'espĂ©rĂ© des investisseurs particuliers pour son entrĂ©e en Bourse, notamment en raison des performances boursiĂšres de SpaceX, dont l'action a chutĂ© d'un tiers aprĂšs l'euphorie des premiĂšres sĂ©ances.

QANT: Révolution cognitive et Avenir du numérique, par Jean Rognetta & Maurice de Rambuteau
GPT-5.6 et le nouveau régime de licences IA imposé par Washington
L'administration Trump a imposé à OpenAI un régime d'autorisation préalable pour l'accÚs à son nouveau modÚle GPT-5.6, aprÚs avoir déjà contraint Anthropic à restreindre l'accÚs de ses modÚles aux non-Américains. La justification officielle repose sur la dangerosité potentielle de ces modÚles, capables de détecter des failles informatiques, s'ils tombaient entre des mains chinoises, russes ou nord-coréennes. Cependant, cette logique est immédiatement fragilisée par la sortie du modÚle chinois open source GLM-5.2 de Z.ai, qui semble égaler les capacités du modÚle d'Anthropic en détection de failles et que n'importe qui peut télécharger librement. Des cabinets de cybersécurité alertent sur une possible vague de cyberattaques sans précédent, une 'bugalypse' jugée bien plus imminente que la menace quantique sur le chiffrement.

On y prend vite goĂ»t. AprĂšs avoir imposĂ© Ă  Anthropic de ne pas laisser des citoyens non amĂ©ricains accĂ©der Ă  ses modĂšles de pointe, l'administration Trump a imposĂ© vendredi Ă  OpenAI un rĂ©gime encore plus restrictif. À elle d'approuver, au cas par cas, les clients qui ont accĂšs au nouveau modĂšle de pointe, GPT-5.6 . OpenAI prĂ©sente ce rĂ©gime d'autorisation prĂ©alable comme transitoire, le temps de bĂątir avec l'administration un cadre stable. La capacitĂ© des nouveaux modĂšles Ă  dĂ©tecter des failles dans le code informatique les rendrait, explique-t-on, particuliĂšrement dangereux s'ils venaient Ă  tomber dans des mains chinoises, russes ou nord-corĂ©ennes. Il convient, en consĂ©quence, d'installer un rĂ©gime de licences entiĂšrement rĂ©gi par Washington, sanctionnant l'Ă©chec des efforts pour crĂ©er une rĂ©glementation internationale aux sommets de Bletchley Park, SĂ©oul, Paris et New Delhi. Cette raison semi-officielle, toutefois, s'est vue aussitĂŽt vidĂ©e de son sens par les performances de la chinoise Z (ex-Zhipu). Son dernier modĂšle, GLM-5.2, semble Ă©galer Mythos d'Anthropic sur la dĂ©tection de failles, mais il est open source et open weights : n'importe qui peut le tĂ©lĂ©charger et le faire Ă©voluer Ă  sa guise. Si les analyses de deux cabinets de cybersĂ©curitĂ©, Graphistry et Semgrep , se confirment, on peut donc raisonnablement s'attendre Ă  une vague de cyberattaques sans prĂ©cĂ©dent, sans que Washington ni qui que ce soit ne puisse l'Ă©viter. MĂȘme si le cri d'alarme se rĂ©vĂšle infondĂ©, ou peut-ĂȘtre manipulĂ©, il semble inĂ©vitable que tĂŽt ou tard des hackers, Ă©tatiques ou mafieux, transforment des modĂšles open weights en instruments d'attaque surpuissants. Cette « bugalypse » semble bien plus proche que le percement des algorithmes de chiffrement par l'informatique quantique.

QANT: Révolution cognitive et Avenir du numérique, par Jean Rognetta & Maurice de Rambuteau
Le protectionnisme américain dans l'IA risque d'accélérer le basculement vers la Chine
Plusieurs analystes, dont Zvi Mowshowitz, estiment que la Maison-Blanche cherche avant tout Ă  dĂ©signer les gagnants et perdants de la course Ă  l'IA, favorisant OpenAI au dĂ©triment d'Anthropic, jugĂ©e trop liĂ©e aux milieux progressistes. Si les modĂšles chinois rattrapent effectivement les AmĂ©ricains, le protectionnisme amĂ©ricain se retournera contre lui-mĂȘme en poussant la demande mondiale vers la Chine. Les futures gigafactories europĂ©ennes, privĂ©es des modĂšles amĂ©ricains de pointe, n'auraient alors d'autre choix que de proposer des modĂšles chinois aux cĂŽtĂ©s des europĂ©ens comme Mistral ou H. Cette politique rĂ©duit le marchĂ© potentiel des leaders amĂ©ricains, mine leur capacitĂ© de financement et compromet leur maintien en tĂȘte, comme en tĂ©moigne le possible report de l'IPO d'OpenAI faute d'atteindre les mille milliards de valorisation. Google, dernier grand acteur Ă  ne pas ĂȘtre directement concernĂ© par ces restrictions, accuse lui aussi un retard sur la disponibilitĂ© annoncĂ©e de Gemini 3.5 Pro.

Plusieurs analystes, et notamment Zvi Mowshowitz , voient surtout Ă  l'Ɠuvre la volontĂ© de la Maison-Blanche de dĂ©signer les futurs gagnants et perdants de la course Ă  l'IA. Anthropic, en froid avec l'administration sur l'IA militaire et marquĂ©e par ses liens avec des fondations progressistes – Trump l'a qualifiĂ©e en fĂ©vrier d' « entreprise gauchiste woke » et ses dirigeants de « tarĂ©s gauchistes »–, reste plus suspecte qu'OpenAI, dont le prĂ©sident Greg Brockman a financĂ© un comitĂ© pro-Trump et qui a soutenu publiquement l'approche de l'administration. Quoi qu'il en soit, si l'avance des grands laboratoires amĂ©ricains est vĂ©ritablement en train de se rĂ©duire, et que les modĂšles chinois les talonnent de vraiment prĂšs, le protectionnisme amĂ©ricain se rĂ©vĂ©lera contreproductif. Il organisera le basculement de la demande mondiale vers la Chine, Ă  l'instigation de l'AmĂ©rique elle-mĂȘme. PrivĂ©es des modĂšles de pointe amĂ©ricains, le futures gigafactories europĂ©ennes ne pourront que proposer les modĂšles chinois en complĂ©ment de leurs homologues europĂ©ens, Mistral, H, Ami, etc. La nouvelle politique de Washington rĂ©duit le marchĂ© potentiel des leaders amĂ©ricains. Ce faisant, elle mine leur capacitĂ© Ă  se financer et, donc, Ă  se maintenir en tĂȘte de la course. Les informations du New York Times, sur un possible report de l'IPO d'OpenAI Ă  l'an prochain, faute de pouvoir atteindre la barre des mille milliards de dollars de valorisation, vont dans le mĂȘme sens. Une introduction en Bourse d'Anthropic, soumise au couperet arbitraire de la Maison-Blanche, semble improbable avant que le rĂ©gime de Washington ne change. Le champion des valeurs trumpiennes dans l'IA, SpaceX (xAI), semble ĂȘtre en train de pivoter vers les data centers (et plutĂŽt dans le Tennessee qu'en orbite). Reste Google. Le groupe avait annoncĂ© en mai la disponibilitĂ© « courant juin » de Gemini 3.5 Pro, que son immense fenĂȘtre de contexte – 2 millions de tokens – devrait rendre particuliĂšrement puissant. Il reste deux jours, aprĂšs quoi le retard deviendrait criant.