🔍 Décryptage : Albanie, les manifestations continuent
Les faits 🇦🇱 L'Albanie, ce pays des Balkans situé dans le sud-est de l'Europe, connaît depuis plusieurs semaines une importante vague de contestation. Ce samedi à Tirana, la capitale, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans ce qui constitue la plus grande mobilisation depuis le début du mouvement le 31 mai dernier, comme le souligne Euronews.
À l'origine de la colère : un vaste projet immobilier porté par Jared Kushner et Ivanka Trump, le gendre et la fille du président américain Donald Trump. Il y a 2 ans, leur société a obtenu l'autorisation du gouvernement albanais pour développer 2 complexes touristiques de luxe dans le sud-ouest du pays : l'un sur l'île de Sazan, l'autre sur le littoral de Zvërnec-Nartë.
✊ Les opposants dénoncent avant tout le manque de transparence entourant ces projets puisque peu d'informations ont été rendues publiques concernant les constructions prévues. Le mois dernier, Ivanka Trump expliquait dans un podcast que le projet comprendrait des hôtels et des resorts pour un investissement estimé à plusieurs milliards d'€. Mais ces aménagements doivent être réalisés à proximité d'une zone naturelle protégée abritant de nombreuses espèces d'oiseaux migrateurs, dont des flamants roses. Plusieurs associations environnementales craignent donc des conséquences irréversibles sur cet écosystème fragile.
📑 Les inquiétudes sont renforcées par une réforme votée en 2024 par le Parlement albanais. Cette modification de la législation autorise désormais plus facilement la construction d'infrastructures touristiques dans certaines zones protégées, ouvrant la voie à des projets comme celui de la famille Trump, comme le souligne CNN.
Et maintenant ? 🦺 La contestation a véritablement pris de l'ampleur le mois dernier lorsque des engins de chantier ont commencé à intervenir sur le site. L'installation de clôtures barbelées sur certaines plages a également provoqué la colère des habitants et des défenseurs de l'environnement. Aujourd'hui, les manifestants dénoncent non seulement les risques écologiques, mais aussi ce qu'ils considèrent com
Lundi 29 juin à 18 h 30, The Conversation France vous donne rendez-vous pour une nouvelle édition de La Grande Conversation, autour de la question : Comment vit-on en Russie et en Ukraine, quatre ans après le début de la guerre ? La guerre a profondément bouleversé les sociétés ukrainienne et russe. Comment vit-on, côté ukrainien, quand une partie considérable de son pays a été envahie et même annexée, quand des millions de personnes ont fui leur foyer pour se réfugier à l'étranger, quand pratiquement la totalité des hommes effectuent des rotations régulières sur le front, quand les bombardements sont quotidiens et les informations sur les exactions commises par les troupes ennemies font dresser les cheveux sur la tête ? Et côté russe, comment s'adapte-t-on au durcissement toujours plus sensible du régime, à un nationalisme toujours plus envahissant et aux coûts humain, économique et symbolique d'une guerre que le régime présente comme existentielle ? Pour répondre à ces questions, j'aurai le plaisir de recevoir Anna Colin Lebedev, spécialiste des sociétés civiles russe et ukrainienne et maîtresse de conférences à l'Université Paris-Nanterre. Elle répondra à vos questions en direct lors de cette rencontre et partagera avec nous son expertise sur ces deux sociétés profondément transformées par la guerre. Durée : 1 heure
La Chine, épicentre industriel et scientifique de l'énergie solaire
Il n'y a pas si longtemps, la Chine était vue comme l'« usine du monde », le pays où les industries européennes étaient délocalisées. Petit à petit, son statut change. Un des secteurs emblématiques est celui de l'énergie solaire photovoltaïque, où l'étape du rattrapage industriel est révolue. Aujourd'hui, la Chine est aussi une usine à innovations.
Vous perdez vos mots ? C'est tout Ă fait normal !
« Comment ça s'appelle déjà ? » Le mot est là . On le sent à notre portée, presque accessible, « sur le bout de la langue », mais impossible de le prononcer immédiatement. Alors on contourne, on reformule, on attend quelques secondes. Puis, souvent, le mot revient. Ce phénomène, très courant à partir du milieu de la vie, est généralement perçu comme un signe inquiétant du vieillissement. Pourtant, nos recherches en neurosciences cognitives racontent une histoire bien plus nuancée, et surtout bien moins pessimiste.
Les baleines ont‑elles l'oreille musicale ?
De nombreux cas d'interactions entre humains et cétacés à travers la musique ont été observés. Des navigateurs en ont filmé, des artistes ont même proposé des performances musicales à destination des baleines. Mais savons-nous, scientifiquement, si ces mammifères réagissent spécifiquement à la musique et s'ils peuvent la différencier de tous les bruits anthropiques ?
Ces scientifiques qui autopsient les cétacés échoués sur nos côtes
Ils sont 500 hommes et femmes répartis un peu partout sur les côtes françaises. Tout au long de l'année, on les appelle lorsqu'un mammifère marin échoue sur une plage, que ce soit un phoque ou bien un cachalot, en passant par des dauphins et même des lamantins ou des éléphants de mer en outre-mer. On vous raconte ce travail particulier, ses défis logistiques comme ses évolutions, depuis les années 1970 jusqu'au récent échouage d'un rorqual boréal à l'île de Ré.
Un cimetière de baleines vieux de 5,3 millions d'années découvert au fond de l'océan Indien
Dans le sud-est de l'océan Indien, une équipe de chercheurs a découvert un vaste cimetière de baleines, vieux de plus de 5 millions d'années. Avec près de 500 fossiles recensés, il constitue l'un des plus importants sites de ce type jamais identifiés dans les grands fonds.
Climatisation : quelles alternatives au quotidien, quelles recherches pour le futur ?
Dans un contexte de réchauffement climatique accéléré, la climatisation apparaît comme une réponse évidente à la multiplication des épisodes de chaleur extrême. Pourtant, généraliser la climatisation dite « de confort » – c'est-à -dire en dehors des cas de besoin médical ou professionnel strict – n'est ni pertinente d'un point de vue environnemental, ni tenable sur les plans économique et social. Rafraîchir nos intérieurs à coups de kilowatt-heures, c'est souvent aggraver la chaleur à l'extérieur du local ou du bâtiment climatisé, et creuser encore davantage les inégalités entre ceux qui peuvent se payer la fraîcheur et les autres.
Pendant que le pays cuit, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon se sont trouvé un nouveau ring : la climatisation. Elle veut un plan clim massif pour protéger les Français de la chaleur, lui veut carrément la proscrire au motif qu'elle aggrave le mal et que sa rivale "n'y connaît rien". Les débats s'enflamment à mesure que le mercure grimpe, laissent peu de place aux mesures systémiques qu'il faudrait envisager pour faire face à une France à +4° (pour vous donner une idée, le réchauffement avait déjà atteint +1,37% en 2025 ). Au-delà du match RN-LFI, les experts sont unanimes : le refroidissement est un désormais un enjeu économique et sanitaire. Mais ça ne signifie pas pour autant qu'il faille faire de la clim l'alpha et l'oméga de la lutte contre la chaleur.. Pour tout comprendre aux vrais enjeux de la clim, lisez l'enquête ultra documentée de BonPote . Et non malheureusement, la clim française n'est pas neutre pour le climat sous prétexte d'électricité décarbonée , en tous cas pas en ce moment.
En direct from Versailles, Donald Trump a signé avec l'Iran un accord en 14 points qui rouvre le détroit d'Ormuz et prolonge le cessez-le-feu de 60 jours. Les Bourses ont aussitôt sabré le champagne, un peu vite selon Ludovic Subran : l'économie réelle va d'abord devoir ramasser les morceaux. Rouvrir le détroit prendra des mois, l'inflation culminera à 3,1 % fin 2026 et les salaires n'y survivront pas avant 2027. Ce choc laisse l'Europe profondément balafrée. Les États-Unis encaissent le coup grâce à leurs gros muscles : ils sont exportateurs nets d'énergie, allègent les impôts et se dopent aux investissements dans l'IA. L'Europe, elle, avance sans airbag. Ses ménages subissent des taux variables et un pouvoir d'achat comprimé, tandis que ses entreprises font face à un vide de la demande. Côté géopolitique, Footnotes confirme la pirouette : à l'approche d'élections compliquées, Trump vient de s'acheter une paix précoce qui acte la capitulation diplomatique de Washington. En position de force, Téhéran fige le statu quo nucléaire sans aucune inspection, obtient la levée totale de l'embargo pétrolier et s'offre un plan de développement de 300 milliards de dollars en partie financé par ses propres voisins du Golfe . Les Américains évacuent le détroit d'Hormuz, abandonnant les clés du trafic maritime mondial à l'Iran malgré un calendrier de déminage non arbitré qui paralysera la reprise. A Versailles cette fois, c'est le vainqueur qui repart les poches vides, pile pour son anniversaire (enfin presque, les Iraniens ont attendu minuit passé pour passer l'accord, histoire de ne pas lui faire de cadeau ).
Après une ruée spectaculaire ces dernières années, l'or vient de repasser sous le seuil symbolique des 4 000 dollars l'once, une première depuis novembre. Et surtout, le métal précieux a désormais perdu plus de 28% depuis son record historique de janvier, proche de 5 600 dollars. Le point clé, c'est le retour en force du dollar et des taux américains. Quand les taux montent, les obligations du Trésor deviennent plus attractives. Les investisseurs peuvent alors placer leur argent dans des actifs qui rapportent un rendement, contrairement à l'or, qui ne verse ni intérêt ni dividende. L'or est une valeur refuge, mais pas un actif rémunérateur. Lorsque les rendements réels augmentent, son coût d'opportunité grimpe. Détenir de l'or devient moins intéressant face à des obligations américaines mieux rémunérées. Le ton très restrictif de Kevin Warsh, le nouveau président de la Réserve fédérale, laisse entendre que la lutte contre l'inflation pourrait rester prioritaire, avec des taux durablement élevés. Le paradoxe, c'est que l'or avait été l'un des grands gagnants des trois dernières années. Son prix avait plus que doublé, porté par les achats massifs des banques centrales, des fonds d'investissement et des épargnants inquiets face aux tensions géopolitiques, à l'inflation et à la fragmentation du monde. Mais la tendance de fond n'est pas complètement remise en cause. Les banques centrales restent des acheteurs majeurs. Leurs achats ont accéléré au premier trimestre et atteignent leur plus haut niveau depuis plus d'un an. Selon une enquête du World Gold Council, 45% des 74 banques centrales interrogées prévoient d'augmenter leurs réserves d'or au cours des douze prochains mois. C'est même le niveau le plus élevé depuis le lancement de ce sondage en 2018.
En Allemagne, une commission très attendue recommande de repousser progressivement l'âge légal de départ au-delà de 67 ans. Aujourd'hui, l'âge légal allemand est fixé à 66 ans et doit déjà atteindre 67 ans en 2031. Mais la commission propose d'aller plus loin, en indexant ensuite cet âge sur l'évolution de l'espérance de vie. Selon les projections actuelles, l'âge légal pourrait augmenter d'environ six mois entre 2031 et 2041, avant de continuer à être ajusté dans les décennies suivantes. Le système de retraite allemand est confronté au même problème que beaucoup de pays européens : moins d'actifs, plus de retraités, et une population qui vieillit rapidement. Le parallèle avec la France est évident. Le Conseil d'orientation des retraites estime que, si l'on ne jouait que sur l'âge pour équilibrer le système, l'âge moyen de départ devrait atteindre 67,6 ans en 2070, soit environ 3 ans de plus que le niveau actuellement anticipé. En France, le déficit des retraites est désormais projeté à 2,4% du PIB en 2070, contre 1,4% dans le rapport précédent. À moyen terme, les projections restent moins alarmantes, mais la tendance de long terme se dégrade. L'Allemagne veut aussi supprimer la retraite anticipée sans décote après 45 années de cotisation, aujourd'hui possible à partir de 64 ans. Un point très sensible, car il touche directement ceux qui ont commencé à travailler tôt. La commission allemande propose toutefois de ne pas raisonner uniquement en années de cotisation. Elle veut aussi faciliter l'accès à une pension pour les personnes qui ne peuvent réellement plus travailler, après examen médical. Autre proposition majeure : introduire une part de capitalisation dans le système. La commission recommande un taux de cotisation supplémentaire de 2% du revenu, financé pour moitié par les salariés et pour moitié par les employeurs. Le chancelier Friedrich Merz pousse pour une mise en œuvre rapide, estimant que ces mesures permettraient de sécuriser les retraites et de répartir les charges entre les générations. Mais la contestation est déjà forte. Les syndicats dénoncent une réforme qui risque d'exclure de plus en plus de travailleurs du droit réel à la retraite, surtout ceux qui occupent des métiers pénibles.
Comment l'IA générative a propulsé SK Hynix aux sommets Il y a tout juste trois ans, SK Hynix enregistrait la plus lourde perte de son histoire. Le géant des puces mémoire vient pourtant (brièvement) de détrôner Samsung pour devenir la première capitalisation boursière sud-coréenne, mettant fin à vingt-six ans de règne sans partage de son rival. Une ascension spectaculaire qu'il entend désormais mettre à profit. Mercredi, il a confirmé son projet de double cotation au Nasdaq à partir du 10 juillet. L'opération pourrait lui permettre de lever plus de 29 milliards de dollars, un montant inédit destiné à financer la construction de nouvelles usines. Profits multipliés par cinq Entre ses pertes record et son arrivée probablement triomphale à Wall Street, un événement a rebattu les cartes: l'essor fulgurant de l'intelligence artificielle générative. Celui-ci se traduit à la fois par un bond de la demande, en particulier pour les mémoires à large bande passante (HBM), et par une envolée sans précédent des prix. Déjà significative, la dynamique du marché s'accélère à un rythme spectaculaire. Selon les prévisions des analystes, le chiffre d'affaires de SK Hynix pourrait tripler cette année, tandis que ses profits pourraient être multipliés par plus de cinq. L'histoire de SK Hynix est marquée par une succession de soubresauts et d'opérations capitalistiques. Fondée en 1983 sous le nom Hyundai Electronics, l'entreprise se spécialise d'abord dans les composants pour l'automobile. En pleine crise financière, elle fusionne en 1998 avec la branche semi-conducteurs de LG. Avant de frôler la faillite trois ans plus tard. Criblée de dettes, elle passe alors tout près d'une reprise par l'américain Micron. Entre temps devenue indépendante et rebaptisée Hynix, elle est finalement rachetée en 2011 par l'opérateur SK Telecom pour 3 milliards de dollars. Pari gagnant À peine quinze ans plus tard, SK Hynix pèse désormais près de 1.200 milliards en Bourse, neuf fois plus qu'il y a un an. Le groupe capitalise sur un pari engagé en 2013: le développement, avec le fabricant américain de processeurs AMD, d'un nouveau type de mémoires. Basées sur une architecture radicalement différente, les puces HBM offrent une bande passante nettement supérieure, permettant d'accélérer les vitesses de traitement tout en réduisant la consommation d'énergie. Elles sont aujourd'hui devenues indispensables à l'entraînement comme à l'inférence des modèles d'IA. Depuis 2023, le marché a été multiplié par plus de dix, selon des estimations de Bank of America. Il devrait encore croître de 58% cette année, pour atteindre 55 milliards de dollars. Seuls deux autres acteurs produisent des puces HBM: Samsung et Micron. Si ses concurrents ont en partie comblé leur retard technologique, SK Hynix conserve son avance. Selon le cabinet Counterpoint, sa part de marché s'élevait à 58% au deuxième trimestre. Et les analystes estiment que la société devrait fournir 60% à 70% des mémoires HBM4 qui seront couplées aux prochaines cartes graphiques Rubin de Nvidia. Les prix vont s'envoler en 2027 Les infrastructures d'IA requièrent d'autres catégories de mémoires, comme les LPDDR5X associées aux CPU, devenus de plus en plus stratégiques. Les besoins ne cessent de croître à mesure que la puissance de calcul augmente, tout comme les prix. Selon Morgan Stanley, le prochain supercalculateur de Nvidia, qui regroupera 72 GPU et 36 CPU, intégrera ainsi pour deux millions de dollars de mémoire, cinq fois plus que son prédécesseur. Le cabinet SemiAnalysis estime de son côté que la mémoire représentera cette année 30% des dépenses d'investissements des géants du cloud, contre seulement 13,5% en 2025. Comme ses rivaux, SK Hynix a d'abord réorienté une partie de ses lignes de production vers les composants dédiés à l'IA. Cette stratégie a provoqué une envolée des prix des mémoires DRAM et NAND destinées aux smartphones, ordinateurs ou consoles de jeux. Leurs tarifs ont été multipliés par quatre en neuf mois, contribuant aussi à la forte progression de ses revenus. Ces composants affichent désormais de meilleures marges que les puces HBM, à tel point que le groupe envisage d'en augmenter la production au détriment d'une montée en puissance plus rapide sur l'IA, selon le quotidien Chosun. Stratégie d'investissements "disciplinée" Si la demande pour les puces HBM explose, leurs prix sont restés relativement stables. Contrairement aux mémoire DRAM ou NAND, ils sont en effet fixés par des contrats annuels. Mais cette situation devrait être que temporaire. Les analystes de Bernstein anticipent une forte inflation l'an prochain, tablant sur des tarifs jusqu'à 2,5 fois plus élevés, y compris pour les anciennes générations. De quoi propulser les profits de SK Hynix vers de nouveaux sommets. L'an dernier, l'entreprise était déjà devenue la plus rentable de Corée du Sud, détrônant de peu Samsung. SK Hynix prévoit d'accroître ses capacités de production, mais ses nouvelles usines n'entreront pas en service avant 2027 ou 2028. Si ses dirigeants évoquent une hausse "considérable" des investissements, ils assurent aussi vouloir conserver une approche "disciplinée", avec des dépenses en capital limitées à 30% du chiffre d'affaires. Cette relative prudence s'explique par le caractère cyclique du marché des mémoires, alternant régulièrement entre épisodes de pénurie et de surproduction. SK Hynix redoute ainsi un retournement si l'euphorie autour de l'IA venait à s'essouffler.
La Norvège a quasi interdit l'IA générative à l'école primaire. Dès la rentrée prochaine, les élèves de 6 à 13 ans n'y toucheront plus. Entre 14 et 16 ans, seulement sous l'œil d'un prof. Le Premier ministre estime que ces outils permettent aux enfants de sauter les étapes essentielles de l'apprentissage : lire, écrire et compter. Le pays, qui avait déjà banni les smartphones des classes en 2024, va même financer le retour des livres papier, à rebours de la mode des tablettes.
Amazon MGM Studios a abandonné "Artificial", un film quasi terminé de Luca Guadagnino qui rejoue la crise d'OpenAI fin 2023, avec Andrew Garfield en Sam Altman. Mais pourquoi donc ? Officiellement, Amazon MGM Studios a "le plus grand respect" pour le réalisateur mais juge que le film irait mieux ailleurs. Officieusement, selon un proche du dossier cité par Variety, Altman et Elon Musk n'y ont pas le beau rôle. Et Jeff Bezos n'a peut-être pas envie de taper sur un nouvel allié : Amazon a signé ces derniers mois un partenariat à 50 milliards de dollars avec OpenAI.
TikTok charrie près de trois fois plus de contenus générés par IA que YouTube, d'après une étude de la solution d'édition vidéo Kapwing : 59 % des vidéos proposées à un compte tout neuf chez TikTok, contre 21 % chez son concurrent. Le pire ? La catégorie "enfants" est la plus touchée (57 %), avec des hashtags qui frôlent les 97 % de slop. Pendant ce temps, la plateforme se vante d'avoir étiqueté 1,3 milliard de vidéos comme générées par IA.
Vous en avez peut-être entendu parler : parue dans Le Monde, une tribune contre l'IA signée par des chercheurs comme le biologiste Marc-André Selosse, des artistes comme Annie Ernaux et même quelques politiques (le député PS Arthur Delaporte par exemple) fait beaucoup parler. Ce texte dit tout ce qui ne va pas dans la révolution en cours, du poids écologique des data centers jusqu'à l'impact sur les cerveaux, en passant par les travailleurs de la donnée. Et appelle à un boycott de l'IA générative pour "tous ceux qui ne sont pas contraints à l'utiliser". Disons-le d'emblée : non seulement la critique de l'IA est une obligation, les lecteurs de Hallu World en savent quelque chose, mais les points soulevés sont pertinents. Face à la vague béate qui emporte le monde du travail, éclabousse celui des loisirs et de l'information, les appels à s'éveiller sont les bienvenus. Le fait que 42 % des Français veuillent ralentir, ou mettre en pause le développement de l'intelligence artificielle montre bien que de graves questions méritent réponse. Mais un pamphlet qui dépeint l'IA sans aucune nuance ne va servir qu'à antagoniser un peu plus, sans faire réfléchir, alors que c'est précisément cela qu'il faut faire. Le texte veut tellement s'engager qu'il promeut une vision très fixiste du monde. Sur l'écologie, sur l'usage, sur l'économie, il se contente de décrire les risques, sans évoquer les nombreuses solutions que l'on connaît déjà : régulation, open source, frugalité... De plus, ce sont des données qui évoluent très vite. Pour pouvoir contester les projets funestes de la tech, déchiffrer le panic business, encadrer l'usage et le déploiement des IA, le boycott n'est pas une solution. Pire, en laissant uniquement "ceux qui sont contraints à l'utiliser" mettre les mains dans le cambouis, on s'assure l'avènement d'une société à deux vitesses. Devant l'adoption à marche forcée de l'IA, il faut une critique radicale, ce qui n'est pas possible si l'on refuse entièrement l'obstacle.