Après environ 110 jours de guerre, déclenchée par des bombardements israélo-américains contre l'Iran, les États-Unis et l'Iran ont signé la semaine dernière un protocole d'accord destiné à mettre fin au conflit. Si cet accord met un terme à une guerre qui a causé des milliers de morts, de nombreux observateurs y voient un échec stratégique pour les États-Unis. ➡️ Au lancement de la guerre, Trump affichait plusieurs objectifs : obtenir un changement de régime en Iran, empêcher définitivement le pays d'accéder à l'arme nucléaire et le priver de sa capacité à produire et lancer des missiles. Dans les 1ers jours du conflit, les frappes ont notamment tué le guide suprême iranien Ali Khamenei et infligé d'importants dégâts à l'armée iranienne. Mais malgré ces succès militaires initiaux, le régime est toujours en place. Plusieurs objectifs américains ne pourront désormais être atteints, si tant est qu'ils le soient un jour, que par la négociation. Pour certains analystes, il s'agit déjà d'un recul : les États-Unis doivent négocier ce qu'ils espéraient imposer par la force. 🌍 Cette guerre, qui a coûté des dizaines de milliards de $, a également affecté l'image des États-Unis. Au-delà du lourd bilan humain, le conflit a provoqué d'importantes perturbations économiques mondiales, notamment avec la fermeture du détroit d'Ormuz, axe stratégique du commerce énergétique. Plusieurs pays du Golfe, pourtant alliés traditionnels des États-Unis et directement exposés aux représailles iraniennes, pourraient désormais se montrer plus méfiants envers les États-Unis, accusés de ne pas avoir suffisamment protégé leurs partenaires. Les relations entre les États-Unis et Israël semblent aussi avoir été mises à l'épreuve. 🇨🇳 À l'échelle internationale, cette guerre pourrait accélérer certains rapprochements géopolitiques défavorables aux intérêts américains.
Quinze semaines après le début du conflit, et malgré une récente accalmie, les conséquences globales du blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran se font de plus en plus claires, comme le relate l'assureur Coface dans son « Risk review » trimestrielle. Analyse. PASSE D'ARMES □ La situation reste confuse autour du sort du détroit d'Ormuz, bloqué depuis le début du conflit entre l'Iran et les États-Unis, il y a 15 semaines, et où 145 navires en mai contre plus de 3300 un an plus tôt. Hier, peu après qu'Oman et l'Iran avaient annoncé, dans un communiqué commun, leur volonté de se pencher sur les « coûts » des services associés à la future administration du détroit d'Ormuz, le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a réaffirmé que Washington n'accepterait pas que soit ponctionné des « péages ou des redevances » pour emprunter ce passage-clé du commerce international. Malgré cette nouvelle passe d'armes, la situation semble plutôt à l'accalmie, ces derniers temps, avec l'accord de cessez-le-feu signé mi-juin par Washington et Téhéran, puis le lancement, cette semaine, par l'Organisation maritime internationale, d'un plan d'évacuation des 11 000 marins bloqués dans la région du Golfe à cause de la fermeture du détroit. «Cette accalmie ne doit pas occulter l'essentiel : la durée et l'intensité du conflit, largement supérieures aux anticipations initiales, ont profondément désorganisé une zone clé de l'économie mondiale », estime toutefois l'assureur Coface, dans son évaluation trimestrielle des risques pays et risques secteurs au niveau mondial. LA LIMITE DES STOCKS □ Un exercice aux résultats alarmant : Coface a procédé à 8 déclassements de pays et 45 modifications d'évaluations secteurs (41 déclassements, pour 4 reclassements seulement). Le spécialiste de la gestion du risque de crédit commercial révise par ailleurs à la baisse ses prévisions de croissance à 2,3% pour 2026 et 2,5% pour 2027 soit 0,6 point sur deux ans. « Jusqu'ici, l'économie mondiale a absorbé le choc, notamment grâce aux stocks préalablement constitués et à un ajustement de la demande. Mais cette phase atteint ses limites. Les arrêts de production dans certains secteurs, les pressions inflationnistes, le durcissement des conditions financières en sont les premiers marqueurs, alors que les marges de manœuvre des Etats pour soutenir l'activité et les revenus sont extrêmement faibles », analysent encore les économistes de Coface. La quasi-fermeture du détroit, qui a produit des effets rapides et concrets dans les secteurs des hydrocarbures ou encore des engrais et du plastique, est ainsi en train d'affecter l'économie mondiale dans son ensemble. CONSÉQUENCES VARIÉES □ « Les entreprises signalent déjà des délais de livraison allongés, des coûts en hausse et des signes précurseurs de pénuries, les incitant à constituer des stocks de précaution au prix d'une pression accrue sur la trésorerie et les marges, relate Coface. Dans ce contexte, les défaillances d'entreprise devraient continuer de progresser cette année (+6% au niveau mondial), parfois vigoureusement dans certains pays (notamment les États-Unis, la France et la Japon) ». Dans le détail, les conséquences diffèrent sensiblement en fonction des régions. Alors que les pays du Golfe sont les plus directement impactés par le blocage, l'Europe subit une baisse de sa demande intérieure suscitée par la hausse des prix de l'énergie et l'incertitude prolongée. Du côté des États-Unis, c'est l'inflation qui repart à la hausse (de 2,4% en février à 4,2% en mai). « Le nombre inédit de 41 déclassements sectoriels, répartis dans 19 pays souligne l'impact global d'un conflit dont les conséquences sur les flux commerciaux et la rentabilité des entreprises vont continuer de peser dans les mois à venir », souligne Jean-Christophe Caffet, chef économiste de Coface.
La banque d'images Getty s'associe avec OpenAI... mais pas sur l'entraînement des modèles Face à l'essor de l'intelligence artificielle générative, Getty Images a longtemps privilégié la voie judiciaire. Dimanche, la banque d'images américaine a toutefois confirmé un virage stratégique en officialisant un accord avec OpenAI. Un partenariat, comparable à celui noué l'an passé avec la start-up Perplexity, qui reste néanmoins limité: il ne concerne pas l'entraînement des modèles d'IA, mais permettra simplement à ChatGPT d'afficher des photos dans ses réponses. Aucun détail financier n'a été communiqué, mais cette seule annonce a suffi à faire bondir l'action de Getty de 90%. Plainte contre Stability Fondée en 1995, la société propose une bibliothèque de plusieurs centaines de millions de photos et de vidéos. Celle-ci comprend aussi bien des contenus d'actualité, utilisés par de nombreux médias, que des images d'illustration, qui représentent la majorité de ses revenus. Or, ce segment se retrouve aujourd'hui directement menacé par les progrès spectaculaires des outils de génération d'images. Pourquoi débourser plusieurs centaines de dollars pour un cliché d'illustration lorsqu'un visuel comparable peut être créé en quelques secondes par une IA pour une fraction du coût ? Confronté à l'arrivée de l'IA, Getty a engagé, dès février 2023, une action en justice contre Stability AI, alors l'acteur le plus avancé dans le domaine de la génération d'images. Il lui reproche d'avoir utilisé, sans autorisation ni rémunération, quelque 12 millions de photos de son catalogue pour entraîner ses modèles d'IA. Incriminée par la présence du filigrane Getty (logo visible sur les images accessibles au public) sur certains clichés créés par son outil, la start-up britannique ne conteste pas. Elle a néanmoins remporté une première victoire au Royaume-Uni pour des raisons techniques. Incertitude juridique Un procès est toujours attendu aux États-Unis. Son issue repose sur l'interprétation par la justice du principe de fair use, qui autorise un "usage raisonnable" d'œuvres protégées par le droit d'auteur pour en créer de nouvelles présentant une "valeur transformative". Stability affirme ainsi être dans son droit: ses images ne copient pas celles de son adversaire, mais s'en inspirent. Dans une autre affaire, un juge a toutefois estimé que cette exception ne pouvait être invoquée lorsque les contenus servent à concevoir un "substitut sur le marché", un argument que Getty pourrait mettre en avant. Au-delà de cette incertitude juridique, un autre facteur peut expliquer pourquoi Getty n'a pas poursuivi d'autres acteurs: la difficulté à prouver que ses contenus ont effectivement été utilisés. Le groupe semble donc privilégier des accords d'affichage afin de capter une part de la valeur. Une part marginale toutefois, puisque l'essentiel provient des données d'entraînement des modèles. Ses dirigeants n'excluent pas de nouer de tels partenariats, qui pourraient permettre de monétiser la banque d'images, alors même qu'il semble désormais illusoire d'échapper à la concurrence de l'IA. Quel intérêt pour OpenAI ? Dans ce nouveau contexte, Getty met en avant ses propres outils d'IA, permettant de créer des visuels ou de modifier des images issues de sa propre bibliothèque. Sa promesse: des contenus "légalement protégés", qui ne reposent pas sur des images utilisées de manière illégale pour l'entraînement et susceptibles d'exposer les utilisateurs à des risques juridiques. Mais rien n'indique que cette promesse suffise. Par ailleurs, la société mise sur le rachat de sa rivale Shutterstock, qui doit lui permettre de doubler son chiffre d'affaires tout en générant des synergies sur les coûts. Pour OpenAI, l'intérêt du partenariat avec Getty semble limité. Le concepteur de ChatGPT n'a d'ailleurs pas publié de communiqué de presse à ce sujet. Son chatbot peut déjà afficher des images récupérées sur Internet pour certaines requêtes. Certes, cet accord pourrait lui permettre de proposer des photos de meilleure qualité, mais l'enjeu paraît relativement marginal. Il pourrait toutefois ne constituer qu'une première étape avant un éventuel arrangement sur l'entraînement des modèles. À moins qu'il ne serve simplement à se mettre à l'abri d'éventuelles poursuites de Getty.
WhatsApp change de patron pour accélérer sa monétisation La stratégie est désormais bien rodée. Lundi, Meta a annoncé un investissement de 900 millions de dollars dans la start-up indienne Cred, qui propose un programme de récompenses lié aux paiements par carte de crédit. La contrepartie: le recrutement de son patron, Kunal Shah. Celui-ci prend la direction de WhatsApp, où il succède à Will Cathcart, nommé après le départ fracassant, en 2019, de Jan Koum, le fondateur de l'application de messagerie alors en désaccord stratégique avec Mark Zuckerberg. Sa mission sera notamment d'accélérer la monétisation, en particulier dans la publicité. L'Inde, un marché stratégique Meta avait déjà eu recours à cette méthode l'an dernier pour débaucher Alexandr Wang, fondateur de la start-up Scale AI, désormais à la tête d'une nouvelle division consacrée à l'intelligence artificielle générative. L'opération s'était alors élevée à 14,3 milliards de dollars. Ces arrangements permettent d'éviter des examens par les autorités de la concurrence, pouvant se traduire par plusieurs trimestres, voire plusieurs années de procédure, sans garantie d'obtenir un feu vert. Ils remplacent les traditionnelles "aqui-hire", ces acquisitions visant seulement à recruter des équipes. Au-delà du montage financier, l'arrivée de Kunal Shah apparaît inhabituelle dans la Silicon Valley: les grands groupes technologiques américains débauchent rarement des dirigeants en dehors des États-Unis. "Il apporte une mentalité de bâtisseur et une perspective mondiale qui lui seront très utiles pour diriger la plus grande application de messagerie au monde", justifie Mark Zuckerberg. Son arrivée symbolise aussi l'importance stratégique de l'Inde pour WhatsApp. La plateforme y compte plus de 500 millions d'utilisateurs et y a également déployé sa solution de paiement mobile. Arrivée de publicités L'application génère déjà plusieurs milliards de chiffre d'affaires par an, grâce aux messages payants envoyés par les entreprises et aux publicités click-to-mess
On prend la même et on recommence… en mieux ! Après Nanashi, Le Petit Keller (tous deux fermés depuis) et Giclette, Kaori Endo hisse haut le pavillon nippon à l'enseigne de Kokomi, sa nouvelle cantine format bonsaï : un take-away de poupée, planqué rue Bachaumont, où elle officie en solo pour le plus grand bonheur des Japonais·es et bentophiles de Paname. Ici, pas de concept à rallonge ni de folklore en kit, mais un comptoir où zyeuter futomaki végi ou thon mayo, onigiri et autres petits plats bio et de saison, accompagnés d'une liste à la Prévert de boissons maison ou bien sourcées – ginger ale, matcha azuki latte, shōchū sour et chenin du Domaine aux Moines. Tout juste y trouve-t-on quatre tables et une terrasse pour jouer à la cantinette ou, les places étant chères, le jardin du Palais-Royal à dix minutes à pied. · Sugar Kane Goûté ce midi-là : des légumes en tempura légers comme un souffle ; un chirashi au riz semi-complet compilant saumon, chinchard, crevette, omelette japonaise, concombre, radis, salicorne, shitaké confit, pickles de carotte et de gingembre ; et en final spectacle, un kakigori (glace finement râpée) au sirop de matcha maison et azuki fondants. Les prix : bento et chirashi 16-20 € (+ 3 € en formule avec un dessert ou une soupe miso), onigiri 3,50 €, desserts 5 €, kakigori 10 € (8 € à emporter). Horaires : de 12h à 20h. Fermé dimanche et lundi. Kokomi – 12, rue Bachaumont, 75002 Paris
Rien n'est à côté de la Plaq dans la maison mère chocolatée de Sandra Mielenhausen (ex-directrice marketing chez LVMH) et Nicolas Rozier-Chabert (ex-boss d'une agence de graphisme) : ni la devanture transparente, ni les murs fraîchement défraîchis, ni les sacs en toile de jute nonchalamment disposés, et encore moins la philo bean-to-bar qui leur fait chiner des fèves au Venezuela, au Pérou, en Papouasie occidentale, en Ouganda, en Inde, au Vietnam, en Tanzanie, ou au Belize ! Et tout l'été, la chocolaterie propose sorbets, bâtons givrés, granités et ice cream sandwiches... Les prix : de 16 à 35 €. Horaires : tous les jours, de 11h30 (11h mercredi et vendredi, 10h samedi et dimanche) à 18h30 (19h30 mercredi, vendredi et samedi). Plaq – 4, rue du Nil, 75002 Paris