« Les variations climatiques sont naturelles et indépendantes des activités humaines. » Chaque jour, des affirmations de ce type circulent massivement en ligne et sur les plateaux de télévision. Certaines sont exactes. D'autres, comme celle-ci, sont incomplètes, trompeuses ou tout simplement fausses. Dans un environnement saturé d'informations, de contenus générés à grande vitesse et de prises de parole parfois motivées par des intérêts idéologiques, il devient de plus en plus difficile de distinguer ce qui est établi de ce qui est simplement affirmé. Peu à peu, tout se mélange : les faits, les opinions, les croyances et les rumeurs. C'est ainsi que la désinformation s'installe. Et avec elle, la défiance, la confusion et l'affaiblissement du débat démocratique. À The Conversation France, nous faisons un choix différent. Nous publions des analyses rédigées par des chercheurs ou chercheuses et des universitaires qui interviennent uniquement dans leur domaine d'expertise, en s'appuyant sur les connaissances et les résultats de la recherche. Nos journalistes les accompagnent pour garantir la rigueur des contenus, les rendre accessibles au plus grand nombre et permettre à chacun de se forger une opinion éclairée. Mais ce travail a un coût. Et son financement est de plus en plus fragile. Ce qui est en jeu est critique : c'est la capacité de notre société à faire circuler des connaissances fiables et des faits vérifiés dans l'espace public.
☀️ FRANCE : Plus de la moitié des départements français ont été placés en vigilance orange canicule, la barre des 40°C a été franchie pour la 1re fois en France cette année, des dizaines de trains ont été supprimés… Le pays est de nouveau touché par une importante vague de chaleur. On en parle davantage dans la rubrique "Décryptage".
🔍 Décryptage : La canicule monte en intensité en France Les faits ➡️ 3 semaines après la vague de chaleur historique de fin mai, un nouvel épisode de fortes températures touche l'Hexagone. Ce jeudi, les 40°C ont par exemple été dépassés localement à Pruniers, dans l'Indre, comme le rapporte Le Parisien. Météo-France a placé 60 départements en vigilance orange ce samedi. Il s'agit déjà du 2e épisode majeur de chaleur de l'année, avant même le début officiel de l'été. Fin mai, Météo-France avait d'ailleurs qualifié le 1er épisode de période la plus chaude jamais observée dans le pays pour un mois de mai, avec de nombreux records battus. 🌍 Selon les spécialistes, ces épisodes sont favorisés par une configuration atmosphérique qui aspire et retient l'air chaud venu du sud, un phénomène comparable au "dôme de chaleur" observé fin mai, comme on en parlait dans cette vidéo. Conséquence : plusieurs événements sportifs ont été annulés et certaines villes ont renoncé à organiser des festivités de la Fête de la musique. Dans 4 départements de l'ouest de la France, les épreuves du grand oral du baccalauréat ont été reportées d'une semaine. Le ministère de l'Éducation nationale a également indiqué que 784 écoles et collèges aménageraient leurs horaires. La SNCF, de son côté, a supprimé 71 trains Intercités jusqu'à lundi par précaution, en raison de risques de défaillance des systèmes de climatisation. Les lignes du centre et du sud du pays sont particulièrement concernées, comme le rapporte RTL.
Aujourd'hui, on vous parle de l'info et de la Creator Economy qui s'emballe, de la France qui se réarme à crédit, et de micro-cheating. À dans 5 minutes !
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Aujourd'hui, on vous parle de l'info et de la Creator Economy qui s'emballe, de la France qui se réarme à crédit, et de micro-cheating. À dans 5 minutes !
#BULLETIN DE SANTÉ
Les réseaux sociaux source d’info n°1
Le dernier rapport Reuters confirme que les réseaux sociaux sont devenus la 1ère source d'info mondiale (54 % des sondés), reléguant la télé (52 %) et la radio (21 %) au rang de rituels pour nostalgiques. Hugo Décrypte tape plus fort que le 13 heures de TF1.
Le paysage médiatique assiste à une inversion totale de la chaîne de valeur. Ce n’est plus le web qui cherche sa validation à l'antenne, c'est la télévision qui vient désormais gratter à la porte des créateurs. Les chaînes ayant perdu la formule pour parler aux moins de 30 ans, elles tentent de s'acheter une seconde jeunesse auprès des nouveaux créateurs de l’info et du savoir. Le docu « En tension », coproduit par France 5 et Hugo Décrypte, a vu ses compteurs grimper de 30 % une fois balancé sur YouTube. Une perfusion de sang frais si convaincante que France Télévisions a immédiatement signé un accord pour déverser 20 000 heures de programmes sur la plateforme californienne.
La '“guerre froide” alors évoquée par Hugo Travers s’est soldée par un meilleur deal. Quant aux marques, elles ont déjà déplacé les budgets longtemps alloués à la télé vers les créateurs de contenu et le brand content. Ironie du sort : la télé qui toisait les gamins d'internet de toute sa hauteur institutionnelle en est réduite à leur acheter des minutes d'attention pour justifier sa redevance.
La Creator Economy, une croissance insolente
Le temps des ados en quête de notoriété est loin, le marché des créateurs est maintenant une industrie lourde de 8,1 milliards d’euros en Europe (+25 % par an), promise à grimper à 480 milliards de dollars mondiaux d'ici 2028.
Les investisseurs ne s’y trompent pas : le géant du conseil Accenture Song investit 500 M$ pour s’offrir l’agence d’influence américaine Whalar, Compound Creative Holdings, joint-venture entre l’agence de talents CAA et le fonds de private equity TPG, annonce disposer de 250 M$ pour investir dans la Creator Economy. En France, l’agence Bump montée par Squeezie vient d’être rachetée par le fonds d’investissement Impala. Publicis lance Influential France, nouvelle agence dédiée à l’influence marketing et au marketing culturel. Les groupes de presse ne sont pas en reste : Le Télégramme est entré au capital de l’agence de talents LoopIn il y a un an et ne compte pas s’arreter là.
Si cette transformation profonde vous fascine ou vous effraie, vous allez adorer le nouveau podcast "C'est juste le Début", le podcast qui décrypte l’actu influence pour comprendre ce qui se construit (ou s'effondre) dans le paysage médiatique. Au micro de ce premier épisode, des experts de première ligne pour décoder la magnifique schizophrénie du PAF (TF1 qui hurle à la concurrence déloyale pendant que France TV s'allie à YouTube), le phénomène Snapchat Nasdas, et l'industrialisation de notre temps de cerveau via le GP Explorer ou la Fléchette Cup. Une production Kessel / Socialrama / Dreamcast à regarder sur Youtube ou en podcast.
Une idée d'invité pour le prochain round ? Ecrivez-nous en répondant à ce mail !
Pendant ce temps… La France emprunte 15,1 mds d’euros pour son réarmement militaire.
L'Europe, ce grand projet pacifique né sur les ruines de 1945, vient officiellement de se muer en centrale d'achat pour blindés et obus. La Commission européenne vient de signer un prêt de 15,1 milliards d’euros à la France via le programme SAFE, une enveloppe globale de 150 milliards d'euros destinée à réarmer en urgence 19 pays membres. Entre la guerre en Ukraine, les brasiers du Moyen-Orient et l'usure chronique du parapluie américain, le Vieux Continent a définitivement fini de croire aux vertus du désarmement poli.
Petite leçon de géopolitique par le portefeuille : sur cette ligne de crédit, Paris doit se contenter de la troisième place. C'est la Pologne qui rafle le gros lot avec 43,7 milliards d’euros, suivie de près par la Roumanie et ses 16,7 milliards. Le centre de gravité stratégique a officiellement glissé à l’Est, là où l'on a depuis longtemps arrêté de philosopher pour compter les stocks de munitions. Pour éviter que cette pluie de cash ne finisse entièrement dans les poches d'industriels texans, Bruxelles a intégré un verrou protectionniste : au moins 65 % du coût des composants devra provenir de l'Union, d'Ukraine, de Norvège ou du Canada.
Pour la France, cette perfusion va financer 29 projets des Armées et 6 programmes de recherche et de spatial. Mais l’enjeu est su
Chère lectrice, cher lecteur, Lorsqu’on me demande pourquoi je travaille à The Conversation France, je réponds volontiers pour la rigueur, l’indépendance, l’exigence des contenus. C’est vrai. Mais je pense aussi à mon fils de 12 ans. Les adolescents grandissent dans un monde où l’information passe d’abord par les réseaux sociaux ; où les contenus les plus visibles ne sont pas toujours les plus fiables ; où des discours polarisés, parfois violents ou simplificateurs, circulent très tôt dans la vie des jeunes. À l’approche de l’élection présidentielle, cette dynamique s’accentue encore. Le débat public se tend, il se durcit, et certaines idées progressent plus vite qu’elles ne sont réfutées. Je le vois. Comme beaucoup de parents. Et je me dis que la question n’est plus seulement « Dans quel monde vivra-t-il ? », mais « Avec quelles informations se construit-il ? ». C’est aussi une des raisons pour lesquelles j’ai choisi de travailler à The Conversation. Pour qu’il grandisse aussi dans un monde où existe une information vérifiée, mise en perspective et expliquée, et où elle ne dépend ni des algorithmes ni du clash. À The Conversation, nous publions des articles écrits par des chercheurs et chercheuses, accompagnés par des journalistes, sans publicité ni influence éditoriale. Mais ce modèle est fragile. Aujourd’hui, notre indépendance dépend de plus en plus du soutien direct de nos lectrices et lecteurs. Sans ce soutien, ce travail devient plus difficile à maintenir. C’est pourquoi nous faisons appel à vous. Si, vous aussi, vous pensez qu’il est important que les enfants grandissent dans un monde où l’information éclaire, et non polarise, soutenez-nous. FAIRE UN DON MAINTENANT Chaque contribution compte. Merci de votre soutien. David Bornstein Chef de rubrique Politique et Société, The Conversation France
Peter Doocy est l'un des journalistes préférés de Donald Trump. Correspondant de la chaîne Fox News à la Maison Blanche, il est souvent le premier que le président invite à poser une question, puis une autre. C'est l'assurance qu'il ne sera pas mis en difficulté. Mais, micro en main, après les premières interrogations aimables lors de la conférence de presse de Donald Trump, en clôture, Doocy poursuit: "Un homme sage a dit un jour, c'était en janvier 2020: 'L'Iran n'a jamais gagné une guerre, mais n'a jamais perdu une négociation." "Qui a dit ça ?", demande le président. "Donald Trump", répond le journaliste. Réponse de l'intéressé : "Je pensais que vous alliez dire ça…" Dans les premiers rangs, on s'esclaffe. Au fond, tout est dit: à Évian, Donald Trump a passé trois jours à tenter de convaincre que le protocole d'accord, autrement nommé "mémorandum d'entente" conclu avec l'Iran était une victoire spectaculaire pour l'Amérique. Les chefs d'État et de gouvernement l'ont chaleureusement félicité. Mais personne n'y a cru. Pourquoi tant que compliments alors ? Emmanuel Macron, qui a lui-même salué "un bon accord", a livré l'explication lors de sa conférence de presse, qui précédait de quelques minutes celle du président américain. "Est-ce qu'il règle tout, tout de suite ? Non. Mais continuer le combat, c'était quoi ? Avoir pour des mois Ormuz fermé ? Prendre le risque de détruire des capacités de pétrole et de gaz qui, là, auraient tout déséquilibré pour des mois, voire des années ? Continuer la perte de vies et la situation qui est inacceptable au Liban et l'effondrement de toute la région ? Donc, on a une responsabilité humanitaire, politique et économique", conclut le président. La décision américaine, ajoute-t-il, "est sage" Éloge de la raison… iranienne Elle est sage, mais elle ne règle rien. Surtout, aucun des buts de guerre fixés par le président américain n'a été atteint. Pas pour le moment, explique ce dernier. Le mémorandum a pour rôle de permettre l'ouverture d'une période de négociations de soixante jours où les sujets, à commencer par le nucléaire, seront réglés. Faute de progrès suffisants d'ici là, il recommencera à bombarder, a-t-il prévenu. Mesurons le chemin parcouru dans les propos tenus par Donald Trump depuis le début du conflit jusqu'au sommet d'Évian, à l'aide de trois exemples. Hier voués aux gémonies et menacés d'extermination, les dirigeants iraniens sont désormais "des gens très rationnels, des gens avec qui il est agréable de traiter, ils sont forts, ils sont intelligents". Alors que l'élimination de toute menace balistique était un but de guerre explicite et maintes fois réitéré, on se retrouve avec cette formule interrogative du locataire de la Maison Blanche : "Qu'est-ce que je vais faire, permettre à l'Arabie Saoudite d'avoir des missiles et eux n'auront pas le droit ? Ça ne marche pas comme ça !" Quid du nucléaire, en particulier le stock d'uranium enrichi, si menaçant hier ? "Ça n'a pas beaucoup de valeur, mais pour des raisons psychologiques, on ira le chercher..."
🌊 Le dessalement peut-il sauver le monde ?
📌 Contexte Pendant des millénaires, les humains se sont installés là où l'eau douce existait déjà : le long des fleuves, près des lacs, au-dessus des nappes souterraines. Les Romains construisent des aqueducs pour acheminer l'eau sur des dizaines de kilomètres. Au XIXe siècle, les grandes villes industrielles creusent des barrages, filtrent l'eau à travers du sable et du charbon, la chlorent pour tuer les bactéries. C'est ce modèle, capter et traiter de l'eau douce existante, qui alimente encore aujourd'hui les 8 milliards d'humains. Le problème : cette eau douce naturelle se raréfie. Depuis le début du XXe siècle, les prélèvements mondiaux ont été multipliés par 6. Aujourd'hui, 2 milliards de personnes vivent dans des zones où l'eau manque régulièrement. L'UNESCO estime qu'en 2030, la demande mondiale en eau dépassera l'offre de 40%. Pourtant, l'eau recouvre 70% de la planète. Le problème : moins de 1% est de l'eau douce directement consommable. Le reste est salé. D'où l'idée du dessalement : retirer le sel de l'eau de mer pour la rendre potable. La technologie existe depuis les années 1950 et le coût a chuté de 90% depuis 1970. Alors pourquoi cette solution ne s'est-elle pas encore imposée partout ?
☝️ Faits On peut compter 3 freins principaux qui expliquent pourquoi le dessalement reste limité.
1. Le coût énergétique reste très élevé La technique dominante aujourd'hui est l'osmose inverse. Le principe : on force l'eau de mer sous très haute pression à travers des membranes trouées à l'échelle du nanomètre, assez fines pour laisser passer l'eau mais bloquer les molécules de sel. Ce procédé consomme entre 3 et 4 kWh par mètre cube d'eau produite. En comparaison, filtrer l'eau d'un lac ou d'une rivière ne demande que 0,4 kWh/m3, soit dix fois moins. L'énergie représente jusqu'à 50% du coût total de production. En pratique, une grande usine de dessalement produit 1 m3 d'eau pour environ 0,50 à 1 euro. En France, l'eau du robinet revient à environ 4,70 euros le m3, mais ce prix inclut la distribution, l'assainissement et les taxes sur tout le réseau. Le coût de production brute depuis une rivière est bien inférieur, autour de 0,10 à 0,20 euro/m3. Le dessalement reste donc 3 à 5 fois plus cher à produire que l'eau douce traitée classique.
2. La saumure empoisonne les mers Pour produire 1 litre d'eau douce, une usine rejette 1,5 litre de saumure, une eau hyper-concentrée en sel et chargée de produits chimiques utilisés pour nettoyer les membranes. Ces rejets augmentent localement la salinité de l'eau de mer de 5 à 10 g/L autour des zones de rejet, ce qui asphyxie les écosystèmes marins environnants. 55% des rejets de saumure mondiaux viennent de seulement 4 pays : l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït et le Qatar.
3. La technologie reste inaccessible aux pays qui en ont le plus besoin Seuls les pays riches ou pétroliers peuvent financer des usines à grande échelle. L'Arabie saoudite tire 70% de son eau du dessalement, le Koweït 90%. Israël a investi massivement pendant 30 ans et produit aujourd'hui de l'eau dessalée pour 0,32 dollar/m3, un record mondial. Pour un pays d'Afrique subsaharienne sans capital ni littoral adapté, ce modèle reste hors de portée.
🎯 Impacts Malgré ces freins, le marché explose. En 2022, 21 000 usines de dessalement sont opérationnelles dans le monde, deux fois plus qu'une décennie plus tôt, avec une croissance de 6 à 12% par an. Le marché mondial pesait 27,8 Mds$ en 2025 et devrait atteindre 59 Mds$ d'ici 2034. Deux innovations changent la donne. D'abord, le couplage avec les énergies renouvelables. À Dubaï, une usine tourne 24h/24 sur panneaux solaires et batteries, dans le cadre du plus grand parc solaire du monde. Le dessalement devient potentiellement décarboné là où l'énergie solaire est abondante et bon marché. Ensuite, la récupération de la saumure : des chercheurs travaillent à en extraire du lithium et du magnésium, transformant un déchet toxique en ressource industrielle. Les entreprises françaises, Veolia en tête avec 18% de la capacité mondiale installée via ses technologies, dominent ce marché global. La France exporte la solution sans l'appliquer chez elle, faute de stress hydrique immédiat. Mais en 2024, les réservoirs de Catalogne atteignaient leur niveau le plus bas dep
LES NÉGOCIATIONS ENTRE WASHINGTON ET TÉHÉRAN S'OUVRENT DÉJÀ SUR UN FIL
Quatre jours après la signature d'un protocole d'accord, les États-Unis et l'Iran sont officiellement entrés dans le dur des négociations. Réunis depuis dimanche au Bürgenstock, en Suisse, les deux camps tentent de transformer un protocole d'accord fragile en véritable accord de paix pour le Moyen-Orient. le vice-président américain JD Vance affirme vouloir "tourner une nouvelle page" avec le peuple iranien et "transformer fondamentalement" les relations entre Washington et Téhéran. Mais derrière les mots, les divergences restent immenses. Les États-Unis veulent que Téhéran renonce durablement à toute ambition militaire nucléaire. L'Iran, lui, affirme ne pas vouloir l'arme nucléaire, mais continue de défendre son droit à enrichir de l'uranium. Les premiers échanges n'auraient même pas encore permis d'aborder vraiment la question nucléaire, selon la télévision d'État iranienne. Un signe de la difficulté des discussions, renforcé par le refus de la délégation iranienne de poser pour une photo commune avec les représentants américains. ces négociations doivent aboutir en 60 jours, avec possibilité de renouvellement. Elles ne concernent pas seulement le programme nucléaire iranien, mais aussi l'équilibre régional, le Liban, les alliés de Téhéran, les avoirs gelés, les sanctions et la circulation énergétique mondiale. Au Liban, les combats entre Israël et le Hezbollah se sont poursuivis vendredi et samedi, malgré une clause du protocole prévoyant l'arrêt des hostilités sur tous les fronts. Pour l'Iran, aucun accord durable ne sera possible tant que les opérations israéliennes continueront au Liban. Pour Donald Trump, au contraire, Téhéran doit empêcher ses alliés régionaux de poursuivre l'escalade, sous peine de nouvelles frappes américaines. Autre point explosif : le détroit d'Ormuz. L'Iran a annoncé samedi une nouvelle fermeture de cette voie maritime stratégique, par laquelle transitent environ 20% des hydrocarbures mondiaux. Une décision prise en réaction aux combats au Liban, alors même que la réouverture du détroit figurait dans le protocole d'accord. Les États-Unis assurent que 55 navires marchands ont tout de même franchi le détroit sans incident samedi, mais le signal envoyé aux marchés reste très clair : le risque énergétique est loin d'avoir disparu.
L'ALLEMAGNE FAIT FACE À UNE BOMBE DÉMOGRAPHIQUE
Selon l'institut IW de Cologne, le pays pourrait perdre 4,3 millions de travailleurs potentiels d'ici 2036. La population en âge de travailler tomberait à 51 millions de personnes, soit un recul d'environ 7%. Dans le scénario central, la France ne compterait plus que 65,9 millions d'habitants en 2070, contre 69,1 millions au 1er janvier 2026. Autrement dit, le pays perdrait environ 3,2 millions de personnes en un peu plus de quarante ans. Chaque année, près de 500 000 travailleurs potentiels disparaissent désormais du marché du travail allemand. Et le solde naturel reste très négatif, avec environ 350 000 décès de plus que de naissances. La démographie est l'un des déterminants les plus puissants de la croissance. Moins de travailleurs, c'est moins de production, moins de cotisations, moins de recettes fiscales et davantage de pression sur les retraites, la santé et l'État-providence. L'immigration ne compense plus suffisamment ce choc. Pendant des années, les arrivées de travailleurs étrangers ont permis à l'Allemagne d'amortir son vieillissement. Mais ces flux ralentissent fortement. L'institut IW anticipe désormais une population totale sous la barre des 82 millions d'habitants d'ici 2040, alors qu'il envisageait encore récemment une hausse vers 85 millions. Cette crise démographique arrive au pire moment. L'économie allemande est déjà fragilisée par le ralentissement industriel, la hausse des coûts de l'énergie, la concurrence chinoise et les difficultés de son modèle exportateur. Et sur le plan politique, l'équation devient explosive. Sous la pression de l'extrême droite, le gouvernement de Friedrich Merz a durci sa politique migratoire. Mais l'économie allemande, elle, a besoin de travailleurs qualifiés étrangers pour continuer à fonctionner.
Face à la flambée des coûts des mémoires, Apple juge des hausses de prix "inévitables" "Malheureusement, une augmentation des prix est inévitable". Avant de passer la main le 1er septembre, Tim Cook adresse une mauvaise nouvelle aux clients d'Apple: les prochains iPhone coûteront, très probablement, plus cher que leurs prédécesseurs. En cause, l'envolée des tarifs sur le marché des puces mémoire, alimentée par la demande liée à l'intelligence artificielle générative. "La situation est devenue intenable", poursuit le directeur général du groupe à la pomme, interrogé par le Wall Street Journal, sans donner davantage de précisions sur le calendrier ni sur les appareils concernés. Pour le moment, Apple a choisi d'absorber la hausse des coûts, profitant de ses marges élevées pour éviter de pénaliser la demande. Au premier trimestre, les ventes d'iPhone ont même légèrement progressé, alors que le marché est reparti à la baisse, plombé par l'augmentation des prix des smartphones d'entrée et de milieu de gamme. Le lancement des nouveaux modèles en septembre représente toutefois une occasion idéale d'ajuster ses tarifs, non seulement pour répercuter, au moins en partie, les surcoûts déjà enregistrés, mais aussi pour anticiper ceux attendus dans les prochains mois. Tarifs multipliés par quatre La situation ne devrait en effet pas s'améliorer avant, au mieux, la mi-2027. À l'origine de ce bouleversement: le développement effréné des infrastructures dédiées à l'IA, particulièrement gourmandes en mémoire, notamment en puces à large bande passante (HBM). Pour répondre à cette demande, les trois géants du secteur – les coréens SK Hynix et Samsung, ainsi que l'américain Micron – ont réorienté une partie de leurs lignes de production vers ces composants plus lucratifs, au détriment des mémoires DRAM et NAND destinées aux smartphones, ordinateurs, tablettes ou consoles de jeux. Conséquence: les prix de ces puces s'envolent. Selon les estimations du cabinet TrendForce, ils ont été multipliés par près de quatre en seulement neuf mois. Certes, les fabricants prévoient d'augmenter leurs capacités, mais la mise en service de nouvelles lignes de production prend du temps. Surtout, ces investissements sont principalement, voire exclusivement, destinés aux mémoires pour l'IA. Les analystes de Morgan Stanley anticipent ainsi une hausse de 30% de la production de puces DRAM d'ici 2027, mais une baisse de 15% pour celles destinées aux appareils électroniques grand public. Un surcoût de 144 dollars ? Concrètement, le coût des mémoires DRAM et NAND s'élevait à 52 dollars pour l'iPhone 17 Pro lors de son lancement en septembre dernier, selon des estimations du cabinet TechInsights citées par le Wall Street Journal. Cela représentait environ 9% du coût des composants, un niveau particulièrement bas à l'échelle du marché. Pour son successeur, attendu cet automne, la facture pourrait grimper à 196 dollars, soit 22% du total, à périmètre de coûts comparable. La DRAM deviendrait notamment le composant le plus onéreux du smartphone, devant le processeur et le module photo. Si ces chiffres restent des estimations, basées sur les tarifs de marché et non sur ceux négociés avec les fabricants, ils illustrent le dilemme auquel le groupe est confronté. Sans hausse du prix de vente – et sans tenir compte d'éventuelles augmentations sur d'autres composants –, la marge brute sur l'iPhone passerait de 47% en septembre 2025 à 34% un an plus tard. Pour maintenir le même niveau de rentabilité, Apple devrait relever le prix de son smartphone d'environ 270 dollars. Un surcoût qui semble trop élevé pour être entièrement répercuté sur les consommateurs. Plus de matelas de sécurité Plus probablement, le géant de Cupertino devrait opter pour une hausse comprise entre 100 et 200 dollars sur sa gamme de nouveaux iPhone. Un ajustement qui permettrait de limiter l'érosion des marges à court terme, sans pour autant absorber entièrement la progression attendue des prix des mémoires au cours des trimestres suivants. Les répercussions pourraient alors être doublement négatives: une baisse des profits réalisés sur chaque appareil vendu, mais aussi un repli des volumes, y compris sur les anciens modèles, dont les prix pourraient ne pas baisser comme habituellement. Jusqu'ici, la hausse des tarifs des mémoires a relativement épargné le groupe. Sur les trois premiers mois de l'année, sa marge brute sur le hardware n'a que très légèrement reculé, grâce aux stocks constitués en amont. Mais ce matelas de sécurité ne se prolongera au-delà du mois de juin, avertissait Tim Cook en avril. Pour limiter l'impact, le patron d'Apple se dit désormais prêt à "mobiliser" sa trésorerie, peut-être en s'engageant à l'avance sur des contrats pluriannuels, à l'image de ce que font les géants de l'IA. Une question qui devra être arbitrée par son successeur, John Ternus.
La répétition, semble-t-il, est la base de la pédagogie. Après le discours de JD Vance à Munich en 2025, après les tarifs de Trump, après le demi-abandon de l'Ukraine, après les menaces d'annexion du Groenland, après le comportement inconséquent qui a mené à la fermeture du détroit d'Hormuz, il aura fallu le retrait de Fable 5 pour provoquer une prise de conscience des Européens, du moins à en juger par ceux qu'on croisait sur les deux salons très français de la semaine dernière, Eurosatory et VivaTech. « Ce n'est pas un épisode de plus : c'est un signal d'alarme », a résumé sur scène à VivaTech Chrystel Heydemann, la PDG d'Orange. Ironiquement, les restrictions imposées à Anthropic ne sont aucunement un signal lancé contre l'Europe. L'administration Trump semble avoir pris la mouche sur l'inclusion de la coréenne SK Telecom dans la liste des entreprises ayant accès à Mythos, non celle de BNP Paribas. Le tandem économique Scott Bessent/Howard Lutnick a sauté sur l'occasion et pris le relais du secrétaire à la Défense Pete Hegseth dans la guerre que mène l'administration contre Anthropic. Rien de ce qui a été reproché à Dario Amodei, le CEO d'Anthropic, ne l'aurait été au très institutionnel Sundar Pichai, au plus pliant Sam Altman, ni bien sûr à Elon Musk. Mais il ne s'agirait pas de laisser un rival des « tech bros » du président Trump prendre la tête de la course à l'IA. L'Europe éprouve en revanche, en grandeur réelle, les conséquences de son retard technologique. Le scénario Europe 2031, mis en ligne par un collectif de chercheurs et d'investisseurs, en donne la mesure : le continent héberge environ 5 % de la puissance de calcul mondiale dédiée à l'IA, contre 80 % aux États-Unis (et 70 % du cloud européen est dans les mains des hyperscalers américains). Les auteurs jugent la réponse européenne « dix à cent fois trop faible ». L'Europe se languit, lanterne rouge du déploiement de data centers. Néanmoins, d'un plan IA à 200 milliards d'euros à ReArm Europe (>800 Md€), des « gigafactories AI » à une base industrielle de défense qui copie le cycle ultra-court de l'Ukraine, une rescousse semble s'organiser. D'ici à ce que l'Europe puisse offrir l'asile politique à Claude et une IPO convenable à Anthropic, il y faudra quelque effort.
La décision brutale du gouvernement américain de suspendre l'accès des étrangers aux modèles Fable 5 et Mythos 5 d'Anthropic met en lumière ce que recouvre réellement la « souveraineté de l'IA ». Dans l'économie de l'IA qui se dessine, l'avantage compétitif ne viendra pas de la possession d'un modèle unique, mais de la capacité à évaluer, choisir et orchestrer une multitude de modèles.
L'intelligence artificielle générale pourrait accroître spectaculairement la prospérité humaine et libérer les individus d'innombrables tâches routinières. Mais à moins que ses bénéfices et sa propriété ne soient largement partagés, elle pourrait priver des milliards de travailleurs de leurs moyens de subsistance et ouvrir la voie à une nouvelle forme de techno-autoritarisme.
À première vue, les informations selon lesquelles les gouvernements américain et chinois envisagent tous deux de prendre des participations dans leurs champions nationaux de l'IA pourraient laisser croire à un
1/ Bienvenue dans l'ère du marketing de l'apocalypse … Et ça commence à bien faire ! Pour la 541432e fois : l'IA va-t-elle provoquer un chômage de masse ? Faire s'effondrer l'économie ? Ou carrément conduire à l'extinction de l'humanité ? Selon les patrons de l'IA, c'est un grand OUI . Et selon ces mêmes patrons de l'IA, c'est aussi LA bonne raison pour continuer à les renflouer de centaines de milliards de dollars. Dans une tribune publiée par le New York Times , l'Américain Cal Newport (qu'on connaît pour son excellent ouvrage Deep Work ) appelle ce phénomène le « doom trolling » : cette étrange stratégie de com' qui consiste à expliquer en permanence que votre produit est potentiellement apocalyptique tout en continuant à le vendre. Sam Altman compare régulièrement l'IA à la bombe atomique . Anthropic alerte sur des modèles capables de s'améliorer eux-mêmes ou de découvrir des failles informatiques à une échelle inédite. Il y a quelques années, Elon Musk avait même signé une lettre réclamant une pause dans le développement de l'IA… avant de lancer Grok six mois plus tard. Pour les critiques du secteur, cette rhétorique catastrophiste a plusieurs avantages : elle gonfle la perception de puissance de la technologie, attire les investisseurs, justifie des valorisations délirantes et permet surtout de présenter les géants de l'IA comme les seuls acteurs capables de nous protéger de la menace qu'ils sont eux-mêmes en train de créer. Comme le résume une spécialiste interrogée par la BBC : plus ces entreprises décrivent leurs produits comme des forces quasi-surnaturelles, plus elles nous donnent l'impression que seuls leurs dirigeants sont capables de les contrôler. Une sorte de marketing de l'apocalypse où nos milliardaires préférés jouent simultanément les rôles du pyromane et du pompier …
2/ Vous connaissez la théorie du crack ? En économie, c'est un principe aussi simple que redoutable : offrir un service ou un produit gratuitement jusqu'à rendre les gens accros , puis, d'un coup commencer à les faire payer (de préférence, très cher). Éprouvée par les dealers depuis des décennies ( immortalisée dans The Wire et également revendiquée par 50 Cent , passé du crack au rap ), c'est exactement vers ce modèle que se dirigerait OpenAI , comme nous le raconte le média américain Futurism. Alors que le Financial Times vient de révéler que le fabricant de ChatGPT avait perdu 39 milliards en 2025 (contre « seulement » 5 milliards en 2024), OpenAI et ses petits camarades Anthropic et Google réfléchissent très sérieusement à mettre fin au buffet à volonté, tant leurs coûts sont astronomiques. Jugez plutôt : selon un rapport de SemiAnalysis, un abonnement à ChatGPT Pro facturé 200 dollars coûterait en réalité à OpenAI jusqu'à 14 000 dollars . Bref, la tech découvre un vieux principe économique : la dépendance , c'est rentable… à condition que quelqu'un finisse par payer l'addition .
3/ Michel Foucault aurait probablement adoré l'histoire racontée par cette enquête fascinante de Wired : aux États-Unis, de plus en plus de seniors se voient installer chez eux des dispositifs dopés à l'IA capables d'écouter leurs conversations, détecter leurs toux, surveiller leurs déplacements ou encore repérer des signes de solitude . Une sorte de panoptique « gentil » où la surveillance est déployée en version « bienveillante ». L'article raconte les mésaventures d'un homme de 86 ans équipé d'un boîtier connecté censé lui permettre de vieillir chez lui, en toute sécurité. Le problème ? L'appareil écoute en permanence et retranscrit certaines conversations privées lorsqu'il détecte des mots-clés liés à une chut
La guerre de l'IA a commencé ! Eh oui, pendant des années, les patrons de la Silicon Valley nous ont vendu l'intelligence artificielle comme un simple produit logiciel représentant une commodité de plus . Cette semaine, les États-Unis ont rappelé à tout le monde que l'IA n'est pas du tout comparable à Netflix . À la demande de l'administration Trump, Anthropic a brutalement désactivé l'accès à ses modèles les plus avancés, Fable 5 et Mythos 5 , pour tous les ressortissants étrangers (qu'ils soient à l'intérieur ou à l'extérieur des États-Unis, y compris les employés étrangers d'Anthropic…), avec, comme motif invoqué, la sacro-sainte « sécurité nationale ». Selon The Guardian , Washington soupçonne l'existence d'une méthode permettant de contourner certains garde-fous de Fable 5 pour identifier des failles logicielles . Problème : Anthropic conteste l'ampleur de la menace, parle d'un « malentendu » et considère que son gouvernement est allé un peu vite en besogne . The Economist va encore plus loin, en décrivant une décision « capricieuse et chaotique » qui a laissé les alliés sous le choc . En effet, du côté de l'Hexagone, nos responsables politiques n'ont pas attendu longtemps pour pousser des cris d'orfraie : Gabriel Attal a comparé la situation à celle du détroit d'Ormuz, et les autres, de Bardella à Mélenchon en passant par Édouard Philippe , ont soudain redécouvert les vertus de la « souveraineté numérique ». Rappelons aussi qu'il y a quelques jours, la DGSI a annoncé vouloir remplacer Palantir par un outil national (ce que Palantir a démenti ). Il semblerait que la dépendance au géant de l'analyse de données de masse (dont la proximité avec le gouvernement américain est pour le moins questionnable ) commençait à devenir très inconfortable , c'est d'ailleurs également le cas au Royaume-Uni (2e marché mondial pour la boîte de Peter Thiel et Alex Karp). Bon, et maintenant, on fait comment ? Heureusement, notre président a quelques idées dans sa besace – un nouvel investissement massif dans l'IA , notamment. Qui dit mieux ?
C'est LA bombe du moment : un leak vérifié par Wired vient d'exposer les dessous du groupe privé cofondé par Peter Thiel : Dialog . Un cercle ultra-fermé qui se présente comme un safe space réservé aux puissants afin qu'ils puissent « s'exprimer en toute franchise, au-delà des clivages idéologiques » , et partager « des idées controversées et préoccupantes qu'ils n'oseraient pas aborder ailleurs » ( dixit Axios ). Pendant des décennies, personne n'a jamais rien su de ce club , jusqu'à ce que la hackeuse suisse Maia arson crimew (de son vrai nom Tillie Kottmann ) débarque. Grâce à elle, on peut désormais connaître le charmant programme des retraites privées organisées par Dialog, avec des thèmes tels que « Créer une secte » , « Naviguer dans la Troisième Guerre mondiale » , ou « Technologies de combat »… Quant aux centaines de personnalités exposées par le hack (membres, participants ou invités de Dialog), on retrouve sans grande surprise les usuals suspects de la droite américaine, à commencer par Jared Kushner , le secrétaire au Trésor Scott Bessent , le sénateur Ted Cruz , le secrétaire à l'Armée Dan Driscoll , mais également quelques pontes de la tech comme Elon Musk (bien sûr), le PDG de YouTube, le cofondateur de LinkedIn, le président d'OpenAI, ou encore, et de manière plus surprenante, des stars d'Hollywood comme Josh Brolin ou Joseph Gordon-Levitt (sans oublier une flopée de « milliardaires issus des fonds spéculatifs, responsables étrangers, auteurs et chefs religieux » …). Bref, ça ressemble furieusement à un groupe Bilderberg de la tech, ce qui pose des gi
Une semaine plus tôt qu'en 2025, la Marne redevient nageable dès ce samedi 20 juin. Trois plages d'entrée de jeu - Joinville-le-Pont, Maisons-Alfort, Saint-Maur-des-Fossés - , une eau à 26 °C et ce plaisir un peu fou de nager en pleine ville. Des quais du métro aux quais de la Marne, mode d'emploi.
Le thermomètre fait n'importe quoi, les rames virent au sauna, votre gourde est à sec. Bonne nouvelle : le Grand Paris planque de l'eau gratuite dans ses cimetières, des forêts à -4 °C au bout du Navigo et des parcs qui retirent leurs grilles la nuit. Reste à savoir où - on a fait la liste. Quelques réflexes à garder sous le coude tant que ça cogne.
Pendant que le Grand Paris s'entasse sur les scènes bétonnées du centre, la Petite Ceinture garde ses quelques degrés d'avance. Trois anciennes gares, trois dancefloors gratuits à l'ombre des rails : trance au Hasard Ludique, house afro à la REcyclerie, fanfare au TLM (notre chouchou) Le solstice se dansera à la fraîche.
Le cornet vanille-choco insipide, c'est non. Anaïs Lerma a fait le tour du monde glacé sans sortir de Paris : poudreuse coréenne, brioche sicilienne fourrée minute, mochi roulé sous vos yeux, kakigōri japonais - et même une glace libanaise qui rebondit sous la dent. On part en tournée fraîcheur.
Sous le pont du Landy à Aubervilliers, entre les barges de gravats et le périph qui gronde au loin, l'association La Sauge a fait pousser une ferme. L'été, la guinguette s'allume : DJ, pétanque et crêpes du jeudi au samedi. Et aussi marché de semences et activités famille. Ici, on danse après avoir mis les mains dans la terre.
Pendant le confinement, John Laurenson, correspondant de la BBC à Paris, a fui le vacarme de « l'école à la maison » pour aller travailler dans la forêt près de Rambouillet, dont il n'est jamais vraiment revenu. Il nous raconte une journée de télétravail sous la fraicheur des arbres, ordinateur calé sur un rocher et chevreuils pour seuls collègues.
C'est officiel : depuis le 17 juin, dès que ça chauffe, on se baigne au bassin des Récollets (Paris 10e) de 16 h à 20 h, dans un bassin gratuit et surveillé. Antoine Guillou, adjoint au maire de Paris, assume le pari - « mieux vaut ouvrir la baignade que la subir ». Il glisse au passage une idée : et si se baigner devenait un droit climatique ?
A Brighter Summer Day , d'Edward Yang (1991) — disponible sur Sooner, en VOD et en DVD/Blu-ray On commence par un drame de 4 heures dans le Taiwan des années 60 sur la dure réalité de grandir, les histoires qui évoluent et le temps qui passe. Parce que c'est l'un des plus beaux moyens de passer une soirée d'été, et qu'il y fait doux comme pas deux. Et aussi parce qu'il n'y a pas que Yi Yi dans l'œuvre de Yang qui mérite votre attention (cf notre épisode patrimoine du 27 janvier dernier).
Aftersun , de Charlotte Wells (2022) — disponible sur Mubi, en VOD et en DVD/Blu-ray Un été qui déchire le cœur, un séjour en Turquie pour se replonger dans les souvenirs des derniers moments de son père. Des discussions le bord d'une route, un karaoke dans une soirée encore imprégnée de la chaleur de la journée passée, des sauts dans la piscine. Un sublime film d'été.
Beau Travail , de Claire Denis (1999) — disponible en VOD et en DVD/Blu-ray Dans le Golfe de Djibouti, personne ne viendra vous chercher des noises. Vous pourrez allègrement vous entraîner avec vos confrères de la légion étrangère, avec ces combats à demi-nus dans le désert qui imbibent l'homoérotisme et la sueur. Et dont on devine une chaleur proche de celle qu'on subit, là.
Before Sunset , de Richard Linklater (2004) — disponible en VOD et en DVD/Blu-ray Une journée à Paris en été est rarement aussi belle que celle du couple de la meilleure trilogie du cinéma d'amour contemporain. Pas sûr qu'il faisait la chaleur à crever que l'on traverse aujourd'hui, mais les rayons du soleil qui rebondissent sur la Seine nous rappellent bien l'environnement du week-end que l'on va traverser.
Do the Right Thing , de Spike Lee (1989) — disponible en Mubi, en VOD et en DVD/Blu-ray Un été de canicule à New York, ça a tout de suite une autre saveur. Le premier grand coup d'éclat de Spike Lee n'est pas qu'un grand film sur le vivre ensemble et les communautés délaissées de la grande pomme, mais aussi un grand récit estivale.
Falcon Lake , de Charlotte Le Bon (2022) — disponible en VOD et en DVD/Blu-ray L'été, la chaleur, la moiteur, c'est aussi la découverte de la sexualité. La version Charlotte Le Bon mélange lac québécois, fantômes et coucher de soleil. Sublime visionnage garanti pour celles et ceux qui seraient passé à côté.
L'été de Kikujiro , de Takeshi Kitano (1999) — disponible en DVD/Blu-ray L'un des meilleurs Kitano. Celui-ci, avec ses chemises, sa musique, son ambiance, et son aventure estivale, nous semble être le plus adapté — même si chez le même auteur, on aurait également pu faire un tour du côté du sublime A Scene at the sea , sur fond de surf, et d'histoire d'amour entre un éboueur sourd et sa copine également sourde. De toute façon, même sur certains de ses films de yakuzas comme Sonatine , Kitano reste sur des récits solaires.
L'Inconnu du lac , d'Alain Guiraudie (2013) — disponible en VOD et en DVD La plage de tous les désirs, une émancipation impossible, et un récit aussi triste que beau que sexy qu'effrayant. Et chaud, forcément. Du danger de se rentrer les poils sous une chaleur caniculaire, aussi.
La Grande Bellezza , de Paolo Sorrentino (2013) — disponible sur Paramount+, en VOD et en DVD/Blu-ray Continuez ce petit tour du monde par un passage vers Rome, ses soirées, ses terrasses, la solitude méditative, et sa chaleur suave, et vous ne vivrez cette vague de chaleur qu'avec plus de plaisir. +1 si vous avez la curiosité de regarder d'autres Sorrentino qui sentent bon les rayons du soleil italiens, comme La Main de Dieu ou Parthenope .
La randonnée , de Nicolas Roeg (1971) — disponible en VOD et en DVD/Blu-ray Quand leur père essaie (et rate) de tuer ses deux enfants en plein milieu du désert australien, ceux-ci vont devoir survivre au milieu d'un climat des plus rudes et sans ressources — jusqu'à ce qu'un jeune garçon aborigène leur apprenne la vie dans la nature loin de la vie moderne. On sent la peau se craqueler sous le soleil rien qu'en visionnant ce superbe film injustement méconnu.
Le Bonheur , d'Agnès Varda (1965) — disponible en VOD et en DVD Un tableau de tournesol, d'amour torturé, aussi effrayant
Une semaine plus tôt qu'en 2025, la Marne redevient nageable dès ce samedi 20 juin. Trois plages d'entrée de jeu - Joinville-le-Pont, Maisons-Alfort, Saint-Maur-des-Fossés - , une eau à 26 °C et ce plaisir un peu fou de nager en pleine ville. Des quais du métro aux quais de la Marne, mode d'emploi.
Le thermomètre fait n'importe quoi, les rames virent au sauna, votre gourde est à sec. Bonne nouvelle : le Grand Paris planque de l'eau gratuite dans ses cimetières, des forêts à -4 °C au bout du Navigo et des parcs qui retirent leurs grilles la nuit. Reste à savoir où - on a fait la liste. Quelques réflexes à garder sous le coude tant que ça cogne.
Pendant que le Grand Paris s'entasse sur les scènes bétonnées du centre, la Petite Ceinture garde ses quelques degrés d'avance. Trois anciennes gares, trois dancefloors gratuits à l'ombre des rails : trance au Hasard Ludique, house afro à la REcyclerie, fanfare au TLM (notre chouchou) Le solstice se dansera à la fraîche.
Le cornet vanille-choco insipide, c'est non. Anaïs Lerma a fait le tour du monde glacé sans sortir de Paris : poudreuse coréenne, brioche sicilienne fourrée minute, mochi roulé sous vos yeux, kakigōri japonais - et même une glace libanaise qui rebondit sous la dent. On part en tournée fraîcheur.
Sous le pont du Landy à Aubervilliers, entre les barges de gravats et le périph qui gronde au loin, l'association La Sauge a fait pousser une ferme. L'été, la guinguette s'allume : DJ, pétanque et crêpes du jeudi au samedi. Et aussi marché de semences et activités famille. Ici, on danse après avoir mis les mains dans la terre.
Pendant le confinement, John Laurenson, correspondant de la BBC à Paris, a fui le vacarme de « l'école à la maison » pour aller travailler dans la forêt près de Rambouillet, dont il n'est jamais vraiment revenu. Il nous raconte une journée de télétravail sous la fraicheur des arbres, ordinateur calé sur un rocher et chevreuils pour seuls collègues.
C'est officiel : depuis le 17 juin, dès que ça chauffe, on se baigne au bassin des Récollets (Paris 10e) de 16 h à 20 h, dans un bassin gratuit et surveillé. Antoine Guillou, adjoint au maire de Paris, assume le pari - « mieux vaut ouvrir la baignade que la subir ». Il glisse au passage une idée : et si se baigner devenait un droit climatique ?