Ce moment extraordinaire a été immortalisé par Enric Gener. Et en 2024, elle a été finaliste du prix Ocean Photographer of the Year. Pour raconter ce cliché, il a écrit ceci : « Après environ cinq heures de recherche, nous avons aperçu cette mouette et remarqué que ses pattes n'étaient pas dans l'eau. Nous nous sommes approchés lentement en bateau et avons soudain réalisé qu'elle se tenait sur une tortue de mer. J'ai décidé de sauter à l'eau, pensant trouver la tortue morte puisqu'elle ne bougeait pas. Quand je me suis approché suffisamment près, j'ai vu son visage sous l'eau et compris qu'elle était bien vivante". C'est une scène surréaliste, dans un endroit que j'aime particulièrement, la réserve de biosphère de Minorque en Espagne.
Premier carnet achevé. Quatre publications sur les villes imaginaires sont parues ce mois-ci. L'intégrale ci dessous Anthologie des villes imaginaires (1/4) Anthologie des villes imaginaires (2/4) Anthologie des villes imaginaires (3/4) Anthologie des villes imaginaires (4/4)
🔍 Décryptage : Donald Trump a-t-il un problème de santé mentale ? Les faits ⚠️ On ne va pas diagnostiquer Donald Trump d'une quelconque façon : il n'existe aujourd'hui aucun diagnostic officiel public affirmant que Donald Trump souffrirait d'une quelconque maladie mentale. Pourtant, le sujet prend de l'ampleur aux États-Unis. Donald Trump est très connu pour ses déclarations choc, et ses dernières déclarations, depuis le début de la guerre à grande échelle en Iran, ont sans doute atteint un niveau jamais vu dans l'histoire des États-Unis. ➡️ Donald Trump s'est notamment moqué d'Emmanuel Macron, a affirmé que le prince héritier d'Arabie Saoudite devait désormais "lui lécher le cul", et a écrit sur son réseau social : "Ouvrez le putain de détroit, espèce de tarés, ou vous vivrez en enfer", avant d'ajouter "Gloire à Allah". Il a également menacé de détruire "une civilisation entière" quelques heures avant qu'un cessez-le-feu ne soit conclu, une déclaration au ton ouvertement génocidaire qui a inquiété , certains y voyant une allusion au recours à l'arme nucléaire. Mark Pocan, un élu démocrate du Wisconsin à la Chambre des Représentants, donc du camp opposé à Donald Trump, a notamment affirmé sur X que "Trump est trop déséquilibré, dangereux et dérangé pour avoir accès aux codes nucléaires!".
Encore aujourd'hui, deux cents plus tard, Napoléon Bonaparte déchaîne toujours les passions. Il y a ceux qui l'accablent des millions de morts qu'il a commis et de l'autoritarisme dont il a fait preuve ; et puis ceux qui saluent l'exceptionnel destin de l'enfant corse, devenu à force de conquêtes le maître du monde. Tout le monde lui reconnaît cependant ses extraordinaires talents de stratège. La Chine de Xi Jinping semble même s'inspirer ces temps-ci de l'un des adages de l'Empereur : « N'interrompez jamais votre ennemi lorsqu'il est en train de commettre une erreur. » La maxime figure en une du célèbre hebdomadaire britannique The Economist. Derrière un Donald Trump qui vitupère au premier plan, on aperçoit sur l'image le président de la République Populaire de Chine, la lippe altière. Les déboires des Américains dans leur guerre contre l'Iran font d'une certaine manière les affaires de leur rival systémique. Comme le raconte Quotidien, les Chinois apparaissent bien mesurés et sages aux yeux du monde au regard des errances et des outrances de la Maison-Blanche.
LA FRANCE VA PERDRE 1,7 MILLION D'ÉLÈVES D'ici à 2035, la France devrait perdre près de 1,7 million d'élèves dans ses écoles, collèges et lycées, publics comme privés sous contrat. Pour le ministre de l'Éducation, il s'agit d'une véritable « vague sismique » qui obligera le pays à repenser durablement son offre scolaire sur l'ensemble du territoire. En dix ans, les effectifs scolaires reculeraient de 14,2 %, soit 1 676 800 élèves de moins qu'en 2025. Le choc serait encore plus marqué dans le premier degré, avec 933 000 élèves en moins, contre 743 800 dans le second degré. Dans le scénario intermédiaire retenu par le ministère, le taux de fécondité poursuivrait sa baisse jusqu'à atteindre 1,5 enfant par femme en 2030, avant de se stabiliser, alors que le seuil de renouvellement des générations se situe en moyenne à 2,1 enfants par femme. Derrière la baisse du nombre d'élèves, le vrai débat porte sur les suppressions de postes. Car moins d'élèves peut vite signifier, pour l'administration, moins de classes et moins d'enseignants. Les syndicats refusent justement que la démographie serve d'alibi à une logique purement comptable. Certains y voient même une opportunité. Plutôt que de supprimer des postes, cette baisse des effectifs pourrait permettre de réduire la taille des classes, de renforcer l'enseignement spécialisé ou de redéployer des moyens vers les élèves les plus en difficulté. C'est toute l'ambivalence du moment : la secousse démographique peut servir de prétexte à des coupes budgétaires, ou devenir au contraire un levier de transformation qualitative pour l'école française. Par ailleurs, l'Éducation nationale devra, dans le même temps, remplacer — ou non — environ 300 000 enseignants partis à la retraite d'ici à 2030.
POUVOIR D'ACHAT : VERS LA PIRE ANNÉE DEPUIS 13 ANS ? La guerre au Moyen-Orient ne se contente plus de faire vaciller les marchés ou de faire flamber le pétrole. Elle commence désormais à peser directement sur les ménages français. Selon l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), le pouvoir d'achat pourrait reculer cette année, au point d'enregistrer sa pire performance depuis 2013. Le raisonnement de l'OFCE est simple : si le baril reste durablement élevé, la France en paiera le prix. Dans son scénario central, l'institut retient un prix moyen du pétrole autour de 91 dollars cette année, avant un reflux progressif vers 70 dollars. Même dans cette hypothèse relativement modérée, la flambée des hydrocarbures coûterait déjà 0,2 point de PIB à la France. Surtout, elle ferait repasser l'inflation au-dessus de 2% au second semestre. Et c'est là que la situation se complique. Car cette fois, contrairement à 2022 au moment de l'invasion russe en Ukraine, le gouvernement n'a plus les moyens de déployer un vaste bouclier énergétique ou des aides massives pour amortir le choc. Les économistes de l'OFCE partent justement du principe que l'exécutif s'abstiendra de lancer de nouveaux dispositifs coûteux, afin de préserver sa trajectoire budgétaire. Résultat : les ménages absorbent plus directement la hausse des prix, avec une protection publique plus limitée. Dans ce contexte, le pouvoir d'achat serait directement touché. L'OFCE prévoit un recul de 0,4% en 2026. Mesuré en unité de consommation, c'est-à-dire en tenant compte de la composition des ménages, le repli atteindrait 0,7%. Ce serait, selon l'institut, le chiffre le plus mauvais depuis 2013. Ce diagnostic s'explique par plusieurs facteurs : les salaires réels stagnent, les prestations sociales sont revalorisées avec retard, et le retour de l'inflation énergétique grignote les marges de consommation. Enfin, la consommation des Français est attendue en quasi-stagnation, tout comme l'investissement des entreprises, au moins jusqu'à l'automne. Les ménages commenceraient à puiser dans leur épargne pour maintenir leurs dépenses, ce qui ferait reculer le taux d'épargne d'environ un point en 2026.
La pétition contre la proposition de loi Yadan, qui vise à " lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme", a réuni plus de 600 000 signatures. Du jamais-vu pour un texte qui n'influe ni sur le prix des carburants, ni sur les revendications quotidiennes des Français. Au-delà de ses amendements, sur lesquels chacun aura son opinion, ce sont les arguments de la pétition qui interpellent. "Lorsque l'on lit l'exposé des motifs" , précise le texte, "on remarque un amalgame entre l'antisémitisme et la critique d'Israël (antisionisme)." NON ! La critique d'Israël, c'est la critique de la politique israélienne, de son gouvernement, de son orientation. L'antisionisme, c'est s'opposer au sionisme, et par la même s'opposer à l'existence même de l'État. Lorsqu'on dit, à juste titre, que la majorité des juifs sont "sionistes", c'est qu'ils sont attachés à l'existence d'un État juif, pas à la pérennité d'un Ben-Gvir… La pétition s'alarme du danger pour la liberté d'expression, arguant que " des slogans pacifistes comme « l'égalité et la liberté pour tous de la mer au Jourdain » pourraient faire l'objet de condamnations" . Le refrain scandé n'a pourtant jamais précisé que la liberté était prévue "pour tous" mais bien " From the river to the sea Palestine will be free" … Enfin la pétition feint de s'inquiéter : la loi " desservirait la lutte contre l'antisémitisme en assimilant les Juives et les Juifs à la politique de Netanyahu" . Trop aimable. Mais alors pourquoi, dans nos manifestations et sur nos réseaux, les français(es) de confession juive sont-ils systématiquement traités de "sionistes génocidaires", de "fascistes" ou de "nazis" ? Quand on ne leur promet pas quelques sévices bien sentis… Posons la question de la manière la plus retenue : l'antisionisme, qui a remplacé la légitime critique politique, et aspire à l'effacement d'un État, n'exprime-t-il pas une hostilité plus générale ?! Les victimes des 1 676 actes antisémites recensés en France en 2023, des 3 000 incidents aux États-Unis et des 4 000 au Royaume-Uni se la posent aussi.
De mannequin à cuisinière gastronome, Lee Miller a eu plusieurs vies, toutes habitées par la conviction, l'intelligence, le courage et l'engagement. Successivement, et tour à tour, muse, photographe de mode, artiste surréaliste, portraitiste à succès, correspondante de guerre, elle a été de tous les combats, du féminisme au témoignage mémoriel. Il serait trop long de brosser ici le portrait complet de cette femme, aussi belle qu'audacieuse, dont la petite enfance fut marquée par une insupportable agression et une relation troublante avec son père, et qui n'a eu de cesse de défendre la vérité et la création. Réduire son incroyable production photographique aux « seules » photos de la Seconde Guerre mondiale, pourtant absolument essentielles, serait méconnaître l'extraordinaire variété de son œuvre et l'exigence avec laquelle elle entreprenait chacun de ses projets, des plus commerciaux aux plus sulfureux, en passant par les plus fondamentaux. Il faut lire les cartels pour mesurer la "qualité du cerveau associé à l'appareil photo". Car Lee Miller, au-delà des collaborations créatrices qui jalonnent sa carrière (Man Ray, Éluard, Picasso…), accompagne chacun de ses reportages de textes profonds et saisissants. Elle qui regrettera en 1940 « de continuer à travailler pour une revue aussi frivole que Vogue, sans doute bon pour le moral du pays, mais effroyable pour le mien », convainc pourtant le journal de publier ses photos de guerre. De ce conflit, Lee Miller a tout documenté : les premières bombes au napalm sur Saint-Malo, le Blitz londonien, la baignoire d'Hitler — dans laquelle elle et son inséparable ami David Scherman s'offrent un bain libérateur — jusqu'aux abominations perpétrées dans les camps de Dachau et de Buchenwald, dont elle ne se remettra pas. « Je vous supplie de croire que c'est vrai », implore-t-elle auprès de la rédaction de Vogue, qui accepte de faire paraître ses clichés sous le titre « BELIEVE IT ». La cuisine, la vie domestique, les amis célèbres, mais aussi l'alcool et la dépression occupent la dernière partie de son existence, à Farley Farm House dans le Sussex, auprès de Roland Penrose, acteur majeur du mouvement surréaliste en Angleterre. Lee Miller a passé la moitié de son existence à révéler le beau et l'autre à témoigner de l'horreur. Lee Miller Musée d'Art Moderne jusqu'au 2 août 2026