LA VICTOIRE EN TOC
Obtenant un cessez-le-feu fragile, Trump crie dĂ©sormais victoire, clamant qu'il va obliger l'Iran Ă des concessions majeures. Mais, pour l'instant, le rĂ©sultat de cette guerre fait douter les plus fervents partisans de l'AmĂ©rique. DrĂŽle de guerre, dĂ©cidĂ©ment. La premiĂšre armĂ©e du monde attaque l'Iran, alliĂ©e Ă la premiĂšre puissance militaire de la rĂ©gion. RĂ©sultat : au moment oĂč arrive le cessez-le-feu, on se demande Ă quoi a vraiment servi l'opĂ©ration « Fureur Ă©pique ».
Un cessez-le-feu aux résultats incertains
Le changement de rĂ©gime ? Il consiste Ă remplacer des mollahs fanatiques par des Gardiens de la RĂ©volution encore plus fanatiques. La puissance de feu de la RĂ©publique islamique ? Elle est certes amoindrie, mais existe toujours et pourra ĂȘtre reconstituĂ©e. La marche vers l'arme nuclĂ©aire ? On n'en sait pas plus qu'au dĂ©but du conflit : les stocks d'uranium enrichi sont sous terre sans qu'on sache Ă quel endroit ni comment on pourra les contrĂŽler. L'ouverture du dĂ©troit d'Ormuz ? Pas de quoi bomber le torse : il Ă©tait ouvert avant la guerre et les Iraniens prĂ©tendent maintenant le prendre en main. Quant au peuple iranien, il se retrouve soumis Ă une rĂ©pression encore plus fĂ©roce et le rĂ©gime peut s'enorgueillir d'avoir rĂ©sistĂ© Ă une offensive massive, gagnant ainsi un prestige inĂ©dit parmi les mouvements islamistes et auprĂšs du « Sud global ». Comme dit Trump : une rĂ©ussite « Ă 100 % »âŠ
L'image affaiblie de la puissance américaine
L'OTAN, disait le prĂ©sident amĂ©ricain, est « un tigre de papier ». Et si, finalement, c'Ă©tait lui, le tigre de papier ? Il convoite le Groenland : le dĂ©ploiement d'une poignĂ©e de soldats europĂ©ens sur la grande Ăźle du Nord le fait reculer. Il prĂ©tend convaincre son ami Poutine et arrĂȘter la guerre en Ukraine : le conflit se poursuit inĂ©branlablement et l'« ami » Vladimir mĂšne l'AmĂ©rique en bateau. Il annonce enfin la paix Ă Gaza et dans tout le Moyen-Orient : les Gazaouis continuent de souffrir et la rĂ©gion est Ă feu et Ă sang. Entre-temps, l'OTAN est plongĂ©e dans l'incertitude et l'alliance transatlantique a volĂ© en Ă©clats. Devant ce bilan calamiteux, accompagnĂ© des insultes et des borborygmes qui Ă©manent de la Maison-Blanche, une escouade de dĂ©putĂ©s amĂ©ricains affirme que Donald Trump n'a plus toute sa tĂȘte et parle Ă haute voix de sa destitution. Qui peut leur donner tort ?
PRĂSIDENTIELLE Parti socialiste : le rififi permanent
Entre Boris Vallaud qui veut construire une coalition autour d'un candidat socialiste ; d'autres qui prĂ©fĂšrent un congrĂšs extraordinaire ; et Olivier Faure qui tente de sauver sa petite primaire, la tension est Ă son comble au Parti socialiste oĂč chaque mardi le Bureau national est l'occasion d'une nouvelle altercation.
TRAVAIL DE SAPE Comment l'extrĂȘme-droite veut torpiller l'UE
Dans le midi brun, les élus du RN retirent le drapeau européen des mairies. En Hongrie, Marine Le Pen encense le national-populiste Orban à quatre jours du scrutin législatif. Partout sur le continent, l'offensive contre l'UE se généralise.
SOUS LES RADARS Sabotage des Midterms : l'autre guerre de Trump
Tandis que Trump multiplie les sorties baroques et contradictoires sur l'Iran, le travail de sape contre l'Ă©quitĂ© des Ă©lections de mi-mandat se poursuit. La vigilance citoyenne sera plus que jamais nĂ©cessaire face Ă un prĂ©sident prĂȘt Ă tout pour garder son pouvoir.
OPPORTUNISME Trump exploite l'antisémitisme contre Harvard
En attaquant réguliÚrement Harvard au nom de la lutte contre l'antisémitisme, Trump ouvre un double front contre l'université et contre ceux qu'il prétend défendre, dans un contexte déjà fragile pour la liberté académique comme pour les Juifs américains.
GĂOPOLITIQUE France-IsraĂ«l : je t'aime, moi non plus
Depuis la crĂ©ation de l'Ătat hĂ©breu, les relations avec la France ont Ă©tĂ© marquĂ©es par des pĂ©riodes alternĂ©es de solidaritĂ© et de distance. Jusqu'Ă l'arrivĂ©e au pouvoir de NetanyahouâŠ
Ădition FR - Ă la une aujourd'hui: La contamination chimique des cires dâabeille, un problĂšme sanitaire qui passe sous les radars Cliquez ici pour lire ce message sur votre navigateur https://theconversationfrance.cmail20.com/t/r-e-tulkiddt-pjtjlhrllu-ju/ Ădition FR | 9/4/2026 [https://theconversation.com] Ă la Une Gen Z : oui, lâargent reste un facteur important [https://theconversation.com/gen-z-non-la-quete-de-sens-nest-pas-la-priorite-pour-les-jeunes-peu-qualifies-oui-largent-reste-un-facteur-important-275850] Ces Ă©lus issus de l'immigration confrontĂ©s au racisme [https://theconversation.com/ces-elus-issus-de-limmigration-confrontes-au-racisme-280049] Une nouvelle piste pour stocker l'Ă©nergie solaire [https://theconversation.com/le-solaire-au-secours-du-reseau-cest-contre-intuitif-et-pourtant-le-photovoltaique-pourrait-contribuer-a-stocker-lelectricite-279710] Le sujet du jour On imagine volontiers les cires dâabeille, cet autre produit de la ruche rĂ©coltĂ© en mĂȘme temps que le miel, comme dâorigine strictement naturelle. Les ouvriĂšres peuvent certes en fabriquer, mais les apiculteurs procĂšdent gĂ©nĂ©ralement Ă des apports extĂ©rieurs de cire, que les abeilles utiliseront ensuite directement pour construire les alvĂ©oles. LâintĂ©rĂȘt ? Leur Ă©viter de sâĂ©puiser et leur permettre de garder alors davantage dâĂ©nergie pour fabriquer du miel. Or, si dans les grandes exploitations apicoles, les apiculteurs recyclent en gĂ©nĂ©ral les cires dâune annĂ©e sur lâautre, ailleurs, ils peuvent recourir Ă des feuilles de cire gaufrĂ©es achetĂ©es dans le commerce. Celles-ci peuvent ĂȘtre vectrices de contaminations chimiques multiples, rĂ©vĂšle lâAgence nationale de sĂ©curitĂ© sanitaire (Anses) dans un avis qui dresse un Ă©tat des lieux inĂ©dit de ce problĂšme sanitaire qui passait, jusquâici, sous les radars [https://theconversation.com/la-contamination-chimique-des-cires-dabeilles-un-probleme-sanitaire-qui-passe-sous-les-radars-279049]. Bonne lecture ! P.S. : Chaque jeudi, retour sur lâactualitĂ© environnementale⊠Abonnez-vous Ă notre newsletter Ici la Terre ! [https://theconversation.com/fr/newsletters?promoted=la-newsletter-environnement-150] Sarah Sermondadaz Cheffe de rubrique environnement et Ă©nergie La newsletter d'aujourd'hui est parrainĂ©e par le Forum Normandie pour la Paix [https://www.normandiepourlapaix.fr/des-espoirs-de-paix] La contamination chimique des cires dâabeille, un problĂšme sanitaire qui passe sous les radars [https://theconversation.com/la-contamination-chimique-des-cires-dabeille-un-probleme-sanitaire-qui-passe-sous-les-radars-279049] Julie Chiron, Agence nationale de sĂ©curitĂ© sanitaire de lâalimentation, de lâenvironnement et du travail (Anses) La cire, essentielle Ă la ruche, piĂšge aussi les polluants. Selon lâAnses, presque toutes les cires sont contaminĂ©es, surtout celles issues des enseignes commerciales gĂ©nĂ©ralistes. Gen Z : Non, la quĂȘte de sens nâest pas la prioritĂ© pour les jeunes peu qualifiĂ©s. Oui, lâargent reste un facteur important [https://theconversation.com/gen-z-non-la-quete-de-sens-nest-pas-la-priorite-pour-les-jeunes-peu-qualifies-oui-largent-reste-un-facteur-important-275850] Jean-François Garcia, EM Normandie La gĂ©nĂ©ration Z est en quĂȘte de sens. Non, pas entiĂšrement, car les jeunes peu qualifiĂ©s, souvent issus de milieux dĂ©favorisĂ©s, doivent aussi gagner de lâargent. Ces Ă©lus issus de lâimmigration confrontĂ©s au racisme [https://theconversation.com/ces-elus-issus-de-limmigration-confrontes-au-racisme-280049] Marie-HĂ©lĂšne BacquĂ©, UniversitĂ© Paris Nanterre; Claudette Lafaye, UniversitĂ© Paris 8 â Vincennes Saint-Denis Des candidats issus de lâimmigration se sont imposĂ©s lors du scrutin municipal de mars 2026, suscitant des rĂ©actions racistes. Portraits et tĂ©moignages de ces Ă©lus. Une nouvelle piste pour stocker lâĂ©nergie solaire⊠et fournir de lâĂ©lectricitĂ© quand le soleil sâabsente [https://theconversation.com/une-nouvelle-piste-pour-stocker-lenergie-solaire-et-fournir-de-lelectricite-quand-le-soleil-sabsente-279710] Vera Moerbeek, Centre national de la recherche scientifique (CNRS); UniversitĂ© de Perpignan Via Domitia LâĂ©nergie solaire est associĂ©e Ă des problĂšmes dâintermittence, car elle ne gĂ©nĂšre dâĂ©lectricitĂ© que quand le soleil brille. Certains dispositifs pourraient permettre de stocker le rayonnement solaire sous forme de chaleur, et de rĂ©cupĂ©rer lâĂ©nergie sous forme dâĂ©lectricitĂ©. Politique + SociĂ©tĂ© « For shhure » : quand lâaccent Ă©tranger devient politique [https://theconversation.com/for-shhure-quand-laccent-etranger-devient-politique-277534] GrĂ©gory Miras, UniversitĂ© de Lorraine; Adam Wilson, UniversitĂ© de Lorraine Dans le champ politique, les accents sont utilisĂ©s comme marqueurs de lĂ©gitimitĂ© ou dâexclusion. SantĂ© Recourir Ă une IA quand on nâest pas mĂ©decin nâaide pas Ă poser un meilleur diagnostic [https://theconversation.com/recourir-a-une-ia-quand-on-nest-pas-medecin-naide-pas-a-poser-un-meilleur-dia
đ DĂ©cryptage : Cessez-le-feu en Iran : ce qu'il faut savoir âĄïž AprĂšs plus d'1 mois de bombardements menĂ©s par les Ătats-Unis et IsraĂ«l en Iran et de reprĂ©sailles iraniennes dans plusieurs pays de la rĂ©gion, Donald Trump a fortement haussĂ© le ton ces derniers jours. AprĂšs avoir reportĂ© de nombreux ultimatums dans le cadre des nĂ©gociations, il a menacĂ© ce mardi de dĂ©truire une "civilisation entiĂšre" si aucun accord n'Ă©tait trouvĂ© avant la fin de son ultimatum, fixĂ© Ă 20h, heure de Washington. Finalement, dans la nuit de mardi Ă mercredi, Donald Trump a annoncĂ© qu'il acceptait de suspendre pendant 2 semaines les bombardements contre l'Iran et qu'il Ă©tait prĂȘt Ă un cessez-le-feu si l'Iran rouvrait "complĂštement" le dĂ©troit d'Ormuz , un passage stratĂ©gique par lequel transite une grande partie du pĂ©trole mondial. L'Iran a acceptĂ© cette condition. Dans la foulĂ©e, le Premier ministre du Pakistan, impliquĂ© dans les nĂ©gociations, a affirmĂ© qu'un "cessez-le-feu immĂ©diat y compris au Liban et ailleurs" avait Ă©tĂ© acceptĂ© par les Ătats-Unis et l'Iran . Selon lui, des discussions devraient dĂ©buter au Pakistan dans les prochains jours pour tenter d'aboutir Ă un accord de paix durable, comme le souligne Ouest-France . â ïž Il ne s'agit pour l'instant que d'un cessez-le-feu, donc d'une suspension temporaire des combats. Le bilan humain reste trĂšs lourd : plus de 3 000 morts et 20 000 blessĂ©s en Iran selon des ONG, et 13 militaires tuĂ©s cĂŽtĂ© Ă©tats-unien. Qu'est-ce qui a pu mener Ă ce cessez-le-feu ? Ce tournant s'explique notamment par la proposition d'un plan en 10 points proposĂ© par l'Iran, que Donald Trump juge "viable" pour des futures nĂ©gociations, comme le rapporte la BBC . Ce plan inclut notamment la fin des hostilitĂ©s, le retrait des forces amĂ©ricaines de la rĂ©gion et la fin des conflits en Irak, au YĂ©men et au Liban
Une flambĂ©e de la demande IA, une pĂ©nurie mondiale de mĂ©moire, et un gĂ©ant corĂ©en prĂȘt Ă dĂ©vorer le sommet de la tech. Le groupe ne brille pas par ses tĂ©lĂ©phones (ils gĂ©nĂšrent moins de 5% de ses bĂ©nĂ©fices) mais plutĂŽt par ses puces mĂ©moire. Et grĂące Ă elles, tous les ingrĂ©dients sont rĂ©unis pour propulser Samsung Electronics â n°1 mondial des puces mĂ©moire â vers des bĂ©nĂ©fices inĂ©dits. Ă l'Ă©troit les derniĂšres annĂ©es, le groupe sud-corĂ©en vit un « cycle super », dopĂ© par l'appĂ©tit insatiable des datacenters d'IA. Le rĂ©sultat est Ă©blouissant : au premier trimestre de 2026, Samsung annonce un profit opĂ©rationnel de 57 200 milliards de wons (environ 33 milliards d'euros), soit 8 fois celui de l'an dernier sur la mĂȘme pĂ©riode. C'est mĂȘme 3 fois plus que son record du trimestre prĂ©cĂ©dent, et cela suffirait Ă Ă©galer les bĂ©nĂ©fices annuels de 2025 du constructeur. La firme est en route pour dĂ©gager 200 milliards de dollars de bĂ©nĂ©fices sur la totalitĂ© de l'annĂ©e 2026, ce qui en ferait l'entreprise la plus rentable de tous les temps. Comment expliquer un tel bond ? Il suffit de regarder les prix des composants clĂ©s. Sur 3 mois, le prix des puces mĂ©moire DRAM a quasiment doublĂ© et celui des puces NAND âdeux types de mĂ©moire utilisĂ©s dans tous les appareils Ă©lectroniques (smartphones, ordinateurs, serveursâŠ) â a grimpĂ© de prĂšs de 80%, selon Meritz Securities. La raison est simple : la production mondiale ne suit plus la demande. Les gros clients (hyperscalers, Big Tech) redoutent de tomber Ă court de mĂ©moire pour leurs calculateurs d'IA, et Samsung est l'un des rares Ă pouvoir livrer en masse. Entre GPU de Nvidia et serveurs Google, chaque composant Samsung se vend au prix fort. En 2025, les seuls GAFA ont investi 400 milliards de dollars dans ces machines et y verseront 650 milliards en 2026. Les analystes tablent sur un profit annuel de prĂšs de 185 milliards d'euros en 2026 (320 000 milliards de wons), grĂące aux trimestres suivants qui devraient grimper. Sur cette trajectoire, l'entreprise dĂ©trĂŽnerait sans coup fĂ©rir les gĂ©ants technologiques occidentaux. 2025 avait Ă©tĂ© dominĂ© par Alphabet (112 milliards d'euros de profit) et Apple, mais « l'annĂ©e de l'IA » pourrait voir Samsung rafler la mise. DĂ©jĂ , les investisseurs s'enhardissent : le marchĂ© est dĂ©sormais dopĂ© par la pĂ©nurie, alors que le PDG de Samsung vante les contrats pluriannuels (3â5 ans) pour sĂ©curiser l'approvisionnement. La bourse ne s'y trompe pas : le cours de Samsung a Ă©tĂ© multipliĂ© par quatre depuis un an. La leçon est double : d'abord, la raretĂ© profite Ă ceux qui la maĂźtrisent. Samsung, longtemps prenable dans l'IA, s'est rĂ©armĂ© et domine Ă nouveau le haut de gamme (DRAM classique et HBM). Ensuite, le groupe illustre la forte cyclicitĂ© du marchĂ© : lĂ oĂč des annĂ©es 2023â2024 Ă©taient marquĂ©es par la surcapacitĂ© et la chute des prix, l'essor de l'IA a tout inversĂ© en quelques mois. Samsung retrouve sa couronne sur le segment ultraciblĂ© des mĂ©moires HBM Ă large bande passante, indispensables aux super-calculeurs d'IA. Pour faire tourner ChatGPT, Gemini ou Claude, chaque puce GPU (Nvidia) doit ĂȘtre alimentĂ©e par une demi-douzaine de puces HBM, aujourd'hui fournies soit par Samsung Electronics, soit par son rival SK Hynix. Longtemps relĂ©guĂ© derriĂšre SK Hynix (et mĂȘme l'AmĂ©ricain Micron), le Sud-CorĂ©en propose aujourd'hui les HBM les plus avancĂ©es du marchĂ©. Samsung a de nouveau pris de l'avance technologique : en fĂ©vrier, il a annoncĂ© avoir Ă©tĂ© le premier au monde Ă produire en masse les puces de gĂ©nĂ©ration HBM4, et il prĂ©voit de lancer cette annĂ©e des Ă©chantillons de HBM4E (version enrichie). Ces progrĂšs lui ont permis de dĂ©crocher d'immenses contrats avec Nvidia, Google et autres gĂ©ants du cloud, qui sĂ©curisent ainsi leur approvisionnement en mĂ©moire alors que la pĂ©nurie mondiale se prolonge. Les experts restent toutefois prudents : la fin du conflit moyen-oriental (qui a dĂ©jĂ fait exploser les coĂ»ts Ă©nergĂ©tiques et de fabrication) pourrait refroidir la demande. Pour l'instant, en plein « supercycle », Samsung profite
Avec son nouveau modĂšle d'IA, Meta tente de revenir dans la course Si ce n'est pas la tentative de la derniĂšre chance pour Meta, cela y ressemble fortement. Mercredi, la maison mĂšre de Facebook, Instagram et WhatsApp a prĂ©sentĂ© un nouveau grand modĂšle de langage, le premier conçu par le Superintelligence Labs, l'Ă©quipe montĂ©e Ă grand frais l'an passĂ© pour combler le retard accumulĂ© dans l'intelligence artificielle gĂ©nĂ©rative. BaptisĂ© Muse Spark, il affiche des performances proches de celles des modĂšles d'OpenAI, Google ou Anthropic â Ă une exception notable: la programmation informatique, devenue ces derniers mois un enjeu primordial. L'open source abandonnĂ© Ce modĂšle "n'est que le dĂ©but", assure l'entreprise de Menlo Park, qui promet de lancer Ă l'avenir des versions plus puissantes. Mais il marque dĂ©jĂ un changement stratĂ©gique majeur, impulsĂ© par Alexandr Wang, le nouveau patron de l'IA: il est pour l'instant propriĂ©taire, et non open source comme ses prĂ©dĂ©cesseurs â un choix qui allait alors Ă contre-courant des autres acteurs amĂ©ricains. Meta prĂ©voit Ă©galement de commercialiser des API, permettant aux dĂ©veloppeurs d'utiliser Muse Spark dans leurs applications, sa premiĂšre tentative de monĂ©tisation de l'IA. Enfin au niveau des modĂšles concurrents, Meta envisage une autre voie de monĂ©tisation: des abonnements payants sur Meta AI, le chatbot maison que Mark Zuckerberg rĂȘve en concurrent Ă ChatGPT et Gemini, ainsi que sur ses rĂ©seaux sociaux. En attendant, le modĂšle a dĂ©jĂ Ă©tĂ© dĂ©ployĂ© aux Ătats-Unis sur l'application et le site Internet de Meta AI. Il sera disponible "au cours des prochaines semaines" dans d'autres pays, mais peut-ĂȘtre pas en Europe. Il sera Ă©galement intĂ©grĂ© aux diffĂ©rentes plateformes de la sociĂ©tĂ©, ainsi qu'Ă ses lunettes connectĂ©es [ https://substack.com/redirect/535ce32c-b9eb-4bd2-920f-26b6f47b1a84?j=eyJ1IjoiODZtZHc4In0.90GC0A0ErF8x40p78mrmttgDq2jszH6obAJ73YWGN1o ]. Mark Zuckerberg aux commandes Le lancement de Muse Spark intervient un an aprĂšs celui de Llama 4. La quatriĂšme version du modĂšle open source de Meta devait ĂȘtre "la plus avancĂ©e du marchĂ©", avait promis Mark Zuckerberg. Mais elle s'est soldĂ©e par un Ă©chec retentissant pour le milliardaire. Les premiĂšres dĂ©clinaisons ont reçu un accueil peu enthousiaste, en raison de leurs limitations techniques. Et le dĂ©ploiement de la version la plus puissante a Ă©galement Ă©tĂ© reportĂ© pour des performances jugĂ©es dĂ©cevantes, avant que son dĂ©veloppement ne soit dĂ©finitivement abandonnĂ©. AprĂšs cet Ă©chec, Mark Zuckerberg a repris les choses en main. Le patron de Meta s'est personnellement impliquĂ© dans la crĂ©ation du Superintelligence Labs, n'hĂ©sitant pas Ă dĂ©bourser 14,3 milliards de dollars pour recruter Alexandr Wang, via une acquisition dĂ©guisĂ©e de sa start-up Scale AI [ https://substack.com/redirect/535ce32c-b9eb-4bd2-920f-26b6f47b1a84?j=eyJ1IjoiODZtZHc4In0.90GC0A0ErF8x40p78mrmttgDq2jszH6obAJ73YWGN1o ]. Il a Ă©galement dĂ©bauchĂ© des dizaines d'ingĂ©nieurs et de chercheurs [ https://substack.com/redirect/06628a3d-4a10-4c09-beb1-850a02651c66?j=eyJ1IjoiODZtZHc4In0.90GC0A0ErF8x40p78mrmttgDq2jszH6obAJ73YWGN1o ] chez OpenAI, Google ou encore Apple, offrant Ă certains des rĂ©munĂ©rations, en salaires et actions, Ă neuf chiffres. "Il faut une petite Ă©quipe, donc chaque poste est extrĂȘmement prĂ©cieux", justifiait-il dans un podcast. La derniĂšre chance ? Objectif: rattraper le retard accumulĂ© ces derniĂšres annĂ©es. Pour y parvenir, Mark Zuckerberg veut maintenir le rythme des investissements, quitte Ă dĂ©penser beaucoup plus que nĂ©cessaire. "Si nous dĂ©pensons mal quelques centaines de milliards de dollars, ce sera Ă©videmment trĂšs regrettable, poursuivait-il. Mais le risque est plus grand d'avancer trop lentement dans ce qui va constituer la technologie la plus importante de l'histoire". En 2026, la sociĂ©tĂ© prĂ©voit ainsi de doubler ses dĂ©penses en capital, pour atteindre un niveau record compris entre 115 et 135 milliards. Le lancement de Muse Spark est crucial pour Meta. Un Ă©chec ne serait pas seulement un revers majeur pour Mark Zuckerberg, qui assurait en janvier que les nouveaux modĂšles seraient "trĂšs bons", dĂ©montrant la "trajectoire rapide" de progrĂšs. Il consacrerait aussi l'incapacitĂ© du groupe Ă rivaliser avec les leaders de l'IA, tout en renforçant les interrogations sur l'ampleur des investissements engagĂ©s depuis deux ans. En cas de dĂ©convenue, Meta pourrait ĂȘtre contraint de revoir sa stratĂ©gie et de s'appuyer sur des modĂšles externes â une option dĂ©jĂ envisagĂ©e, mais jusqu'ici Ă©cartĂ©e.
La start-up Suno fait de la rĂ©sistance face Ă l'industrie du disque Se sentant menacĂ©es par l'essor de l'intelligence artificielle gĂ©nĂ©rative, les grandes maisons de disques pensaient avoir fait le plus dur. Fin 2025, elles avaient en effet obtenu des accords Ă leur avantage avec plusieurs start-up du secteur, en Ă©change de l'abandon des poursuites engagĂ©es pour violation du droit d'auteur. Cinq mois plus tard, toutefois, la principale d'entre elles, l'amĂ©ricaine Suno, refuse toujours de se plier Ă leurs exigences. Et les nĂ©gociations menĂ©es avec Universal Music et Sony sont dĂ©sormais dans l'impasse, rapporte le Financial Times. Une disposition cristallise particuliĂšrement les tensions: l'interdiction de tĂ©lĂ©charger les titres gĂ©nĂ©rĂ©s par les utilisateurs de la plateforme. L'an passĂ©, Universal avait obtenu gain de cause auprĂšs d'Udio, principale rivale de Suno. La major, qui reprĂ©sente Taylor Swift, Drake, Adele, Elton John ou encore U2, exige les mĂȘmes garanties. Son objectif: empĂȘcher que ces morceaux soient ensuite diffusĂ©s sur les plateformes de streaming pour engranger des royalties au dĂ©triment des artistes â et donc des maisons de disques. Une condition que Suno refuse. 40% de chansons gĂ©nĂ©rĂ©es par l'IA Depuis deux ans, l'essor de l'IA gĂ©nĂ©rative inquiĂšte l'industrie du disque. Les offres de streaming sont dĂ©jĂ inondĂ©es d'innombrables chansons créées avec Suno, Udio et autres outils capables de reproduire des voix, d'Ă©crire des paroles et de composer des mĂ©lodies. Sur Deezer, par exemple, elles reprĂ©sentent dĂ©sormais 39% des nouveaux morceaux ajoutĂ©s au catalogue, contre seulement 10% dĂ©but 2025. Elles captent Ă©galement une part croissante de l'audience: 3% du temps d'Ă©coute, contre seulement 0,5% il y a six mois, indique la plateforme française. Face Ă cette menace, le premier rĂ©flexe des maisons de disques a Ă©tĂ© de saisir la justice. Mais leurs plaintes se heurtent Ă un vide juridique: les droits d'auteur n'interdisent pas Ă un modĂšle d'IA de s'inspirer d'un artiste pour Ă©crire des paroles ou composer une mĂ©lodie. C'est le principe de fair use, qui semble autoriser un "usage raisonnable" de chansons protĂ©gĂ©es pour en crĂ©er de nouvelles. Les majors ont donc revu leur stratĂ©gie: elles ne cherchent plus Ă lutter contre un changement qui apparaĂźt inĂ©luctable, mais Ă l'accompagner afin d'en capter une grande partie de la valeur. MĂ©contentement des utilisateurs Fin novembre, Suno a dĂ©jĂ trouvĂ© un accord avec Warner Music [ https://substack.com/redirect/2ad5a6dd-5fa5-4727-9a06-4cc22edc1197?j=eyJ1IjoiODZtZHc4In0.90GC0A0ErF8x40p78mrmttgDq2jszH6obAJ73YWGN1o ], qui compte Dua Lipa, Coldplay et Ed Sheeran dans son portefeuille. La start-up a obtenu le droit d'entraĂźner ses futurs modĂšles sur une partie du catalogue de la major amĂ©ricaine. Ses utilisateurs pourront Ă©galement crĂ©er des titres en reproduisant la voix d'un interprĂšte ou en remixant des chansons existantes. En Ă©change, les arti
L'Europe dit non aux images IA (enfin, presque) đȘđș Commission, Parlement, Conseil : les trois principales institutions de l'UE ont interdit Ă leurs Ă©quipes de com' d'utiliser des visuels gĂ©nĂ©rĂ©s par IA dans les communications officielles. Pour plus "d'authenticitĂ©". Un contraste net avec Trump, qui a publiĂ© au moins 36 images IA sur Truth Social depuis son investiture. " J'aimerais bien que l'UE utilise l'IA pour trouver des synonymes au fait d'ĂȘtre 'terriblement inquiĂšte' " â Greg, profondĂ©ment inquiet
La France veut forcer l'IA Ă prouver qu'elle n'a pas volĂ© âïž Une proposition de loi dĂ©battue depuis mercredi au SĂ©nat propose de renverser la charge de la preuve face Ă l'IA. Jusqu'ici, c'est Ă l'artiste de dĂ©montrer que son Ćuvre a Ă©tĂ© pillĂ©e. Le texte de la sĂ©natrice Laure Darcos (Horizons) impose aux fournisseurs de justifier qu'ils n'ont pas utilisĂ© l'Ćuvre. Si adoptĂ©, la France serait le premier pays au monde Ă lĂ©gifĂ©rer ainsi. " Est-ce que les sĂ©nateurs peuvent prouver qu'ils n'ont pas utilisĂ© l'IA pour Ă©crire cette proposition de loi ? " â Greg, gravement inquiet
Le nouveau Claude est trop dangereux pour vous đ Anthropic affirme que son nouveau modĂšle, Claude Mythos, est trop puissant pour ĂȘtre rendu public. Ă la place, la boĂźte le rĂ©serve pour l'instant Ă 40 entreprises (Apple, Google, Microsoft, Cisco, Linux FoundationâŠ). Mission : scanner et corriger les failles de sĂ©curitĂ© dans les logiciels critiques. Le modĂšle aurait dĂ©jĂ trouvĂ© des milliers de vulnĂ©rabilitĂ©s, dont un bug vieux de 27 ans dans OpenBSD, un systĂšme rĂ©putĂ© inviolable. " Construire des bombes et vendre des abris anti-atomiques, c'est quand mĂȘme le meilleur business model de la dĂ©cennie " â Greg, admiratif malgrĂ© lui
Discuter avec un chatbot vous centrise âźïž Les chatbots nous font l'inverse des rĂ©seaux sociaux, d'aprĂšs le data journaliste en chef du Financial Times . AprĂšs avoir testĂ© toutes les IA populaires sur des sujets clivants, il s'est aperçu que chacune, Ă leur façon, tendaient Ă dĂ©polariser le sujet, Ă le rendre moins tranchĂ©. Bref, tout l'inverse du discours ambiant sur les rĂ©seaux sociauxâŠmais ne sautez pas de joie tout de suite car⊠Discuter avec un chatbot vous rend trop sĂ»r de vous đ§ La validation permanente que nous donnent les AI quand nous discutons avec elles nous rend impermĂ©ables Ă la critique. Une Ă©tude parue dans Science nous explique qu'en moyenne, les chatbots soutiennent nos propres opinions 49% plus de fois plus qu'un humain. Cette validation nous rend plus entĂȘtĂ©s : on change moins facilement de position, mĂȘme lorsque l'on nous oppose un argument logique. " SĂ»r de moi et centriste? Je vais tellement voter Bayrou Ă la prĂ©sidentielle " â Mat, engagĂ©
Sam Altman est la rĂ©incarnation de BenoĂźt Hamon. Mais si, regardez: sa boĂźte OpenAI vient de publier un livre blanc qui nous explique comment il faudra gouverner dans un monde oĂč la superintelligence, l'IA toute-puissante, est advenue. Sa lecture a de quoi donner des vertiges Ă ceux qui ont suivi la campagne malheureuse de 2017 : dans les rĂ©formes que Sam propose pour "garder l'humain d'abord" (ce qui nous rappelle aussi quelque chose), il y a notamment la crĂ©ation d'un taxe sur les robots, ou la mise en place de la semaine de quatre jours⊠Ajoutez Ă cela des taxes sur les grosses sociĂ©tĂ©s et sur les citoyens les plus riches, Sam Altman dessine un programme que ne renierait pas Bernie Sanders. Le point de vue d'OpenAI (qui jusqu'Ă l'annĂ©e derniĂšre Ă©tait une organisation sans but lucratif), c'est que le bouleversement en cours s'apprĂȘte Ă changer la sociĂ©tĂ© autant que la rĂ©volution industrielle : il faut donc s'y prĂ©parer pour que l'humain ne soit pas le dindon de la farce. Tout cela est beau, Ă©mouvant mĂȘme, et nous rappelle qu'Anthropic s'Ă©tait livrĂ© au mĂȘme exercice il y a six mois. Mais c'est surtout un poil hypocrite : OpenAI a dĂ©pensĂ© 3 millions de dollars en lobbying en 2025 pour dĂ©rĂ©guler au maximum l'IA aux Ătats-Unis (alors que Bernie Sander, lui, demande un moratoire sur les data centers). OpenAI fait du panic business son fonds de commerce en annonçant l'avĂšnement de la superintelligence depuis 2023. En mauvaise santĂ© financiĂšre, Sam Altman a jetĂ© tous ses principes Ă la poubelle, et envisage d'entrer en bourse cette annĂ©e. Bref, faites ce que je dis, pas ce que je fais, et ne regardez surtout pas de trop prĂšs. Un peu comme ChatGPT, finalement. SCORE BULLSHIT ââââââââââââââââââââ 95%